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Philippe Waechter : la question de l'union bancaire est déterminante

Par Traders mag

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Philippe Waechter, directeur des études économiques de Natixis AM, revient sur les évènements majeurs de l’année 2012 et nous donne sa vision pour les marchés à venir. Un interview réalisé par les équipes du magazine Traders.

Quels ont été les évènements 2012 qui vous ont semblé les plus marquants?

Tout d’abord, l’évènement le plus marquant de l’année 2012 a été les propos de Mario Draghi, président de la BCE, sur lesquels nous revenons régulièrement, mais il s’agit d’un élément essentiel. Lorsqu’il parle de l’irréversibilité de la zone euro (le 26 juillet à Londres), il dit en fait qu’il n’y aura pas d’éclatement de la zone euro. Cela réduit du coup fortement la perception du risque sur la zone. Les répercussions ne sont pas uniquement limitées à la zone euro. En effet, on a pu voir que les investisseurs du monde entier étaient très attentifs à ce qu’il se passait sur cette zone.

L'autre élément marquant de cette année a été le risque de voir l'économie chinoise décrocher. On a assisté à un ralentissement de l’économie chinoise avant l’été, ce qui a entrainé la crainte de voir une rupture ce qui aurait eu des conséquences négatives majeures sur l'économie globale. Mais la banque centrale chinoise a fait le nécessaire pour que cela ne se produise pas, ce qui a soulagé les marchés.

En effet, les chinois qui portaient l’économie globale depuis des années n’allaient pas la tirer vers le bas et l’emmener en récession. La combinaison de ces facteurs a permis aux actifs de se redresser sur la deuxième partie de l’année.

Vous pensez donc que la crise européenne est derrière nous ?

Il y a deux éléments à prendre en compte. Tout d’abord, la question de la construction de la zone euro. Cette problématique est en cours de résolution, avec l'ensemble des institutions mises en place depuis l'été (Traité, MES, rôle de la BCE) mais il reste le problème de l’union bancaire à régler pour que le cadre institutionnel soit perçu comme stable et pérenne.

Ce cadre permettra de réduire l'incertitude quant à l'existence et la durabilité de la zone Euro. Le risque associé à la mise en place de l'Union Bancaire pourrait être un petit peu plus compliqué que ce que l’on pouvait espérer. Cette union bancaire est la source de fortes tensions entre la France et l’Allemagne.

Quand on observe les institutions européennes on constate que tout a été mis en place et que seul réside un point de discussion sur l’union bancaire. Il y a un véritable bras de fer entre les deux pays où les structures bancaires sont extrêmement différentes ce qui implique des efforts qui ne sont pas de même nature. Tout a été mis en place pour que l’union bancaire fonctionne au 1er mars 2014, mais cette échéance étant lointaine, il y aura encore certainement de nouvelles tensions. Cela se traduit sur les marchés par un attentisme des investisseurs, qui ne savent pas trop comment tout va se régler.

L’autre question sur l’Europe est celle de la croissance. Depuis le printemps 2011, l’activité en Europe s’infléchit. Aujourd’hui, nous n’avons pas l’impression que les choses vont changer. Ce que l’on peut dire c’est que l’euro va rester la monnaie de la zone euro quoi qu’il arrive, en revanche sur la question de la croissance, l’Europe n’a pas encore trouvé de solution.

A mon avis, la crise de la zone euro n’est pas encore terminée, nous sommes à mi-chemin. En effet, les européens ont souvent bénéficié d’un environnement international porteur pour s’intégrer dans une dynamique globale. Aujourd’hui, ce ne peut plus être le cas. Que ce soit la Chine ou les Etats- Unis, la croissance reste faible. Les européens vont donc devoir trouver des relais de croissance par eux mêmes, faire des efforts structurels pour redonner de la productivité à l’économie européenne.

Malgré ce contexte économique très incertain, les indices européens ont tout de même terminé l’année sur une belle note haussière. Quelle conséquence en tirer ?

Si l’on observe les marchés, on remarque que dans le couple rendement/risque l’accent a été fortement mis sur le risque. Au printemps dernier, les marchés étaient très bas, sous-évalués, souffrant d’une grande morosité, car les investisseurs se demandaient comment allait fonctionner la zone euro.

Une partie du chemin a été parcouru, avec un risque plus faible. Toutefois, les investisseurs vont davantage regarder les fondamentaux, les résultats d’entreprises... Je ne pense pas que l’on puisse faire perdurer les performances des marchés actions de la fin d’année 2012 sur 2013.

Quelles sont vos perspectives pour 2013 concernant les marchés actions ?

Je ne suis pas pessimiste. Il n’y a pas de rupture à attendre sur les marchés, ce qui est plutôt un facteur rassurant. Mais je ne crois pas à une dynamique similaire à celle de la deuxième partie de 2012. La réduction de l'aversion au risque est déjà derrière nous.

Quels actifs privilégier ?

Il y a des opportunités sur les dettes d’Etats, notamment l’Espagne ou l’Italie pour lesquels il y aura probablement des interventions de la BCE. Une telle hypothèse pourrait favoriser ces dettes d’Etats. En France et en Allemagne, les taux d’intérêt ne devraient pas beaucoup baisser. Compte tenu de l’absence de perspectives immédiates robustes, il peut être intéressant de jouer la volatilité et la gestion des risques. Il pourrait y avoir des opportunités plus marquées pour investir.


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