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| Charles Dereeper
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Je regardais l’autre soir l’émission Capital sur M6 d’un oeil
distrait, quand au détour d’un reportage sur les fameux contribuables ISF sans
le sou à cause de la hausse de l’immobilier (et en ricochet de la valeur de leur
maison principale), une information m’a sorti d’un coup sec de ma torpeur : il
ne reste plus que 1000 contribuables ISF dont la fortune dépasse les 15 millions
d’euros. Tous les autres ont quitté la France, certes un peu plus discrètement
que Johnny Halliday... n’empêche qu’ils sont partis pour de bon. Ensuite est venu
le témoignage de ce contribuable, le fondateur de l’agence de voyage Degriftour,
qui nous a froidement expliqué qu’il restait en France car ses comptables
avaient estimé que son capital (récupéré au moment de la revente de son
entreprise) de 36 millions d’euros fondrait de 2% par an à cause des taxes, bien
que celui-ci fut correctement placé.
« En 20 ans, je vais perdre 40% de ma fortune, mais comme je n’ai qu’un seul
fils, il lui en restera suffisamment quand je décèderais, même en intégrant les
frais de succession ! »
Forcément à ce tarif là, tous les riches sont partis... 1000 personnes riches de
plus 15 millions d’euros pour plus de 60 millions d’habitants, c’est
ridiculement très peu. Quel drôle de fantasme collectif qui anime encore de nos
jours les français ! Il pourrait se résumer à « soyons tous pauvres ensemble et
prenons aux nantis leurs avantages ».
Il n’y a pas de doute à avoir, nous sommes bien un pays tournant sur un modèle
socialiste. Pourtant, l’économie mondiale utilise un programme différent, à
savoir le capitalisme. Du coup, la France décline depuis vingt cinq ans. En
valeur relative, nous n’arrêtons pas de perdre du terrain face aux autres. Les
chiffres sont sans appel et non discutables quand on les observe. Une
conséquence logique finalement puisqu’il est impossible de concentrer du capital
sans se le faire voler. Or, sans capital, pas de croissance.
Définitivement, notre fiscalité est contre productive. Elle est même à long
terme destructrice de l’avancée et du développement de notre pays. A court
terme, la démonstration économique de l’absurdité de l’ISF est facile : cet
impôt rapport 3 à 4 milliards d’euros chaque année. En face, il existe des
milliers de français dont la fortune dépasse les 15 millions d’euros et des
dizaines de milliers d’autres qui possèdent de 1 à 15 millions euros de biens
personnels. Leur présence en France rapporterait combien de fois plus que l’ISF,
à travers les nombreux impôts qui existent déjà ? Sans compter que cette
population comporte un fort taux d’entrepreneurs, dynamiques et créateurs de
richesses.
Ce soir là donc, j’ai été peiné de constater que j’habitais un pays en train de
s’automutiler par amour pour un fantasme idéologique. C’est un immense gâchis
d’une absurdité sans nom. L’Angleterre, la Belgique et la Suisse sont les
premiers bénéficiaires de cette situation. Ces Etats s’enrichissent à travers le
rejet que nous faisons de nos riches, en les accueillant tout simplement chez
eux ! Ils encaissent donc à notre place la rentabilité naturelle que constitue
le riche...
Sous un angle strictement économique, nous sommes arrivés à un tel niveau de «
génocide économique » (il n’en reste plus qu’un millier !) qu’il faudrait
presque considérer l’espèce des riches en France comme en voie de disparition.
Ce serait désormais une ressource à protéger et à faire fructifier...
Mais c’est réfléchir et compter sans la nature humaine. La fortune touche en
effet le coeur d’une dure réalité de notre monde : les inégalités entre les
humains.
Impossible donc de terminer ce billet d’humeur sans éclairer sous l’angle
psychologique l’existence de l’ISF. Donnons quelques instants la parole aux pros
ISF. J’en ai interrogé. Tous à 100% ont dit aimer l’idée qu’il faut prendre aux
riches pour redistribuer aux pauvres, que la notion de partage était importante
(la belle histoire du partage...). J’ai répondu à chaque fois que le moyen employé
était négatif, puisque l’Etat français gagnerait plus d’argent en faisant vivre
ses riches chez lui plutôt qu’en les poussant à fuir. En outre, je précisais à
chaque fois que les riches avaient au moins l’intérêt de faciliter le
développement du pays, grâce à leur capital, ce qui est finalement bon pour les
personnes moins aisées. Réponses quasi systématiques de la part des intéressés :
« je n’ai rien à perdre. Je ne possède rien. L’ISF combat les inégalités
sociales... Il faut taxer les riches ». Tout est dit ! Ce genre de réactions porte
un nom, celui de la jalousie.
Pour résumer, l’ISF est une hérésie économique qui n’existe que grâce à sa
fonction sociale, à savoir la satisfaction de la frustration ressentie par les
français nés du mauvais côté de la barrière ! La jalousie et le refus de la
présence d’inégalités entre les humains sont certes habillés de la belle robe du
partage et du modèle socialiste, mais à la base, l’ISF a une fonction bien peu
glorieuse !
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