Par Charles Dereeper, le 16/01/2009
Il existe une certaine hypocrisie actuellement en France quand on parle de l'avenir de l'immobilier et de ses prix de transactions. Certes, il faut rester précautionneux dans la mesure où l'on parle de futur. La part de hasard tient toujours une place de choix dans le résultat final. Il n'empêche qu'en consultant les données sur un siècle, voire un siècle et demi pour les prix à Paris ou aux USA, on parvient à une conclusion sous forme de deux scénarios. Scénario 1 L'immobilier ne remontera JAMAIS et reprendra une progression égale à celle en vigueur depuis un siècle hors période de guerre, soit environ 1% + inflation chaque année. Auquel cas, tout le monde se voile la face actuellement et la déconvenue au cours de la deuxième décennie qui vient, va être monumentale. Une génération entière se sera endettée pour acheter du vent, une valeur d'actifs immobilier qui ne correspondait à rien. Ce scénario est celui auquel je crois le plus. Le graphique ci-dessous des prix immobiliers américains, en avance d'environ 18 mois sur la France montre à quel point, le délire a été fou. Il rappelle celui de la bulle internet en 1999. Avec 9 années de recul, le résultat final est maintenant connu...
Scénario 2 Les Etats Occidentaux perdent le contrôle monétaire de la situation, ce qui débouche sur une nouvelle période d'hyper inflation. Auquel cas, des bulles matières premières et pourquoi pas immobilières se remettent en place. Tout le monde sauve sa peau. A horizon deux ans, je n'y crois pas pour au moins deux raisons. La première est que les bulles se sont faites dans le cadre d'un ping pong géant mondialisé entre des autorités monétaires laxistes et une démographie post baby boomer adaptée. On le voit actuellement, si personne n'est là pour emprunter, aucune bulle n'est rendue possible quand bien même les autorités monétaires créent des conditions favorables. Or, les baby boomers partent massivement à la retraite. Les tensions sur la demande ne seront pas reproductibles à l'avenir, juste celles issues de la spéculation, qui ne feront pas le poids. Deuxième raison, les marchés financiers accusés de tous les maux, à tort, tout comme l'euro l'a été en son temps avant qu'on découvre qu'il protégeait diablement bien tout de même... mettront théoriquement un gros STOP à la folie monétaire des gouvernements. Quand la communauté financière internationale estimera à une majorité que les Etats sont trop endettés et qu'il est donc devenu trop dangereux de prêter son argent à ces agents économiques, les taux long terme remonteront et le robinet se fermera naturellement, empêchant ainsi la poursuite de la fuite en avant...
Julien Mayard Depuis l'éclatement de la bulle des sub-primes, les autorités nous ressassent que la Thaïlande, dont plus 70% du P.I.B. est constitué par l'export et le tourisme, est "immunisée" contre la crise. Or, les prix baissent enfin à Phuket. Même si, officiellement, les prix augmentent toujours; en fait, tout est négociable et certains propriétaires ont déjà diminué leurs prétentions jusqu'à 80% !
Par exemple, cette maison, située à Rawai dans le sud de l'île, initialement mise en vente à 10,5 millions de Baht (228 000 €), vient de s'échanger à 5,9 millions (128 000 €).
Autre exemple, cet hôtel 5 étoiles de 41 villas à vendre pour 380 Millions de Baht (8 200 000 €) était affiché à 10 millions d'Euros il y a un an.
Avant de conclure, je voudrais souligner que le marché de l'immobilier à Phuket est, par essence, lent. Nous évoluons sur un marché "international" ce qui veut dire qu'une fois qu'un bien est mis en vente, que l'annonce est publiée sur un médium international; il faut attendre que la partie intéressée organise un voyage (c'est-à-dire réserve un billet d'avion, se dégage des ses obligations etc.) pour venir visiter le bien sur place. Ceci rallonge considérablement la durée durant laquelle le bien reste sur le marché. Là où celle-ci se compte en jours à Singapour; à Phuket un bien se vend rarement en moins de 6 mois.. Quand je parle de court terme, je me place donc à l'horizon de l'hiver 2009-2010, voire 2010-2011. Au niveau national, les analystes de grosses sociétés de promotion immobilière comme Supalai, Land and Houses ou encore Asian Property Development prévoient moins de transactions pour 2009, malgré une baisse de 5 à 10% de la valeur des résidences, baisse due, selon eux, à la chute des prix des matériaux de construction, et malgré les incitations fiscales mises en place récemment par le gouvernement. Cette analyse ne peut être appliquée telle quelle au marché de Phuket en raison de sa spécificité. D'une part, les incitations fiscales (l'abattement sur les ventes passerait de 100 000 à 200 000 ฿) n'auront de répercussion que sur les ventes inférieures à 3 millions de Bahts (environ 62 000 €). Or le marché de Phuket se situe plutôt dans le haut de gamme. D'autre part, c'est plutôt un marché de résidences secondaires qu'un marché de résidences permanentes; les préoccupations des acheteurs sont donc différentes. Cependant,je pense également qu'on verra peu de transactions durant les 18 prochains mois. Pour la suite, cela dépend de deux paramètres, à savoir la situation économique mondiale et surtout la situation politique locale, mais je pencherais plutôt, vers une stabilisation, voire une reprise du marché..
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