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| Rodolphe Vialles
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Alors que les athlètes chinois raflent actuellement le plus grand nombre de
médailles d'or aux jeux olympiques, la bourse chinoise occupe elle aussi la
première place du podium... elle obtient la médaille d'or de la plus importante
chute, catégorie places financières, par une dépréciation de 62% de sa valeur
depuis son apogée en octobre dernier.
Qu'elles sont les raisons de ce vertigineux plongeon ? Est-il intéressant
d'investir sur le marché chinois à ce niveau de valorisation ?
Qui a entendu parler de la formidable correction actuelle des marchés chinois
a également entendu parler de son encore plus formidable ascension ces dernières
années : + 130% en 2006, +110% entre janvier et octobre 2007... Conséquence d'une
immense bulle spéculative causée par 2 principaux facteurs :
- Premièrement, bien que la législation soit en train de s'assouplir, les
canaux d'investissements vers l'étranger sont encore très réduits pour les
chinois, d'autant plus pour les particuliers. Afin d'épargner, ces derniers ont
le choix entre un dépôt à la banque leur procurant un revenu inférieur à
l'inflation et les marchés boursiers... Encouragés par une fiscalité avantageuse
(pas d'impôt sur la plus-value ni sur les dividendes), toutes les classes de la
population se sont ruées sur les valeurs des places boursières de Shanghai et de
Shenzhen. Ajoutez à cela que les chinois sont les plus grands épargnants au
monde (40% du salaire en moyenne) et vous obtenez un gigantesque afflux
domestique de liquidités. En mai 2007, les investisseurs chinois ont ainsi
ouvert plus de 300 000 comptes-titres par jour, portant le nombre des
investisseurs à 100 millions. Des chiffres qui doivent laisser rêveurs les
courtiers français !
- Deuxièmement, les autorités chinoises ne voulant pas perdre leur emprise
sur les grandes compagnies ont généralement libéré seulement 10% du capital lors
des introductions en bourse, entrainant un manque d'actions disponibles et donc
une explosion des prix au vu de la demande domestique.

L'indice boursier chinois "Shanghai stock exchange
composite".
La bulle ainsi formée a porté le "Shanghai stock exchange composite",
l'indice phare de la bourse de Shanghai vers les 6000 points en octobre dernier...
Vous connaissez la suite : raréfaction des investisseurs chinois au vu des prix
élevés, ralentissement économique, déprime des places financières à travers le
monde et pour finir, la formidable correction que subissent les places
chinoises, entraînant la ruine de millions de petits porteurs qui avaient placé
toutes leurs économies sur le marché.( 92,5 % des investisseurs ont subi des
pertes équivalentes en moyenne à 50% de leur capital !)
Afin de contenir la chute, le gouvernement a appliqué certaines mesures
telles que la baisse de l'impôt sur les transactions boursières et créé de
nouveaux règlements afin de limiter les fluctuations trop brutales. Ces mesures
n'ont cependant fait que ralentir momentanément la dépréciation des indices
chinois.
Dans ce contexte, il est préférable de se tenir à l'écart de ce marché
laminé. Bien que la croissance chinoise soit élevée, l'économie du pays est peu
saine, et se voit affectée par l'appréciation du yuan et le ralentissement
économique mondial. La correction sur les marchés pourrait donc se poursuivre.
De plus, de nombreuses sociétés chinoises offrent une très faible visibilité,
combinée aux problèmes de corruptions, à l'emprise étatique, le risque politique
et la tradition de grandes holdings très diversifiées offrant très peu de marge.
Les plus téméraires sentant un rattrapage arriver pourront tout de même
investir en Chine via des indices cotés à la bourse de New-York (le FXI et le
EWH), ou bien des SICAV et FCP investis en actions chinoises. Il existe encore
quelques bonnes opportunités, telles les banques chinoises qui affichent encore
de faramineux bénéfices.
Il est donc vrai que le potentiel de rendement peu s'avérer extrêmement élevé,
d'autant plus quand le marché aura terminé sa correction. En attendant, à vos
risques et périls...
Article rédigé en collaboration avec Pierre Gineste.
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