Les banquiers centraux sont devenus les 'stars' du box office financier, des
journaux, des spéculateurs. Ils sont beaux, presque. Ils sont souriants, ils
sont généreux. C'est surtout cette dernière qualité qui compte. Ils distribuent
l'argent, 30, 40 milliards d'euros ou de dollars par mois.
Tout le
monde aime.
Draghi est l'empereur de l'Europe. "C'est dramatique et
dangereux", me dit un grand patron allemand. "Il ne représente rien. Il force la
main des gouvernements."
La faute à qui ? Aux gouvernements bien sur,
qui ergotent à la Commission de Bruxelles, laquelle est incapable de faire sans
eux. L'Europe qui paye, Allemagne, France, Autriche, Hollande etc., est
littéralement prise en otage, avec chantage à la clé, par l'Espagne, l'Italie,
la Grèce. Ces trois pays retardent les décisions difficiles, politiques qu'ils
devraient prendre.
Même si comme Mario Monti en Italie, ils en prennent beaucoup. Les opinions
publiques ne comprennent absolument pas ce qu'il se passe et ce qu'il faudrait
faire. Et ce n'est pas la langue de bois des gouvernants français ou espagnols
qui arrangent les choses.
Le weekend dernier a été très instructif. Trois millions d'espagnols ont
défilés à Madrid pour protester contre la rigueur, à Barcelone pour réclamer
l'autonomie ou même l'indépendance de la Catalogne, qui ne veut pas payer les
fautes du gouvernement de Madrid. Les grecs occupent les rues des villes. Les
portugais manifestent par dizaine de milliers.
Les allemands, eux aussi,
ne sont pas contents, ayant peur que leur argent soit jeté par la fenêtre. Les
français ne sont pas loin de penser de même.
La situation n'est certes
pas la même aux Etats Unis et en Europe, mais le patron de la Reserve Fédérale
américaine, Ben Bernanke, a ouvert les caisses, les tiroirs et quoi qu'on en
pense, la planche à billets. Mario Draghi fait la même chose. Leur but, injecter
de l'argent dans le système productif, enlever les goulots d'étranglement qui en
ce moment empêchent l'économie de fonctionner, empêcher les nouvelles envies de
spéculation. Bref, ils veulent à toute force fluidifier les systèmes.
C'est bien. Mais cela peut durer combien de temps ?
Planche à billets,
abondance d'euros et de dollars, inflation. Le mécanisme est implacable. On le
connait. Ceux qui le nient le font en toute connaissance de cause.
On y
arrivera très vite. Sauf si les gouvernements se prennent vraiment par la main
et passent d'une politique déclaratoire, à une politique réelle.
En
attendant, les actions en bourses vont très bien, merci. Tout le monde est
content. Tout monte. Les vendeurs font des bénéfices. Ceux qui gardent ont des
espérances.
C'est très bien. Pourvu que cela dure.
Oh si il y a deja une hyper inflation simplement elle est sur les produit financier dont le prix est déconnecté de toute réalité. Le jour ou la bulle va éclater et que les investisseurs vont se retirer des marchés pour investir dans du tangible (immobilier / matiere premiere / or), les prix vont exploser et l'hyper-inflation nous tombera dessus sans prevenir...
Sans etre devin, on peut imaginer que les banques centrales vont relever les taux afin d'eponger l'exces de liquidité sauf que cela nous plomgera en deflation...
Non, je ne suis pas devin, c'est simplement le meme schema que ce qui s'etait passé en 1929...
Jacobus a raison. Les interventions de la BCE seront sous condition de réformes et seront stérilisées. Donc pas d'inflation comme au temps de papa mais menace de déflation.
L'inflation est (hélas, trois fois hélas!!!) loin de pointer le bout de son nez. La masse monétaire en circulation n'augmente pas, on regonfle juste pour compenser la chute de pression du système financier... Sans cet apport, il y a fort à parier que la déflation aurait grippé tout l'ensemble.