Ce sont des trillions de dollars, c'est l'argent que les humains se doivent
les uns aux autres. C'est la fameuse dette, objet de tous les désirs et de
toutes les craintes.
Une horloge sophistiquée imaginée par l'hebdomadaire anglais "the Economist"
clique et clique et clique pour indiquer son augmentation ou sa
diminution. Devant ce chiffre , l'horreur envahit la plupart d'entre nous. A
tort.
La dette est l'instrument premier de l'instauration de la
démocratie et de la richesse individuelle. Absurde, stupide, j'entends les cris
d''indignation que provoque une telle affirmation. Et pourtant.
Les
grands pays démocratiques et développés, Etats Unis et Europe ont une dette qui
représente 34000 à 37000 dollars par tête d'habitant.
En Inde et en
Chine le chiffre est de moins 1000 dollars par tête. Ils sont pauvres pour la
plupart et en Chine pas démocrates et pas libres.
Dette et richesse
nationale vont de pair. Dette et démocratie vont de pair aussi.
Et si on
cessait de regarder la dette comme une malédiction et si on la considérait comme
une bénédiction.
C'est grâce à elle que les Corot ont acheté le canapé
du salon, c'est grâce à elle que la propriété immobilière s'est répandue, que
les autoroutes ont été construites que la révolution industrielle anglaise et
française a eu lieu. C'est grâce à elle que la richesse s'est répandue dans les
classes moyennes.
Alors pourquoi ces cris et ces lamentations des
politiques. Pourquoi ces crises chez les banquiers? Pourquoi l'émission de bons
de la "Banque centrale européenne " soulève- t- elle autant de craintes et de
réticences de l'Allemagne.
Nous avons emprunté les uns aux autres et
nous ne produisons pas assez pour rembourser. Société de croissance contre
société de loisirs. La réalité est dure. Pour rembourser il faut travailler
davantage. Non pas moins. Les 35 heures , les RTT, les 28 heures dans certains
services publics, les jours d'absence, de retard etc. Cela ne marche plus. Nous
ne produisons pas assez de richesses. Nous ne travaillons pas assez.
Nous avons cru en notre supériorité, à la productivité, à l'apport
technologique. Mais cela ne compense pas le fait que nous ne produisons pas
assez et pas assez bien pour vendre à des prix acceptables aux 7 milliards de
consommateurs qui peuplent la planète.
La famille Corot, celle qui a acheté son canapé à credit, doit travailler
plus pour le rembourser. Elle le sait. Aucun charmeur politique, de gauche ou de
droite ne lui dit le contraire.