La pythie de Delphes est de retour. Vous savez, c'est l'oracle que les grecs
de l'antiquité, allaient consulter sur les grands et les petits problèmes.
Elle émettait des prédictions obscures, lisibles dans tous les sens,
cryptiques. Mais écoutées et respectées lorsqu'elles étaient comprises.
Et bien elle est de retour. Elle a pour nom Bernanke et Draghi, les
présidents des banques centrales américaine et européenne. Leurs discours sont
attendus, scrutés , analysés. Les milliards retiennent leur souffle, avant de se
ruer dans telle ou telle direction. Les investisseurs croient comprendre. Ils y
vont, à fond. Patatras, trois jours aprés conference de presse de l'un, discours
contraire de l'autre. Les mêmes se ruent dans la direction opposée. Les indices
boursiers suivent en désordre.
L'américain et l'européen sont en désaccord, à moins que ce ne soit le
contraire. Ils se poussent l'un l'autre. Verbalement. Sans prendre de mesures
précises et palpables.
Au contraire, le sur place et les apparentes contradictions ont pour résultat
de ne rien faire. Avec style et bruit. Et les investisseurs courent dans un sens
ou dans l'autre.
Les mots remplacent l'action."Je ferai tout pour pour sauver l'euro" affirme
M. Draghi et il ne fait rien.
Question? Ils attendent quoi? Un ralentissement encore plus important de
l'économie, un chômage plus élevé, une production en berne?
Non pas. Ces deux hommes et leurs équipes à la Réserve fédérale et à la
Banque Centrale européenne savent ce qu'ils devraient faire. Mais Bernanke et
Draghi n'ont pas le pouvoir politique de faire. Ils ont des cahiers des charges
qui s'imposent à eux. L'européen est là pour combattre l'inflation. Une charte
dépassée non révisée. Il n'y peut rien. Que des discours!
Les seuls responsables de l'action ou de l'inaction sont les politiques, élus
par les peuples. Or ceux là parlent et se repassent la patate chaude sans agir
vraiment. Le président des Etats Unis est bloqué par les républicains
majoritaires au parlement. Ils ne veulent rien faire avant les élections.
La cacophonie européenne s'étale sous nos yeux, tous les jours. La vertu
inébranlable de la Banque centrale allemande bloque tout. L'absence de plan
cohérent de la France quant à la croissance, le "nous d'abord" des anglais, ne
permettent aucune avancée. L'euro et l'Europe flottent au fil de l'eau pour la
plus grande joie des spéculateurs du mois d'aout qui jouent au yoyo sans
contrainte ni interdit. Et ils gagnent beaucoup d'argent.
Alors que faire? Consulter la pythie de Delphes et espérer.
c'est bien résumé, factuel et réaliste ... et ...
ça évite de lire le "tout et son contraire" des analystes ... et les infos formatées des médias qui sont distillées pour enfumage ...
nous en sommes à la phase d'avant 1936, quand les européens et le monde entier fermait les yeux devant hitler, les conditions ne sont pas les mêmes, mais les comportements sont semblables, tout cela ne peut que mal finir. et pendant ce temps là, le gouvernement de la France est en vacances ou "commissionne..."
sur le temps qu'il fera, sur ces "povres" syriens, sur le prix de l'essence...l'avenir semble s'assombrir chaque jour qui passe.
Vous apportez un élément culturel et c'est bien agréable.
Matrix, la célèbre saga des frères Wachowski, y trouve sa source, et non pas comme l'ont dit certains critiques de cinéma à la vue courte (les mêmes que les analystes boursier ?) que Matrix s'était inspiré de "Dark City".
Et effectivement nous flottons au fil de l'eau ou plutôt nous naviguons à vue, d'un discours l'autre, ce n'est même plus du replâtrage, ni même du mensonge, c'est de la pure lâcheté.
Et les vrais lâches ne sont pas ceux qui servent cette soupe infâme, mais bel et bien ceux qui l'avale.