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Les bons de souscription, partie 3

Evaluation des bons

Il existe plusieurs critères pour juger de l'intérêt que peut présenter un bon pour l'investisseur.

La valeur arithmétique
C'est l'évaluation la plus simple. On pourrait considérer qu'à tout instant, le cours d'un bon devrait être égal au cours de l'action diminué du prix d'exercice.

Reprenons l'exemple précédent du bon X. Avec un prix d'exercice de 210 €, le bon devrait coter 140 quand l'action est à 350.

La valeur actuariele
Reprenons l'exemple de la valeur X. La valeur arithmétique du bon est de 140 pour un cours de l'action de 350. Mais l'achat du bon plutôt que celui de l'action permettrait d'économiser dans cette hypothèse 210 € jusqu'à l'échéance du 31 mars 2002. Ce montant placé au taux d'intérêt de 9 % par an pendant les 21 mois qui restent à courir rapporterait 38 € environ. En ajoutant cette somme à la valeur arithmétique, on obtient la valeur actuarielle : 178 € dans notre l'exemple. Quand le bon cote à ce prix, son porteur et celui de l'action sont actuariellement à égalité. Même si, d'ici à l'échéance, l'action X ne monte pas, l'acheteur du bon n'aura rien perdu par rapport à l'actionnaire à condition qu'il ait placé la somme économisée grâce au choix du bon au lieu et place de l'action.

Les calculs doivent être affinés pour tenir compte du dividende que percevra l'actionnaire et qui réduit un peu l'avantage actuariel du porteur de bon.


Le calcul actuariel met en évidence la valeur temps des bons. Plus l'échéance est éloignée, plus ce genre de titre est attrayant et pour deux raisons:
- le raisonnement actuariel que nous venons de développer,
- le fait que, plus il reste de temps avant l'échéance, plus les chances de hausse de l'action sont grandes pour peu que la société offre de bonnes perspectives.

Les valeurs prenant en compte la volatilité
Pour tenter de tenir compte des chances de hausse de l'action, des méthodes mathématiques ont été élaborées, alors que ce genre d'appréciation relève sans doute davantage de la psychologie et de l'analyse fondamentale des actions.
Ces méthodes reposent en général sur la notion de volatilité. Il s'agit de mesurer le comportement d'une action par rapport à la moyenne de la Bourse. La volatilité est forte quand le titre varie en général plus fortement que le marché, faible quand il varie moins fortement.
Plus la volatilité est élevée, plus les chances de hausse future sont considérées comme grandes, plus la valeur théorique du bon est haute.
La volatilité a le gros inconvénient d'être calculée en général à partir de l'observation statistique des cours passés. Son extrapolation présente évidemment certains risques.

Quelques critères

En dehors des évaluations des bons fondées sur les méthodes arithmétiques. l'actualisation et la volatilité, d'autres critères parfois peuvent être pris en considération.

L'effet de levier
Celui-ci est plus ou moins fort. Il peut être intéressant de choisir des bons pour lesquels il est élevé. Dans le cas contraire, l'achat de l'action peut être considéré comme tout aussi attrayant.
On peut mesurer l'effet de levier en calculant quelle serait la hausse du bon pour une progression de 10 % du cours de l'action.

La hausse nécessaire de l'action
De savants calculs actuariels ou de volatilité aboutissent parfois à considérer un bon comme décoté et attrayant. Encore convient-il de se demander si la réussite d'un tel placement n'exige pas une hausse de l'action support très forte et donc peu vraisemblable.

Le risque de perte
Ce risque qui peut être appelé aussi risque de non exercice (ou de non conversion) se mesure par le rapport entre le prix d'exercice de l'action et son cours en Bourse. Si ce dernier est le double du premier, le risque de voir fléchir l'action au-dessous du prix d'exercice d'ici à l'échéance est relativement faible. Au contraire, quand l'action est à une faible altitude par rapport à ce prix de souscription, la moindre baisse peut au moment de l'échéance réduire à zéro la valeur du bon.

La durée de vie
Plus la durée de vie restant à courir est longue, plus le bon est intéressant. On retrouve ici la valeur temps du bon dont rendent compte les méthodes fondées sur l'actualisation et la volatilité.
Mais cette notion peut être appréhendée par le simple bon sens. Plus la durée restant à courir est grande, plus la chance de voir l'action monter et le bon faire une bonne performance est grande.
En revanche, on se méfiera des bons " en fin de carrière ". La moindre baisse temporaire de la Bourse au moment de l'échéance se révélera catastrophique.

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