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Bourse et caféine

Par Christophe Gautheron, le 13/04/2011

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Il est fort probable qu’en interjectant « Guaranine ! », je puisse constater que votre front se plisse, que vos doigts viennent chatouiller votre menton, que vos yeux roulent de gauche à droite, et que de votre bouche jaillisse une expression de surprise du style « Kézako ? ».

Qu’est-ce que la guaranine ? Vous le savez déjà ! Cette substance a été découverte en 1819 par deux chercheurs Allemands, et, ses effets ont été décrits par deux chercheurs Français en 1821, Pierre Joseph Pelletier et Pierre Jean Robiquet.

La guaranine est l’ancienne appellation de la substance active du café : la caféine.

La théine, composante fondamentale du thé, fut découverte une dizaine d’années plus tard par un Français : Jean Oudry.

Le thé possède des caractéristiques rigoureusement identiques à celles du café.

La différence entre les deux breuvages tient au fait que le thé contient du tanin, et que celui-ci ralentit la diffusion de la caféine.

Le thé, c’est du café clair, et à diffusion lente !

Tout le monde connaît la caféine pour ses propriétés de stimulant du système nerveux central, ainsi que du système cardio-vasculaire.

Depuis bientôt cent ans, les études se font légions sur ce produit miracle dont on cerne bien désormais les mécanismes, et les effets biologiques.

Cependant, une étude récente de l’Université de Brisbane en Australie dévoile une nouveauté dont le résultat intéressera les passionnés de Bourse, et plus particulièrement les traders de court terme qui sont confrontés à des prises de décisions quotidiennes, et faites dans l’urgence.

Ainsi, d’après ces travaux, il advient que les consommateurs de caféine possèdent plus d’acuité dans la prise de décision, et qu’ils changent plus facilement d’opinion que les autres.

Le mécanisme est bien démonté. Tout d’abord, la caféine favorise les capacités de concentration, mais surtout, le buveur bascule plus facilement vers le traitement mental dit systématique, qui consiste à prendre en compte tous les arguments qui lui sont présentés, et à raisonner de manière logique pour tirer une conclusion avant d’agir.

Sans la caféine, l’être humain tend à suivre un mécanisme de raisonnement mental dit périphérique, qui consiste à se fier à des indices fragmentaires et subjectifs tel que l’humeur du moment, ou la peur par exemple.

Bref, la concentration de l’individu sous caféine se fait sur la base d’arguments objectifs, ce qui est favorable au changement d’opinion avisé, et à l’exclusion des émotions.

Les émotions sont l’ennemi héréditaire de l’investisseur, et du spéculateur.

Sous le joug des émotions, et des incertitudes naissent des arbitrages hasardeux.

Cela génère de la volatilité sur les marchés, et des mouvements de cours incompréhensibles.

Pour travailler sur les marchés et rester maître de ses émotions, il conviendrai donc de boire du café, mais attention, modérément, car, on considère que la masse de 10 grammes de caféine est une dose mortelle.

C’est tout de même une centaine de tasses à boire consécutivement.

A priori, la cafetière devrait craquer avant vous !

En fait, il faut en user sans en abuser.

Pour en optimiser la consommation, vous devez garder en tête les points de repères suivant : 1 expresso contient environ 130 mg de caféine, 100 ml de thé contiennent 25 mg de caféine, 100 g de chocolat contiennent 65 mg de caféine, 100 ml de coca cola contiennent 12 mg de caféine.

Il faut aussi que vous reteniez que les effets toxiques et violent (insomnie, nervosité, visage rougis, troubles gastro-intestinaux) de la caféine sont perceptibles chez les sujets les plus sensibles dès la dose de 250 mg, et que cela représente deux expressos.

Des effets indésirables apparaissent à partir de la consommation en continu d’un gramme de caféine par jour chez la plupart des buveurs, ce qui résulte de l’ingestion d’une petite dizaine de tasses de café noir.

La caféine parvient au cerveau dès la 5e minute suivant l’ingestion.

Elle atteint son effet maximum en moins d’une heure, et ses effets peuvent perdurer jusqu’à 4 heures.

Alors, pour sur-performer votre indice de référence, il va falloir vous y mettre.

Le café est donc probablement un des nombreux facteurs à prendre en compte pour piloter correctement votre efficacité financière opérationnelle.

Si le café vous répugne, pensez bien que vous pouvez tenter le thé.

Mais n’oubliez pas non plus que le thé est au café, ce que le diesel est à l’essence … un truc qui fonctionne bien tout en étant plus mou.

Cependant, attention, le produit café n’est pas miraculeux car lorsque vous perdrez en bourse, que le moral baissera, que la confiance vous quittera, et que la déprime vous cernera, souvenez-vous de la pensée du poète Jules Renard : « Le café reflète aussi mes idées noires ! ».

J’ajouterai cette remarque personnelle : « Et que le thé reflète mes nuits blanches ! ».

Christophe Gautheron

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