Par Charles Dereeper, le 08/12/2008
Cet article fait suite au premier publié le 20/02/2008 (je vous invite à relire également les commentaires des lecteurs. C’est très instructif, car cela montre après coup les orientations et les erreurs ou succès de tous). Depuis dix mois, tout s’est déroulé à peu près en accord avec mon scénario de base. Le seul point qui m’a pris à revers a été le retournement à la hausse du dollar. Je n’avais jamais vu de course au cash et je n’ai pas compris ni mesuré en temps réel les enjeux liés au "deleveraging" des opérateurs. A vrai dire, je n’y ai pas cru... jusqu’à l’effondrement. J’ai vraiment été en retard là dessus en particulier sur la chute des matières premières. De même que je suspectais (j’en parlais souvent) l’importance du carry trade sur yen, je n’ai finalement pas anticipé correctement le poids énorme qu’il pesait sur l’ensemble de la finance. La meilleure preuve est ce papier publié en août 2007. Le carry trade a démarré avec la politique des taux zéro du Japon au début des années 90 ! Il est normal que tout bouge en même temps au niveau des risques… Nous avions d’ailleurs remarqué avec Samuel Rondot (auteur du livre +460% en 18 mois sur le marché français) que chaque forte baisse du CAC 40 depuis trois ans avait d’abord débuté sur le dollar yen, mais il est difficile d’accepter l’existence du château de cartes des dettes à l’échelle du monde quand nous sommes de simples soldats... et que la folie des rois dépasse de très loin l’imagination la plus fertile... Ci-dessous un intéressant graphique sur le leveraging et le De leveraging en cours sur les banques, dans le cadre d’une perspective historique depuis 1970, date de Brettenwoods... et de l’abandon de l’étalon or !
En théorie, la crise financière a du carburant pour durer jusqu’en 2012 au moins, le temps que l’excès d’effet de levier se résorbe jusqu’à la moyenne historique... Alors que faire aujourd’hui que tout le monde disserte chirurgicalement du pourquoi du comment ? Sur un plan économique, je constate une décontraction de la part des personnes qui m’entourent hors finance : toutes sont persuadées que les problèmes ne vont durer qu’un semestre ou maximum deux et après, la machine repartira... voire que la toute puissance et le dynamisme du peuple américain est capable de miracles. Mon scénario personnel est inverse : 2009 va commencer par surprendre les français un brin optimistes malgré leur pessimisme au présent. Et 2010 va enfoncer le clou en étant pire que 2009. A mon sens, 2008 est une année charnière dans l’histoire de l’occident sur un plan économique à cause de la démographie et des dettes. Ce duo va provoquer entre 5 à 10 ans de stagnation. Certes au début, nous avons toujours de bonnes probabilités d’assister à la mise en place de la déflation (doublée d’une forte récession), même si cette dernière n’est toujours pas là au niveau des prix à la consommation et à la production qui sont encore en territoire positif (quoique les dernières publications américaines des prix de gros battent des records à la baisse !). Mais derrière, je ne parviens pas à acheter l’idée que les économies vont repartir comme avant depuis la seconde guerre mondiale. Elles risquent au contraire de stagner comme l’Allemagne et le Japon, à partir de 1990. A terme, la déflation de la demande intérieure de l’Occident sera en partie compensée par la forte hausse de la demande en provenance de la Chine et de l’Inde. Un milliard d’êtres humains déjà industrialisés et vieillissant contre 2 milliards de jeunes en cours d’industrialisation ! Mais combien d’années vont s’écouler avant qu’ils aient la force de nous tirer à leur tour ? J’ai actuellement beaucoup de difficultés à avoir une conviction forte sur l’avenir long terme (entre 5 et 10 ans). Autant, il m’a été facile de déceler que Loic Abadie et son livre que j’ai publié allait avoir raison et ce, malgré les moqueries de l’ensemble de mon entourage qui n’y croyait pas. Autant, maintenant que nous sommes bien dans une crise du crédit qui se propage à l’économie, je n’y vois pas grand chose à horizon 5 ans, à part que nous avons la confirmation de la propagation depuis le mois d’octobre 2008 et que les deux ans à venir vont être « salés » ! A priori, je ne parviens pas à partager l’idée que le monde va s’écrouler : il va régresser ou larver pendant de longues années, le tout accompagné d’un risque très élevé à terme (donc d’ici entre deux et sept ou huit ans) d’hyper inflation dès lors que des tensions sur les matières premières vont débuter à cause des économies émergentes. Autre facteur qui milite pour un retour à terme de l’inflation, au niveau monétaire, les USA viennent de mettre en un an sur la table 2000 milliards de dollars. Ils vont recommencer jusqu’à ce que... C’est certain, ils vont tuer les monnaies, dollar en tête. Outre l’économie, sur un plan social, la situation va se révéler dévastatrice au-delà de tout ce que peuvent imaginer les Français. Nous sommes en effet en plein délire. Les élites mondiales ne font rien pour arrêter le développement de l’espèce humaine sur terre. Il paraît même que c’est cool... La vérité, c’est que le niveau de compétition entre chaque être humain sur terre augmente proportionnellement au nombre de protagonistes pour la survie matérielle. Concrètement, il y a déflation effective de la valeur du travail que chacun peut constater (les bras valent de moins en moins cher, car il y en a de plus en plus à l’offre sur les marchés internationaux). Les salariés perdent donc du pouvoir d’achat en permanence, malgré la propagande officielle des états qui préfèrent bidouiller plutôt que d’affronter cette monstrueuse vérité qu’on va devoir se battre entre nous de plus en plus fort pour partager le gâteau. Y compris au niveau du Co2 et du méthane. La terre est elle vraiment faite pour supporter autant d’humains sur terre ? Pour l’instant, les bilans comptables laissent penser l’inverse.
L’autre vérité ultra dérangeante qui nous attend est que 20 ou 25% de la population française sera à la retraite en 2020. Si on rajoute les enfants, les étudiants, les chômeurs, la fonction publique carnivore autant qu’inefficace et les inactifs divers, la France ne parviendra pas avec son modèle économique actuel à gérer au niveau des finances la chose. La différence en effet entre un chômeur et un retraité, ce sont les coûts de santé... moins d’actifs et une explosion des dépenses, un duo assez corrosif à gérer ! Alors que faire de son épargne dans cet univers plus instable que par le passé ? Pour les peureux, il faut rester en monétaire au moins jusqu’à la mi 2009, le temps qu’on y voit plus clair. C’est toujours l’option que j’ai choisie pour la majorité de mes capitaux.
DECOUVRIR LE FOREX AUPRES DES MEILLEURS INTERVENANTS
Il y a 9 commentaires sur cet article - Voir les commentaires et réagir