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2012 – 2014, le point sur les scénarios possibles, CAC 40 et aspects politiques

Par Charles Dereeper, le 05/10/2011

charles dereeper

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Qui va gagner et qui va perdre ?

Tout d’abord, la liste des combats en cours :

1 – De nombreux Etats providence, saturés de fonctionnaires et de dépenses publiques inutiles se battent pour ponctionner la sphère économique privée et assurer leur train de vie à la dérive. Combien de temps les salariés du privé, adeptes de l’autruche et du, je ne peux pas quitter le navire, à cause de mes amis, de ma famille, de mon job… accepteront de subir le matraquage fiscal sans rien dire ?

2 – De nombreuses banques, roulant avec un effet de levier supérieur à 20, se battent pour attraper des subventions publiques de manière à ne pas faire faillite. Combien de temps les salariés du privé accepteront de donner leur argent à ce qui commence à s’apparenter comme le plus grand vol de toute l’histoire de l’humanité par une micro minorité sur le dos d’une maxi majorité ?

Les Etats vont-ils recapitaliser le secteur bancaire européen avec l’argent des contribuables une deuxième fois comme en 2008 (en sachant que les banques se sont clairement moquées du message de la crise 2008 et ont continué à faire comme avant, malgré l’immense aide dont elles ont bénéficié de la part des collectivités, se retrouvant une deuxième fois exposées à une tourmente / débâcle) ou faire payer les actionnaires en nationalisant le capital moyennant un sauvetage ?

En clair, faut-il acheter les banques maintenant en prenant le risque politique que les centaines de millions de couillons européens ne lèveront pas le petit doigt quand leurs Etats les « enfileront » une énième fois au profit des banquiers ? Ou faut-il parier sur la faillite des banques ?

3 – De nombreux Etats, surendettés, poursuivent dans la voie jusqu’à toucher la limite comme la Grèce, Dubaï, l’Islande, l’Irlande… A ce stade, les fonctionnaires employés à vie avec garantie de job, se font virer comme des salariés du privé, dans le cadre d’un nouveau concept phare « d’une garantie de job, à condition que l’Etat ne fasse pas faillite », sinon, "a pu la garantie".

Désormais, employé d'un Etat, tu séjournes dans une réserve à fonctionnaires "en attente" pendant 6 mois ou un an (cas du Portugal et de la Grèce pour cette approche qui ont créé un nouveau genre de travail à fonctionnaires) et ensuite, tu séjournes dans un système ANPE histoire de te remettre la tête à l'endroit après ton stage "attente" pour enfin au final te retrouver tout nu dans la vraie économie privée que tu détestes…

Le combat ici se situe entre les fonctionnaires d’en bas contre les fonctionnaires d’en haut. Il ne manque pas de piquant. Observer les politiciens grecs tenter de gérer leurs troupes pléthoriques comme de vulgaires entrepreneurs, après nous avoir expliqué en long et en large qu’un Etat ne se conduit pas comme une entreprise, est très wasabi…

Le deuxième combat sur ce plan a lieu aussi entre les créanciers internationaux qui n’ont pas envie de se faire planter et l’emprunteur étatique qui crame dans le vide des dizaines de milliards tous les mois pour éviter de devoir gérer une révolution sociale, vu que plus personne ne sait ce qu’est la réalité économique après trois décennies d’intenses mensonges.

Mon opinion pour la France

Pour le point 3, la France a facilement trois à cinq ans devant elle avant d’avoir un gros problème budgétaire d’hyper endettement sur les bras, qui sera d’autant plus amplifié qu’à ce stade, les départs en retraite des baby-boomers seront pleinement effectifs. Quand le budget de la France deviendra un vrai problème insurmontable, les fonctionnaires d'en bas qui ont passé leur vie à défendre la France contre les vilains méchants du privé, à cautionner des politiques sans avenir par recherche du confort immédiat, se verront sacrifier à leur tour. En même temps, ils ne l'auront pas volé, à gober qu'un Etat, c'est gentil et le privé, c'est méchant. Privé ou public, c'est en réalité le même niveau d'agressivité du plus fort sur les plus faibles.

Pour le point 2, les banques françaises ont une probabilité assez élevée de parvenir à enfiler tout le monde une deuxième fois, avec le même chantage systémique. La première fois, c’était du « sauvez nous sinon tout s’écroule ». Cette fois-ci, le slogan est « recapitalisez nous et vous n’entendrez plus parler de nous ». Je manque d’imagination pour le futur troisième volet de la série hollywoodienne blockbuster à audience mondiale maximale…

Pour le point 1, les salariés du privé qui crachent de la valeur ajoutée, non dépendants d’aides diverses et variées, minoritaires en nombre et majoritairement propriétaires de leurs biens immobiliers, ne sauront jamais se regrouper pour faire pression face aux autres compétiteurs que sont les banques, l’Etat et les fonctionnaires d’en bas, ces trois catégories étant très structurées, solidaires et en état de guerre par le chantage quasi permanent. Si je devais placer un pari, ce serait que la rentabilité en pouvoir d’achat de l’heure travaillée d’un ménage inséré dans la sphère économique privée va chuter drastiquement.

Que va faire le CAC 40 ?

Il est actuellement scotché à 3000 points, remontés par les institutions dès qu’il descend trop bas sous les 3000 ou trop longtemps. A horizon 2012 – 2014, je m’attends à ce qu’il glisse sous les 2400 points. Inévitablement, quand les tensions éco-politiques vont s’accentuer entre les différents protagonistes, des marchés baissiers vont se déclencher, de plus en plus paniqués.

Parce qu’il n’y a absolument aucune solution pour se sortir du guêpier. Certains pays comme la Grèce sont en avance dans les cycles du mensonge et de la destruction. L’Italie va suivre. Mais tôt ou tard, la France sera rattrapée mécaniquement par sa gestion budgétaire suicidaire. Les politiciens ont beau mentir et tripatouiller les chiffres, à droite comme à gauche, la vérité crue se constate de mois en mois. Tout empire en permanence. Les vendeurs de solution pullulent, mais franchement, à y regarder en profondeur, l’impasse a refermé sa nasse. Les rats courent dans tous les sens et s’affolent… alors qu’ils sont encore vivants, mais coincés dans un truc qui glisse, qui glisse, ouh ouille ouille…

Charles Dereeper

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