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Il faut d'urgence séparer capitalisme et état
Par Vincent Benard, le 01/12/2009
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| Vincent Benard
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Washington & Wall Street
Voici, publiée par le peu suspect de sympathies droitières Huffington Post, la
liste des
15 principaux bénéficiaires (à ce jour) de dons en provenance de Wall Street
en vue de l'élection 2010, de façon tout à fait officielle.
1. Charles Schumer, Démocrate (>2M$)
2. Kirsten Gillibrand, Démocrate (>1M$)
3. Harry Reid, Démocrate (>1M$)
4. Chris Dodd, Démocrate
5. Michael Bennett, Démocrate
Il y a accumulation de démocrates au sommet de la liste ! Suivent, de la 6ème à
la 15ème place, on trouve encore 4 républicains (#6,8,10,12) et 6 démocrates,
dont un certain M. Thune, ça ne s'invente pas. Les choses n'ont pas changé
depuis l'époque où Fannie Mae et Freddie Mac arrosaient MM. Dodd (encore), John
Kerry et... Barack Obama.
Naturellement, ce soutien n'est pas sans contrepartie.
Renvoi d'ascenseur
Prenons par exemple, en quinzième position, un habitué des contributions
généreuses du secteur financier, Barney Frank (D), qui vient encore de se
distinguer en déclarant que des prêts "quasi subprimes" financés sur dette
publique par la Federal Housing Administration (FHA) étaient nécessaires pour
empêcher les prix de l'immobilier de tomber trop vite. Ce que, comme le fait M.
Shedlock, on peut traduire, en clair, par cette révolution de la science
économique:
"Il faut aider les gens qui ne peuvent pas s'acheter une maison aux prix
du marché à le faire tout de même pour empêcher les prix du marché de tomber".
Ce sophisme ne se comprend que dans la perspective de la préservation des
intérêts banques détentrices ou émettrices d'obligations d'emprunts titrisés (CDO).
Car si les prix continuent de tomber, le taux d'emprunteurs choisissant de faire
défaut sur leur dette (car leur dette sera beaucoup plus élevée que leur
patrimoine) va exploser, ce qui ne fera que renforcer les difficultés... Du
secteur financier, qui se dirige de toute façon vers de nouvelles turbulences
sérieuses. Tenter de "regonfler" les prix de l'immobilier en plongeant dans de
nouvelles spirales d'endettement des personnes peu armées pour y faire face est
le seul moyen que ces gens imaginent pour épargner restructurations et pertes de
juteux bonus à leurs si généreux soutiens. Qui a dit que l'intervention des
politiciens était source de moralisation de l'économie ?
Presser le citron, encore, encore...
Mais cette stratégie semble emmener tout droit le trésor US vers un sauvetage de
la FHA, avec l'argent que le contribuable n'a pas... En effet, la FHA est
devenue un acteur majeur de la titrisation des prêts immobiliers depuis le début
de la crise, en multipliant son portefeuille par 4, dont une partie à des
emprunteurs moins que stables, surtout en période agitée en terme d'emploi. Or,
les prix immobiliers dans les zones bullaires sont redescendus aux niveau de
2003, en dollars constants, selon l'indice Case-Schiller: il y a encore un
certain potentiel de baisse pour revenir aux prix de 1999, voire en dessous, car
à l'époque, il n'y avait pas 10.5% de chômeurs officiels. De plus, les réserves
financières de la FHA sont au plus bas. Que la conjoncture continue de se
détériorer, et celui ci sera en faillite, et le contribuable sera appelé à la
rescousse. A moins que la FED ne procède à une nouvelle cure de "Quantitative
Easing", ce qui est une autre façon de voler le pouvoir d'achat de la
population...
Ainsi fonctionne, à l'instar de ce qui se passe en France, la gauche caviar
américaine façon Obama, avec la complicité de la frange étatiste conservatrice
du parti républicain : une gauche prête à surendetter les pauvres et pressurer
les contribuables pour permettre à un petit nombre de gros intérêts financiers
de pouvoir continuer à festoyer pendant la crise. Plus que jamais, cette
collusion entre élites politiques et financières apparaît comme le problème
politique majeur des démocraties occidentales, au point de représenter, à terme,
une menace pour leur pérennité.
Il faut d'urgence organiser la séparation du capitalisme et de l'état.
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