Avez vous déjà réfléchi à ce que signifie acheter des SICAV actions dans une optique long terme ?

Par Samuel Rondot, le 21/09/2009

Il y a 11 commentaires sur cet article

samuel rondot
Samuel Rondot
Jusque dans les années 2000 il était facile de trouver nombres de fonds gérés par des hommes et des femmes de qualité.

Depuis ces années là, la dictature du client et du marketing a poussé les banques à faire gérer ces fonds par le marché.

Les deux années clés qui ont transformé sournoisement l’industrie de la gestion sont 1999 et 2002.

D’abord 1999 avec la plus forte hausse annuelle de l’histoire des marchés financiers sur les actions avec presque 50% en une année. Les autorités de tutelle ont commencé à recevoir de nombreuses plaintes de clients car les clients n’avaient pas obtenu ce gain historique sur leur portefeuille mais bien moins que cela.

Qui étaient donc ces gérants qui n’étaient pas capables de gagner plus que l’indice ou au moins autant dans une année aussi facile ou la bourse n’a fait que monter ?

Sans parler des très nombreux fonds uniquement placés sur un seul type de produit (par exemple le technologie tout le monde s’en rappelle) qui eux étaient parvenus à faire beaucoup mieux, alors pourquoi pas leur gérant ?

Puis il y a eu 2002. Suite à la crise du 11 septembre 2001 et le dégonflement de la trop fameuse bulle technologique sur fond de ralentissement de la croissance (après une surchauffe) le marché a connu l’une de ses pires performances annuelles de l’histoire.

Les plaintes aux autorités ont repris de plus belle pour mettre en cause ces gérants incapables dans la hausse de faire mieux mais qui sans problème ont fait pire dans la baisse.

Les industriels de la gestion se sont retrouvés pris entre ces plaintes clients et ces départs de clients mécontents déçus de leurs produits. Il faut d’ailleurs noter que les clients ne partent pas en nombre au pire de la crise mais quelques temps plus tard quand ils commencent un peu à se refaire.

Ces industriels ont eu alors une réponse miracle : enlevons la responsabilité de la performance aux gestionnaires et faisons là porter aux clients.

D’un coté, ils ont demandé à leurs gérants de suivre au plus prêt des indices de références (taux, actions Europe, actions Chine, matières premières, etc) puis ils ont multiplié à l’infini ces produits là et ils ont formé leur réseau commercial à vendre cette gamme de produits.

Aujourd’hui, si vous perdez de l’argent et que vous allez voir votre conseiller on vous dira que vous avez choisi le mauvais support et qu’on vous avez bien dit qu’il y avait des risques à suivre celui là. Mais heureusement pour vous, il y a tellement d’autres choix, qu’il vous suffit de faire le bon pour l’année prochaine.

Fini la culpabilité du gérant (d’ailleurs, cela fait combien de temps que vous n’avez plus entendu parler de gérant star ou du fond X ou Y qui a battu tous les autres ?), fini le départ du client pour la concurrence, vive le contrôle du client et la responsabilisation du client !!!

Cette transformation est passée inaperçue aux yeux du public. Elle a été malheureusement possible pour deux raisons : la concentration du métier aux mains d’une poignée d’acteurs de plus en plus énorme, la prise en main des autorités de contrôle par ces mêmes acteurs (la commission des opérations de bourse qui regroupait des agents de change est devenu l’Amf ou siègent des banquiers).

Le problème de ce nouveau schéma, c’est qu’un gérant a déjà du mal à être un expert dans son domaine alors comment est ce possible qu’on en soit arrivé à un tel extrême ou le client devient le seul responsable de ces actes ?

Outre le fait que la menace brandie par ceux qui ont porté plainte s’est retournée contre eux, le véritable coupable à mon avis et qu’on a érigé en règle absolue « que la bourse monte toujours à long terme et que c’est le meilleur produit de rendement ».

Malheureusement, l’histoire a toujours eu un grand pouvoir de persuasion mais c’est un très mauvais indicateur de prévision.

On a toujours la sensation que ce qu’on a vécu va se continuer mais pourtant on dit bien que l’histoire ne se répète pas.

De plus, ce sentiment a été exacerbé par cette période d’euphorie extraordinaire que nous avons vécu dans les années 80 et 90.

Une croissance économique soutenue pendant la plus longue période de toute l’histoire, des crises rares et de faible amplitude vite oubliées, un profit de cette situation à tous les niveaux économiques et sociaux (certes dans des proportions très diverses).

Cette période unique dans l’histoire du monde et plus encore dans l’ère moderne a créé une euphorie et un optimisme qui a fait oublié à tout le monde que cette période était justement unique.

Loin de moi l’idée d’argumenter ou de contester que cette ère est bien terminée ou le contraire.

Ma conviction c’est qu’on a vécu un moment extraordinaire, éloigné de toute normalité ou moyenne historique et que plus une situation exceptionnelle dure dans le temps, plus il est évident qu’on se rapproche de sa fin et plus encore qu’elle ne se reproduira pas.

Pendant toute cette période là, il est évident que la bourse était le meilleur investissement et qu’il suffisait d’investir et de conserver ses investissements pour gagner de l’argent après 5, 10 ou 20 ans.

Le parcours des bourses mondiales au 21éme siècle montre que cette idée est pour le moment révolue.

Avec le vif rebond des bourses mondiales depuis leur plus bas, à nouveau, le même argument commercial ressort chez nos industriels :

« Il suffit de voir la preuve, si on a acheté au plus bas, le portefeuille aurait déjà fait +50 % !!! Je vous l’avais dit, la bourse c’est le produit le plus rentable sur le long terme. »

Mais si on remonte dans le temps la réalité est plus sombre : sur les 2 dernières années, 5 dernières années, 10 dernières années et même 15 dernières années sur nombres de titres, la bourse (les actions en tout cas) perd de l’argent. Sur certaines périodes, elle en perd même encore beaucoup.

Ces industriels ne vous donneront qu’un seul conseil : un patrimoine doit être équilibré, vous devez répartir vos risques sur plusieurs actifs mais surtout achetez les chez moi.

Je le répète, je ne sais pas si cette période est définitivement révolue ou non. Ce que je sais, c’est qu’à titre personnel j’ai depuis longtemps décidé de prendre mes investissements en main et que la diversification je veux la choisir, je n’ai pas envie que ce soit le marché qui me l’impose.

Il est évident que vous vous attendez à ce que je vous vende ma sauce en vous disant, « chez BestCFD.com, on peut travailler à la hausse ou à la baisse, on peut acheter des actions, des devises ou des matières premières et en plus ce n’est pas cher… »

Il faut être lucide : le trading ne concerne que quelques personnes passionnées par le trading. Au mieux, on pense que 5000 comptes sont vraiment actifs en day trading en France. Et encore.

Les industriels de la gestion s’adressent eux à tous les autres, des millions et même des dizaines de millions d’occidentaux.

La suite sur la manière que j’ai choisi pour diversifier mon patrimoine dans un prochain édito…

Samuel Rondot
Directeur de www.bestcfd.com
 
Les derniers articles de cet auteur
Sauvé à 21 points CAC 40 du KO, avec 10 minutes de sursis
Les indices boursiers sont en train de changer de comportement
2009 : dur, dur pour les hedge funds ? Oui mais...
La gestion des stops dans une stratégie de trading automatisée
A propos de la technique dite de pyramidage dans les systèmes de trading
Trading en tendance : la clé du succès
Cela n'arrivera jamais !
Les deux vrais ennemis du trader
Analyse des opérations d'un client qui gagne
Ceux qui gagnent et ceux qui perdent en bourse
Envoyer cette page  un ami  Envoyer cette page à un ami

Partager l'information : Wikio  Facebook  Google  technorati  Viadeo


 Il y a 11 commentaires sur cet article - Voir les commentaires et réagir