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La finance comportementale - Partie 2

Par Traders mag

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Cette chronique sur la finance comportementale est la suite de la première partie publiée ici.

Connections non existantes

Un autre phénomène dans la prise de décisions rapides est l'heuristique de la représentativité. La représentativité est facilement expliquée par le terme « schéma ».

Tout le monde a un certain nombre de schémas dans sa tête, acquis à travers l'expérience ou l'éducation. Par exemple, des personnes ont eu à juger laquelle des séries de lancer de pièces était la plus probable – HHHH or HTTH (H = face, T = pile). Ces personnes décidèrent que la dernière combinaison était la plus probable.

Statistiquement, ces deux séries sont des événements complètement séparés et la probabilité pour les deux scénarios est de 0,54 = 6,25 %. Le cerveau humain est fait pour reconnaître des modèles et donc notre système inhérent de la pensée nous trompe souvent. Vous pouvez observer que l'être humain surestime souvent la probabilité d'événements représentatifs. La même chose vaut pour les relations empiriques et causales qui sont souvent surestimées et reconnues, même lorsque ces relations sont inexistantes.

Ce dernier peut être associé à la nécessité de contrôler dont nous avons parlé plus tôt. Dans l'ensemble, cela démontre que l'utilisation d'heuristique conduit souvent à des estimations erronées et à des décisions qui ne sont pas optimales.

Tueur de profit numéro 1 : l'effet de disposition

En plus des Heuristiques mentionnées ci-dessus, le fait que l'évaluation des gens soit toujours relative joue un rôle majeur dans la finance comportementale et explique plusieurs anomalies comportementales. Par exemple, il y a des études qui montrent que la plupart des gens préfèrent vivre dans une situation où ils ont 100.000 euros et les autres 50.000 euros, plutôt que dans une situation où ils ont 200.000 euros et les autres 300.000 euros. La perception et l'évaluation relatives peuvent également être perçues dans le comportement des investisseurs.

Chaque investisseur a déjà connu le fait de vendre ses actions trop tôt alors que celles-ci enregistrent des gains importants par la suite, et pourtant, il continue de conserver d'autres actions qui connaissent des pertes. Même les investisseurs expérimentés font la même erreur. Comment expliquer ceci ?

La science explique ce phénomène ainsi : le prix d'entrée est la référence pour l'investisseur, ainsi il définit la zone de bénéfice et de perte en conséquence. Si le prix descend au-dessous du prix d'entrée, il est difficile pour l'investisseur de vendre parce que les profits et les pertes ne sont pas ressentis de la même manière. Les pertes ont plus d'impact que les gains. C'est pourquoi nous sommes plus gênés par une perte de x euros que nous sommes heureux d'un bénéfice de x euros.

Les investisseurs aiment les profits au début, mais l'intensité de cette émotion positive augmente de façon disproportionnée en fonction de l'augmentation des gains. S'il existe d'éventuels retournements, nous avons tendance à prendre nos bénéfices trop tôt la plupart du temps.

Si nous sommes confrontés à une perte, la baisse de sensibilité montre le même effet : la colère est immense au 1er euro perdu et diminue avec le temps. Il en résulte des conséquences fatales, car avec la baisse du prix l'espoir gagne en importance - la plupart du temps avec un résultat négatif : on laisse les pertes courir et on limite les bénéfices.

Comptabilité mentale

Cas A : John Q. a acheté un billet de théâtre pour 100 euros. Devant le théâtre, il se rend compte qu'il a perdu le ticket. Il reste des billets disponibles au même prix au guichet. Va-t-il acheter un nouveau billet ?

Cas B : John Q. a réservé au guichet un billet de théâtre. Devant le théâtre, il se rend compte qu'il a perdu 100 euros de son portefeuille. Va-t-il acheter un nouveau ticket, s'il dispose d'assez d'argent ?

Economiquement, les deux cas sont similaires. Toutefois, des études empiriques montrent que la majorité annulerait le théâtre dans le cas A, mais prendrait un nouveau ticket dans le cas B. On peut donc voir qu'en gardant deux comptes séparés (« compte théâtre » et le « compte argent »), la décision peut être très différente dans une situation pourtant équivalente.

Totalement irrationnel : l'effet de réflexion

L'effet de réflexion est un comportement très irrationnel qui suit la diminution de la sensibilité à la différence des changements de valeurs. Des études ont démontré que le décideur se comporte de façon inverse au moment de la transition des bénéfices en pertes dans le cas d'investissements plus risqués - et alors il se comporte de manière tout à fait irrationnelle.

Regarder vers le passé est plus facile que de regarder vers le futur.

Après avoir présenté les pièges les plus importants de la rationalité, analysons la mise en oeuvre dans la pratique. Spécialement sur les marchés boursiers, la pratique montre que l'erreur classique est faite encore et encore. Egalement dans les affaires courantes, nous reconnaissons le soi-disant effet de révision.

Si vous demandez par exemple à un investisseur, un analyste ou un chercheur s'il avait prévu le krach du secteur internet ou la crise financière, la réponse sera souvent affirmative – même si l'estimation était alors complètement différente. La main sur le coeur, personne n'aime admettre qu'il a eu tort. Le danger de cette tendance est souvent une surévaluation. Quelqu'un qui pense qu'il a bien évalué le passé pourrait penser qu'il en sera de même pour le futur. Ainsi, il ne bénéficie pas de l'effet d'apprentissage.

Les traders professionnels, et en particulier les traders qui aspirent à devenir professionnel, ne réussissent pas sans la tenue d'un journal de trading. C'est seulement en tenant un journal de trading contenant tous les paramètres des trades et constituant une base pour analyser les erreurs, que l'on peut vraiment améliorer ses performances de trading.

Pensez par vous-même!

La finance comportementale montre que le comportement des intervenants de marché est en complet contraste avec la rationalité. Les émotions et l'expérience sont très importantes. Les pièges de la rationalité - par exemple l'utilisation de l'heuristique, l'estimation relative et le besoin de se libérer des dissonances - sont en net contraste avec la théorie de l'homo oeconomicus et souligne que seule la combinaison de la finance et des sciences sociales peut conduire à une meilleure compréhension des marchés financiers. L'investisseur individuel peut bénéficier de cette connaissance, parce que si l'on reconnaît ses erreurs dans son comportement, on peut améliorer la façon dont on prend des décisions.

De la même manière, il est possible d'utiliser à son avantage les erreurs de comportement des autres. L'approche des contrariants – c'est-à-dire le fait d'aller à contre-courant - est souvent récompensée par des rendements supérieurs, en particulier si les extrêmes comme la cupidité et la panique sont reconnus. L'évolution du marché boursier en 2009 en est un excellent exemple.

Le bilan de ce qui suit est essentiel : plus une décision est neutre et rationnelle, mieux c'est - même si nous devons accepter le fait que nous ne serons jamais tout à fait rationnel sur les questions de finance.

Les conseils suivants devraient aider les investisseurs et les traders à améliorer leurs performances de manière efficace:

• Concentrez-vous sur les informations essentielles et analysez les attentivement

• Les nouvelles qui sont rapides et faciles d'accès le sont également pour les autres. Le risque que la nouvelle soit déjà intégrée dans le prix est très élevé.

• Si vous avez une opinion sur un marché ou une action, vous devriez regarder ce que font ceux qui choisissent un point de vue contrariant. Les intervenants de marché qui approuvent votre analyse sont souvent du même avis que vous et ne sont pas neutres.

• Ignorer "la propagande pas chère" et prenez vos propres décisions.

• Prenez soin de diversifier suffisamment votre portefeuille.

• Soyez discipliné. Mettez en place votre position à l'achat et votre objectif de vente avant d'entrer sur le marché. Un bon plan de trading est essentiel.

• Regardez toujours le tableau dans son ensemble et ne réagissez pas à toutes les nouvelles récentes.

• Évitez de prendre des décisions dans la panique ou l'euphorie.

• Reconnaissez vos erreurs et apprenez de celles-ci.


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