Prévisions 2010

Par Olivier Crottaz, le 19/01/2010

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olivier crottaz
Olivier Crottaz
Voici un exercice de style difficile auquel j’aime, quand même, me soumettre: LA Question: Et pour 2010 que prévoyez-vous monsieur Crottaz ?

Au risque de passer pour répétitif (je remercie le lecteur qui m’a écrit en me disant que je n’était au moins pas une girouette), je vois une année 2010 difficile et très volatile (vers le bas plutôt). En conséquence, voici mes pronostics.

Actions:

Une année difficile et qui se terminera négativement pour l’ensemble des marchés. J’anticipe même une baisse forte qui pourrait intervenir dans la première moitié de l’année. Les arguments sont

    1. Endettement des Etats toujours présent et probable hausse des impôts (si ceux-ci ne sont pas augmentés, les Etats en inventeront d’autres (ce n’est pas mentir alors de dire qu’il n’y a pas de hausse des impôts, n’est-ce pas ? L’Angleterre et actuellement la championne des taxes et impôts en tout genre)

    2. Pas de reprise dans le crédit et dans l’immobilier (les seuls secteurs aidés ont annoncés des résultats meilleurs (banques et automobiles) et ces aides prennent fin. De plus, je ne vois pas comment on peut licencier 50% du personnel tous les trimestres dans les sociétés pour améliorer les résultats.

    3. La hausse du chômage continue, épargne des ménages en hausse, donc relance par la consommation inexistante

    4. Les actifs pourris se trouvent toujours dans les banques. Ils ont été revus à la baisse (hausse de leurs valeurs) car la situation économique et des marchés en général s’est améliorée, mais en cas de rechute, ces actifs toxiques pèseront à nouveau de tout leur poids sur les bilans des établissements financiers. Ils sont illiquides, donc invendables.

    5. Le sentiment (AAII et investorintelligence) montre que le niveau des bears est au plus bas depuis des décennies……Attention en général ces niveaux sont des niveaux de vente pour les actions ! (regardez le trait rouge)





Obligataire/taux
 

    1. Les taux court devraient rester inchangés. L’impuissance des Etats à relancer l’économie empêchera ces mêmes Etats à hausser les taux en anticipation d’une croissance. Par contre, et c’est là la difficulté, on pourrait voir une hausse des taux sur les débiteurs de mauvaise qualité (entreprise ou Etat) car ces derniers se devront d’offrir des taux plus élevés en compensation du risque qu’ils présentent.

    2. Les taux longs devraient baisser en anticipation d’une grande période de non-croissance (voire déflation)

Devises

    1. Le grand retour du dollar contre toutes les monnaies. Pourquoi ? Parce que le monde entier est négatif sur le dollar (parce les crédits sont en dollar et devront être couverts (achat de USD) et que les autres monnaies ne sont finalement pas mieux placées quand on regarde l’endettement des Etats en relation avec leur PIB. Si vous ne croyez pas aux USD, alors achetez du CHF car l’endettement de la Confédération Helvétique a été réduit entre autres.

    2. L’euro en chute libre, les plans de relance et les divisions au sein de l’Europe pourraient affecter la devise européenne.

Matières Premières (le plus difficile aujourd’hui)

    1. Or/argent/Platine. Il ne devrait pas y avoir de grand changement sauf en cas de grave dépression. L’or montera dès lors. Actuellement je n’ai pas de scénario très précis pour le métal jaune, mais je me risque à un pari. L’or va monter contre toute attente et ceci malgré l’absence de croissance. objectif peu ambitieux de 1200 USD l’once. L’argent baissera l’activité économique étant plus faible.

    2. Le pétrole va monter encore et encore, et au dessus de 100 USD le baril. Je suis certain que le pic pétrolier est derrière nous depuis plus longtemps que ce que l’on veut bien nous dire

    3. Pour les soft commodities, je n’en sais trop rien. j’avais vu le sucre, mais mal vu le blé en 2009, mettons que la hausse sera modéré, mais en tous les cas pas de baisse envisagée.

Conclusion (et c’est très certainement cela qui vous intéresse)

    1. N’achetez pas d’actions (sauf quelques titres particuliers comme dans le pétrole ou l’uranium ou clairement sous-évalué).

    2. N’achetez pas des actions dans des sociétés endettées (ou fortement endettées). Cherchez des actifs tangibles ou des produits dont on aura toujours besoin.

    3. Gardez un peu d’or au cas où (c’est une assurance, pas un investissement). Sélectionnez de manière appliquée les débiteurs obligataires (entreprise et Etats) et privilégiez les bonnes sociétés aux Etats endettés. Aujourd’hui les taux sont très bas, mais une infime hausse peut engendrer de graves problèmes, mais cela nous le savons tous et il n’est pas inutile de le répéter.

    4. Remboursez vos dettes (si vous le pouvez), sauf si vous avez les moyens de les assumer aussi en cas de dépression.

    5. Prenez quelques positions à la baisse pour protéger vos investissements (au cas où) dans une optique court terme. La vente à découvert n’est pas une stratégie long terme.

    6. Mettez des stop loss (apprenez à couper vos pertes

    7. Utilisez des stratégies claires et maîtrisables

Maintenant quelques suggestions de titres:

Crown Point Venture, Carrefour, Laramide, Denison Mines et des sociétés qui possèdent du cash et très peu ou pas de dettes.

Happy investing !

Olivier Crottaz
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