"Virés" pendant la nuit. UBS retourne à l'age des cavernes
Elle a 32 ans. Elle travaille chez UBS, la banque suisse, depuis cinq ans et
demi. Lui a 39 ans et il travaille là depuis 12 ans. Ils sont arrivés chacun de
leur coté vers 7h du matin pour commencer une longue journée. Ils ont introduit
leur pass ou clé électronique dans l'ouverture de la porte.
Surprise. Elle ne fonctionnait pas. Interdiction d'entrer dans leur bureau,
qu'ils avaient quitté la veille à 6 heures du soir. Et leur email professionnel
est bloqué depuis le milieu de la nuit. Ils sont des centaines dans la même
situation, qui se pressent devant la porte d'entrée monumentale et prestigieuse.
Un préposé de la banque les dirige vers une salle où on leur annonce qu'ils
sont licenciés. Dans la nuit sans préavis, sans avertissement. Dehors ! Virés.
Axel Weber président de UBS, un allemand, ancien patron de la Bundesbank qui
faillit devenir le chef de la Banque centrale Européenne explique qu'il faut que
les employés sachent ce qui se passe "d'une manière respectueuse à leur égard."
Ma stupéfaction monte d'un cran à la lecture de cette déclaration
présidentielle. D'autant plus que Weber dans sa vie précédente était un homme
poli et parfaitement respectueux à l'égard de son entourage.
Cette scène navrante se passe à Londres, dans la plus grande et prestigieuse
banque suisse.
Question. Dans quel monde vivons nous ?
Suffit il d'une petite crise, de difficultés financières pour que l'on se
retrouve à l'âge des cavernes ? L'homme est un loup pour l'homme.
Je trouve que les procédures de licenciement en France et en Allemagne sont
lourdes et compliquées. Mais quand je constate ce qui se passe à deux heures de
train, j'applaudis des deux mains cette lourdeur et cette complication.
Commentaires des lecteurs (9)
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Par jipes le 01/11/2012 18:30:23
Bonsoir Monsieur Gabrysiak,
Devant votre article, je suis obligé de sortir de mon silence. NON, NON et NON, vous ne pouvez pas écrire un tel article en prenant vos sources sur Twitter ou sur Facebook.
Il aurait été plus sage d'attendre l'explication fournie par les responsables d'UBS Londres, explication que nous connaîtrons dans deux semaines.
N'avez-vous pas pensé que les personnes licenciées faisaient partie de l'entourage de Monsieur Kweku Abodoli ? Ou que ces mêmes personnes avaient eu connaissance des agissements de Monsieur Abodoli et n'en avaient pas informé leur supérieur hiérarchique.
Dans un tel cas, faute de leur part, car faute il y a, la décision prise à leur égard est juste ! Leur silence a été préjudiciable envers leur employeur.
Par Beernaar le 31/10/2012 19:00:31
Si ce monde est ainsi, pas étonnant que certains choisissent de le quitter.......
Par Mitch67 le 31/10/2012 13:18:51
Je ne vais certainement verser une larme sur le sort de banquiers, "suisses' de plus(même si cette histoire se passe à Londres). Il vont sûrement retomber sur les pattes et le système anglo-saxon est fait pour cela. Vite sorti mais aussi vite rentré! Et inversement. Quand on le sait, au moins on est préparé. Je suis surpris que Monsieur Gabrysiak soit surpris! J'ai vécu exactement la même situation (signification de mon licenciement et retour à domicile définitif dans l'heure qui a suivi) de ce côté-ci de la frontière. Travaillant dans une TPE, vous imaginez que je n'ai pas eu les mesures d'accompagnement social dont certains peuvent bénéficier!!! A l'heure où on parle de plus en plus de "flexibilité" il faut s'attendre à ce que ces pratiques soient de plus en plus courantes et je pense que dans certains cas il vaut mieux trancher dans le vif plutôt que de traîner des mois et des mois pour au final arriver au même résultat!!! Bien sûr il y a des abus et c'est cela qu'il faut combattre mais n'est-il pas préférable de se couper un doigt tout de suite plutôt que de devoir se couper la main, le bras voire mourir pour de bon? Pour avoir été un de ces "doigts" qu'on a coupés afin que vive l'entreprise je sais de quoi je parle.
Par Quesnay le 31/10/2012 12:31:41
C’est horrible en effet cette façon qu’ont les Anglo-Saxons de ‘liquider’ leurs collaborateurs, alors qu’ils vous chantent sur tous les tons que le capital humain est l’essence même de leur business !
Pourtant, dans ce genre de situation, c’est le petit détail sordide qui tue: le pass ne répond pas! …parce que les directives viennent d’en haut et sont appliquées trop mécaniquement par le middle management ? …parce que les risques juridiques sont omniprésents ? Parce qu'il y a un risque de perte de données, de vol d'informations confidentielles, de sabotage, etc? Beaucoup de raisons certainement, mais c’est si facile de toujours caricaturer le patron.
Le système français vous semble plus humain, mais l’est-il vraiment ?
Certes, en Europe continentale, les procédures de licenciement en vigueur ont minoré la brutalité de l’instant, mais il ne faut pas croire qu’un licenciement en France soit pas moins cruel pour cela !
La pratique de l’entretien préalable est une excellente chose en cas de licenciement individuel, car il permet aux deux parties de s’exprimer et d’en préciser et comprendre les raisons.
En cas de licenciement collectif pour raison économique, c’est bien moins évident. Qui peut prétendre qu’une douleur brutale mais brève est plus douloureuse qu’un processus long, souvent purement formel, qui s’étire en confrontations et étapes successives ?
Pour l’avoir pu observer de près dans les deux environnements, je suis sûr que les Anglo-Saxons licenciés se reprennent plus rapidement en main et tournent plus facilement la page que les Français.
En France, à mon avis, les effets pervers sont trop nombreux et l’énergie dépensée souvent inutile.
Par cris12345 le 31/10/2012 12:29:11
Ah so Sie verstehen nicht.Aus und rasch arbeitlosse Hunde.Das
heisst die deustche hoefflichkeit weissen Sie nicht!
Par dbu le 31/10/2012 11:53:55
Sujet d'un bac dans les années 60 "l'exploitation de l'homme par l'homme"...!
Je m'étonne que les salariés n'aient pas les moyens juridiques d'agir de même vis à vis des entreprises qui ne seraient que des terrains d'expérience pour les plus dynamiques...on entre ,on prend et on part...salut!
Par lapostat le 31/10/2012 10:40:09
L'homme est devenu à son tour un produit de consommation.On en use,puis on en abuse,pour enfin le jeter.
Homme est devenu synonyme de objet!
Par nap.fra le 31/10/2012 10:11:02
Vous avez pas besoin s'aller a 2 heures de train, en suisse c'est pareille du jour au lendemain vous etes licencier sans preavis. merci au capitalisme
Par nap.fra le 31/10/2012 10:10:54
Vous avez pas besoin s'aller a 2 heures de train, en suisse c'est pareille du jour au lendemain vous etes licencier sans preavis. merci au capitalisme