Une autoroute. Au volant d'une voiture, un homme angoissé avec à ces côtés sa
femme enceinte de sept mois qui va mal. Il se hâte vers l'hôpital-maternité le
plus proche, situé à 100 km.
Non, ils ne roulent pas sur une route
indienne difficile, mal pavée, entre Rajkot et Ahmedabad. Ils ne se trouvent pas
sur une piste poussiéreuse au fin fond de l'Afrique. Ils sont en France en 2012,
entre Figeac et Brive-la-Gaillarde.
Une France qui se croit
supérieure.
Avant d'arriver à l'hôpital, la femme accouche. L'enfant
meurt, au bord de l'autoroute.
Il n'y a plus de maternité à Figeac.
Les bureaucrates, les politiciens locaux, les consultants de génie en ont décidé
ainsi. La santé coute cher n'est ce pas ?
La prétention et la
comptabilité sans âme produisent ces effets terrifiants.
Ma maman m'a
raconté que pour ma naissance, une sage femme était venue à la maison. Elle m'a
aidé à contempler le ciel et la terre. Sans autres. Ou est cette sage femme?
Cette histoire vraie, illustre les absurdités et les incohérences du
complexe para-étatique/ industriel/ médical qui s'est emparé des sommes
titanesques que l'assurance maladie et la mutualité distribuent chaque année.
Le Président de la République, François Hollande, s'est ému, à juste
titre.
La Ministre de la Santé et les mutuelles réunies en congrès en
ce moment, ont émis des recommendations doctes. Chacun bien entendu, 'se tirant
des flûtes': "ce n'est pas moi". En général, le chacun en question ajoute, "il
faut davantage de crédits."
Surement pas. C'est une tragédie qui
illustre la vieille thèse de Paris et du désert français.
La France n'a
pas su adapter la taille, la structure du système médical à la démographie. Un
système de santé délirant de complexité où l'on voit le principal acteur, le
médecin, peu à peu poussé vers le bas de l'échelle des revenus.
Allez
donc voir dans le pays de Figeac, ou dans les petites montagnes de Savoie. Vous
y rencontrerez des généralistes qui touchent une vingtaine d'euros par visite,
de jour comme de nuit. Temps de voyage inclus. Qui sont harcelés par une
sécurité sociale devenue administrative qui ne voit que le résultat financier.
Suivez la discussion actuelle qui agite les sommets de l'état. Ministres et
mutuelles veulent casser les prix des spécialistes. Les mutuelles sont-elles
exsangues ? Non pas. Elle regorgent d'argent. C'est nous qui payons des primes
d'assurance.
Le résultat de ce genre de nivellement se voit en
Angleterre. À Londres, tout un chacun n'a plus du tout accès à des médecins
spécialisés de grande qualité. Le quartier de Harley Street qui les abrite à peu
près tous, en témoigne. £250, £300, £400 pour une visite un peu détaillée. Sauf
à souscrire une assurance privée et chère !
Ne nous faisons pas
d'illusions. Les grands médecins sont demandés partout dans le monde. Les nôtres
partiront si on les brime de trop.
Un gouvernement de gauche serait-il
en train de créer vraiment une médecine à deux vitesses ?
À propos, le
Ministère de la Santé et l'Assistance Publique sont en ces jours préoccupés par
les vêtements en papier que revêtent les gens qui vont se faire opérer à
l'hôpital. Il paraitrait que le modèle actuel dévoile par trop les fesses des
malades. Du coup, un nouveau modèle a été lancé. Des responsables, des
commissions, des marchés publics ont été lancés. Le nouveau modèle est prêt. À
quel prix, à quel coût ?
Et pendant ce temps, sur l'autoroute entre
Figeac et Brive-la-Gaillarde, un bébé est mort.
Méfions nous des articles à sensation.
Il s'agit d'un accident qui doit se produire une fois tous les 3 ou 4 ans.
Pour le reste, je suis d'accord avec vous.
Les caisses de santé ont trop longtemps servies de rente pour toutes sortes d'opportunistes qui ont bâti une fortune à partir de ce gisement.
est une urgence...qui prendra des années. Mais qui osera prendre le taureau par les cornes?
D'ailleurs, le secteur de l'éducation et bien d'autres en on besoin.
En fait, il faut redéfinir les missions et l'organisation des services publics/privés, de l'état et des collectivités territoriales.
Voyons grand! Il s'agit d'aligner toutes les victimes causées par la route, le libéralisme sauvage, l'aveuglement des décideurs publics ET privés.