b) Traitement du passif
En ce qui concerne le passif, seront retenus pour le
calcul des dettes: les provisions, les dettes
financières, les dettes d'exploitation et hors
exploitation. Les capitaux propres seront laissés
de côté, nous inclurons juste dans les dettes, si
le cas se présente, le montant des dividendes à
verser.
De même lors du retraitement nous corrigerons les
montants respectifs : dettes sous estimées, etc.
Exemple :
A partir du bilan fictif suivant nous allons
calculer la valeur de la société.
|
ACTIF
|
PASSIF |
| |
Brut |
Montant
net |
|
Montant
net |
Immobilisations
incorporelles
Frais d'établissement
Immobilisations corporelles
Immobilisations financières |
600 000
|
60 000
5 000
400 000
50 000 |
Capital
Réserves
Résultats
Provisions réglementées |
340
000
85 000
50 000
30 000 |
| Stocks |
150 000 |
120 000 |
Provisions pour
charges |
70 000 |
| Clients |
500 000 |
450 000 |
Dettes financières |
50 000 |
| Charges à répartir |
|
15 000 |
Dettes
d'exploitation |
480 000 |
| Disponibilités |
|
30 000 |
Dettes hors
exploitation |
25 000 |
| |
|
|
|
|
| Totaux |
|
1
130 000 |
|
1
130 000 |
Comme élément complémentaire nous savons que
la société a 25 000 euros de dividendes à verser
a) L'actif net comptable (ANC)
L'actif net comptable reprend le même principe
de calcul que l'ANCC, la seule différence étant
qu'aucune correction sur les valeurs figurant au
bilan n'est effectué.
|
- Actif : 1 130 000 - 5
000 (frais d'établissement) - 15
000 (charges à répartir )
= 1 110 000
- Dettes : 70 000
(provisions pour charges) + 50 000
(dettes financières) + 480 000
(dettes d'exploitation) + 25 000
(dettes hors exploitation) - 25 000
(dividendes à verser)
= 600 000
|
L'actif net comptable est
donc égal à 1 110 000 - 600 000 = 510 000
euros.
En cas d'arrêt de l'activité de la société,
c'est la somme qui resterait à partager entre tous
les actionnaires.
b) de l'ANC à l'ANCC (corrigé)
Maintenant nous poursuivons cet exemple en
passant aux corrections nécessaires afin de
s'approcher le plus possible d'une réalité économique
tangible, voici les éléments dont nous disposons :
|
- Les immobilisations corporelles
sont constituées d'un immeuble, or
il s'avère que compte-tenu de l'évolution
du marché, son prix de cession est
supérieur d'au moins 30%.
- Les stocks comprennent de
nombreux produits périmés et de
plus certaines matières premières
ont vu leur cours chuter, la réalité
impose que nous les minorions de
25%.
- Enfin les dettes d'exploitation
ressortent à un niveau réel diminué
de 5% par rapport à la valeur
comptable.
|
Forts de ces nouveaux éléments nous allons
pouvoir calculer notre actif net comptable corrigé
:
|
Actif = 1 110 000 + 400
000 * 30% (immob. corporelles) - 120
000 * 25% (stocks)
= 1 200 000 euros
Dettes = 600 000 - 480 000
* 5%
= 575 750 euros
|
ANCC = 1 200 000 - 575 750 =
624 250 euros
Au final la vision la plus réaliste de la valeur
à "la casse" de la société ressort supérieure
de 22,4% à la première approche de l'actif net
comptable. Pour obtenir la valorisation théorique
d'une action il suffira alors de diviser la valeur
obtenue par le nombre d'actions composant le
capital.
Conclusion
Nous venons de le voir, le principal avantage de
la méthode est sa simplicité. Un bilan suffit pour
calculer l'ANC, et pour calculer les corrections de
l'ANCC nous disposons d'une batterie d'indicateurs :
prix des matières premières, loyers et prix de
ventes moyens, etc. qui nous permettent d'ajuster
nos mesures.
Le seul désavantage de ces méthodes est
justement leur vision patrimoniale qui reste figée
à la photographie donnée par le bilan. L'évaluation
est plutôt à visée "liquidative" (arrêt
de la société) et ne tient pas compte de la
rentabilité future de la société. Les cours de
bourse suivant un mécanisme d'anticipation, ils intègrent
pour partie les éléments futurs, d'où la
limitation de cette méthode. Elle sera donc
principalement utilisée pour calculer la
"valeur à la casse" d'une société, soit
le plancher de valorisation, il est évident qu'une
société dont les actions coteraient sous cette
valeur se trouverait sous évaluée.
Dans la prochaine fiche nous aborderons les méthodes
qui sont basées sur la rentabilité et les flux
financiers futurs appréhendant mieux le principe de
continuité de l'exploitation.
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