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La fiscalité des valeurs mobilières

Les valeurs mobilières procurent deux types de revenus à leur détenteur, les plus values et les dividendes. Chaque type de revenu possède ses propres caractéristiques fiscales.

Revenus de valeurs mobilières

Le revenu d'une action est le dividende. Toutes les sociétés ne versent pas de dividendes, cette politique de générosité envers les actionnaires leur appartient. Quand un dividende est versé il est payé généralement une fois par an, ou bien, plus rarement, en 2 ou 3 acomptes.

Les sommes que reçoit l'actionnaire au cours de l'année sous forme de dividendes sont soumises à l'impôt sur le revenu suivant les règles ci-dessous.

- un abattement de 40% sur les sommes perçues,
- un abattement général de 3 050 euros pour un couple ou de 1 525 Euros pour un célibataire.

Un exemple concret nous aidera à mieux comprendre le fonctionnement.

Exemple

Soit un célibataire ayant perçu 10 000 euros de dividendes sur l'année. Admettons que son taux d'imposition sur le revenu soit de 20%.

Dividendes perçus 10 000 €
Abattement de 40% - 4 000 €
Abattement général - 1 525 €
soit, base imposable = 4 475 €
Impôt sur le revenu (20%) 895 €
soit, Impôt à payer 895 €

A noter que depuis 2008, les contribuables peuvent opter pour le prélèvement libératoire au lieu de l’impôt sur le revenu pour leurs dividendes. Cette option ne devient cependant intéressante que si le contribuable est dans la tranche marginale de 40%.

Enfin, n'oublions pas non plus que la CSG, CRDS et prélèvements sociaux (un total de 12,3%) sont également prélevés à la source. Quand une société vous verse un dividende, il est net de prélèvements sociaux.

La fiscalité des plus-values

Une plus value est le bénéfice retiré de l'achat et de la vente d'action. Si vous achetez des actions et que vous les revendez plus cher, la différence constituera la plus value.

Les gains et les pertes sont cumulés au cours de l'année, et si votre activité boursière fait apparaître un bénéfice en fin d'année, vous serez imposé sur ce bénéfice.

Les plus values de valeurs mobilières (actions, SICAV, warrants…) sont imposées au taux unique de 19%. A ce taux vient s'ajouter la CSG, la CRDS et les prélèvements sociaux (12,3% au total), ce qui porte le total d'imposition à 31,3%.

Jusqu'en 2010 il existait un seuil d'exonération (le seuil de cession), ce dernier a été supprimé par le gouvernement pour les plus-values boursières réalisées à partir du 1er janvier 2011. Du coup, les plus values sont désormais imposées dès le premier euro de gain.

Un cadre fiscal avantageux : le PEA

L'Etat a crée en 1992, le Plan d'Epargne en Action (PEA) pour inciter les épargnants à venir vers la bourse. Les règles du PEA ont d'ailleurs été assouplies en 2003 pour maintenir son attractivité.

Les opérations boursières sur le PEA sont exonérées d'impôt sur les plus values (hormis CSG, CRDS et prélèvements sociaux) cependant il y a des conditions à respecter :

- Toutes les actions ne sont pas éligibles au PEA : seules les valeurs européennes (dont les sociétés ont leur siège social en Europe) sont éligibles. Inutile de penser acheter des titres américains ou japonais dans un PEA.

- Le plan ne doit pas être cassé avant cinq ans, pour bénéficier des avantages fiscaux maximum. C'est-à-dire qu'aucun retrait d'argent du PEA n'est permis, sinon les avantages fiscaux sont perdus et le plan sera immédiatement clôturé.

- Le PEA est également limité par sa taille. Le montant de vos versements sur le plan ne doit pas excéder 132 000 €. Dans le cadre d'un foyer, chaque époux peut ouvrir son propre PEA et ainsi doubler la somme maximale, soit 264 000 €.

- Enfin, dernière contrainte, il n'est pas possible de faire jouer l'effet de levier du règlement à service différé (SRD). Tous les titres doivent être acquis comptant ou vous devez posséder les espèces correspondant à vos achats en compte. Cela ne conviendra pas à ceux d'entre vous qui souhaitent adopter une gestion très dynamique.

En pratique, il est possible de dissocier les opérations de bourse en 2 parties, les opérations au comptant étant réalisées sur le PEA et celles au SRD sur le compte titre traditionnel.

Cette technique permet de profiter partiellement des avantages fiscaux liés au PEA en éliminant une part des contraintes qu'il impose. Cependant elle nécessite de gérer deux comptes distincts.

Que se passe-t-il si j'effectue un retrait anticipé sur mon PEA ?

En retirant des espèces de votre PEA avant 5 ans, la fiscalité avantageuse de ce dernier est altérée, elle peut même être plus pénalisante que la détention d'actions hors PEA. Vous trouverez ci-dessous le barème fiscal en cas de retrait anticipé :

- retrait entre 0 et 2 ans : l'imposition des plus-values (CSG et CRDS comprises) est de 34,5 %.

- retrait entre 2 et 5 ans : l'imposition des plus-values (CSG et CRDS comprises) est de 31,3 %, comme dans le régime commun des comptes-titres.

- clôture du PEA entre 5 et 8 ans : exonération des plus-values, seules CSG et CRDS sont dues (12,3%). Tout retrait d'espèces du PEA entraîne sa clôture.

- après 8 ans de détention : même fiscalité que précédemment. Par contre on peut retirer des espèces de son compte sans que cela ne le clôture d'office. Néanmoins, tout retrait partiel d'esp_ces du PEa entraîne ensuite une impossibilité d'alimenter le PEA avec de nouvelles espèces. 

Cas exceptionnels de déblocage anticipé du PEA

Depuis 2008, il faut savoir que a loi exonère d'impôt sur le revenu (mais pas de prélèvements sociaux) le retrait ou le rachat de sommes ou valeurs d'un PEA, intervenant avant le délai de 5 ans, sous certaines conditions :

- Les sommes correspondant au retrait ou au rachat doivent être affectées dans un délai de 3 mois au financement de la création ou de la reprise d'une entreprise ou d'une société.

- Cette dernière doit être exploitée personnellement ou dirigée par le titulaire du plan, son conjoint, ses descendants ou ses ascendants.

- Les sommes correspondant au retrait ou au rachat doivent faire l'objet d'une souscription en numéraire au capital initial de la société, à l'achat d'une entreprise existante, ou être versées au compte de l'exploitant de l'entreprise individuelle créée depuis moins de trois mois à la date du versement.

Les retraits ou rachats avant le délai de 5 ans n'entraînent pas la clôture du PEA mais aucun versement ne pourra alors être effectué.

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