Qui veut gagner des milliards ?
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Rodolphe Vialles, le 15/03/2007
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| Rodolphe Vialles
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Le chiffre a fait grand bruit en ce temps de campagne
électorale : les entreprises françaises du CAC 40 ont réalisé 100 milliards
d'euros de bénéfices au cours de l'année 2006. Ce résultat en progression de 13
% en espace d'un an a mis en émoi le landerneau politico-médiatique français qui
y a vu aussitôt une manne miraculeuse en cette période de disette budgétaire.
La polémique n'a pas manqué de surgir aussitôt. À qui profite cet argent ?
Encore et toujours les actionnaires et le grand capital ! Scandale, libéralisme,
rendez nous notre argent ! Tout à leur démagogie, les candidats à l'élection
présidentielle sont rentrés dans ce jeu très médiatique mais pas un seul ne
s'est félicité de la bonne santé de nos grandes entreprises. Pas un seul
commentateur n'a décerné un bon point à ces excellents élèves de la classe
économiques qui fournissent du travail à des millions de Français. Seul le
chiffre, brutal, 100 milliards d'euros à émergé pour mieux choquer les esprits
et les interpeller.
Et pourtant, nos responsables politiques auraient de nombreuses raisons d'être
fiers des plus grandes entreprises de notre pays, de véritables fleurons qui
portent nos couleurs à travers le monde. Nous ne nous gênons pas ici pour
décerner un satisfecit général à la réussite des entreprises françaises et
particulièrement à l'international. En effet, il ne faut pas compter sur
l'hexagone pour assurer une telle croissance aux grand groupes français, ces
derniers ont été chercher leurs bénéfices sur les grands marchés étrangers et
notamment les zones émergentes que sont la Chine ou l'Inde par exemple. Ainsi,
80 % des bénéfices réalisés par les entreprises du CAC 40 proviennent des
marchés étrangers.
La question centrale demeure cependant : à qui profitent ces milliards ? Nos
responsables font mine de l'oublier, mais c'est l'État le premier bénéficiaire
de la bonne santé économique des entreprises. Avec un taux de 33,3 % pour
l'impôt sur les sociétés, l'État français a engrangé en 2006 près de 40
milliards d'euros de recettes fiscales uniquement pour les groupes du CAC 40.
Ensuite, il y a l'actionnaire qui recevra une fraction de ces bénéfices par le
biais de dividendes.
On estime que les sociétés distribueront 35 à 40 % des profits à leurs
actionnaires. Mais quel est-il cet actionnaire ? Un être ventripotent nageant
dans une mer de billets verts ? Que nenni, il est tout ce qu’il y a de plus
normal, comme vous, comme moi, votre voisin, votre grand-mère, la veuve de
Floride, etc. On compte plus de 6 millions d'actionnaires en France, qui
tireront ainsi une juste récompense d'un placement à risque qu'ils ont effectué
au sein d’une société pour en financer son développement et assurer son succès.
Cela paraît anormal à quelques-uns, mais quand on compte en millions, on ne
parle plus d'une petite caste de privilégiés mais d'un véritable phénomène de
masse. Et encore, l'actionnariat est très peu développé en France, la faute là
aussi aux pouvoirs publics qui ont toujours mis un frein à son développement. La
conséquence est logique, la majorité des dividendes distribués par les sociétés
françaises seront rapatriées vers des actionnaires étrangers. D'ailleurs,
peut-on encore parler d'entreprises françaises quand leurs propriétaires sont
majoritairement étrangers ? La question est ouverte mais fera l'objet d'un autre
débat.
Pour le reste des milliards à distribuer, ils seront bien entendu consacrés aux
investissements de ces entreprises. Une entreprise qui n'investit plus est une
entreprise qui meurt et ces profits sont précieux pour assurer leur pérennité et
gagner de nouveaux marchés alors que la concurrence internationale s'exacerbe.
Si l’Etat français était si bien géré, cela se saurait, les mots « déficit » et
« dette » disparaitraient de notre vocabulaire. C’est peu être cela qui rend nos
politiques verts de jalousie ?
Arrivés à la fin de cette chronique, nous n'avons qu'un seul vœu à formuler
c’est que le chiffre de l'an prochain ne soit pas de 100 milliards mais de 120
milliards. Alors cela sera un motif de fierté et de satisfaction pour le
savoir-faire hexagonal à travers la planète mais aussi l’assurance d’une
croissance économique robuste avec de nombreux emplois à la clé.
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