
Lorsque nous souhaitons investir dans la tech, nous pensons souvent à une exposition sur les actions américaines et taïwanaises. Pourtant, un pays asiatique mérite que les investisseurs s'y intéressent de près. Il s'agit de la Corée du Sud, considéré comme un terrain propice pour des investissements dans l'écosystème de l'IA. Le pays du matin calme jouit d'un modèle économique intégré grâce à une infrastructure numérique déjà en place et un soutien inconditionné des pouvoirs publics dans la politique industrielle. Pour les investisseurs avisés, vous aurez affaire à un marché alliant la solidité d'une économie mature et une réactivité à être cœur des mégatendances de demain, portée par une société ultra-digitalisée n'ayant d'équivalent en Occident.
La Corée du Sud parvient à se démarquer par l'association entre un tissu industriel solidement ancré et les disruptions technologiques, qui elles-mêmes, profitent au premier. Les chaebols (conglomérats industriels familiaux), longtemps critiqués par leur conservatisme et leur opacité, ont su déclencher leur transition vers des niches porteuses : les semi-conducteurs, les mémoires et l'IA. Dans le même temps, de nouvelles licornes se sont développées, avec le soutien des pouvoirs publics et d'une population hyper connectée.
Dans cet article, nous allons décortiquer la pertinence d'investir en Corée du Sud dans la perspective d'une diversification géographique d'un portefeuille, ainsi que les entreprises phares pour capter une croissance qui n'a rien à envier à celle des pays occidentaux.
Pourquoi investir dans ce pays avide de technologies ?
La Corée du Sud est redoutablement douée par son aptitude à générer et utiliser les données à une vitesse folle. C'est l'endroit où le taux pénétration mobile demeure le plus élevé au monde, ce qui permet de développer des business de niche à moindre coût. Cet avantage compétitif de fond constitue un booster pour l'IA. Les entreprises sud-coréennes ne se résument pas à la fabrication de semi-conducteurs ou l'usage d'un logiciel. Elles entraînent des modèles d'IA pour des usages réels dans des secteurs tels que la robotique, la logistique, les fintechs, ou encore l'automobile.
En outre, l'IA est un enjeu stratégique pour le gouvernement sud-coréen dans un contexte de souveraineté. Contrairement à l'Europe qui doit avoir le consentement de plusieurs États pour voter un budget, les dépenses publiques au pays du Matin calme, certes gigantesques, sont fléchées vers la recherche et développement, ainsi que les infrastructures cloud. Cet environnement normatif idéal favorise la capacité des acteurs locaux à innover tout en ayant une visibilité réglementaire. D'un point de vue des investisseurs étrangers, nul doute que cela signifie une possibilité de réaliser des affaires de manière à entrevoir des perspectives de croissance prévisibles, surtout dans un pays proche de zones de conflit géopolitique.
Point sur les i, le soutien de la puissance publique n'entache pas la marche en avant de leurs entreprises phares. Ces dernières restent attachées à une discipline financière : bilan solide, politique de dividende attractif. Ce qui contraste avec la chute chronique des jeunes pépites occidentales de l'IA.
Les entreprises phares pour profiter de cette croissance liée à l'IA
Il est inutile de vous présenter Samsung Electronics, l'un des fleurons incontournables du pays. L'entreprise représente bien que le marché des smartphones et de l'électroménager. En effet, Samsung opère à grande échelle dans les mémoires à large bande passante, les puces spécifiques à l'IA, les solutions Edge embarquée, ainsi que dans la mobilité connectée. De plus, sa filiale Samsung SDS met en avant à ses clients des solutions de transformation numérique agrémentées par l'IA intégrée et l'analyse des données. Ce pivot stratégique apporte un nouvel élan tant sur le plan opérationnel que financier.
SK Hynix, souvent dans l'ombre de Samsung Electronics, joue un rôle critique dans la chaîne de valeur mondiale de l'IA. Ses mémoires sont utilisées pour fonctionner les modèles de langage. Conscient que la demande de ces composants continue d'être poussée à la hausse et l'offre reste restreinte, SK Hynix dispose d'un pouvoir de fixation des prix qu'elle peut utiliser à son avantage pour augmenter ses marges.
Enfin, dans le registre des logiciels, Naver, régulièrement considérée comme le Google coréen, tire discrètement son épingle du jeu dans le développement de ses modèles de langages en coréen et japonais, avec des applications terre à terre dans le commerce en ligne et la recherche sémantique. L'entreprise tente d'imposer ses services à travers des filiales installées en Asie du Sud-Est.
En conclusion, la Corée du Sud constitue une opportunité d'investissement complémentaire à la tech américaine. Le fait d'être un pays ultra-connecté, favorise l'accélération de l'écosystème de l'IA. D'autant que les infrastructures sont quasiment en place, à l'inverse des États-Unis. Cela étant, des fausses notes peuvent freiner les ardeurs des investissements. Non seulement, la Corée du Sud reste sous la menace existentielle d'un pays qui possède l'arme nucléaire, proche de ses frontières. Mais de plus, les entreprises du pays du Matin calme doivent se frotter en permanence à la concurrence chinoise, japonaise et taïwanaise.