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Présidentielle: Le marché ne parie pas sur un scénario catastrophe

Par La rédaction

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La tension est perceptible sur le marché mais il n’y a pas de panique. Entre le 1er avril et aujourd’hui, le VCAC (qui mesure la volatilité du CAC 40) est passé de 16% à 27% mais reste toujours nettement inférieur à son point haut de 2016 (40% atteint début février). En outre, le spread de la France est certes à un niveau élevé par rapport aux précédents mois mais s’est stabilisé ces dernières semaines autour de 70 points de base.

Signe que la France reste encore très attractive et que la confiance demeure : le pays a emprunté hier sur le marché à trois ans pour un taux négatif.

Historiquement, le CAC 40 évolue peu en fonction de l’élection présidentielle. La seule exception fut en 1981 lorsque l’indice parisien avait chuté de près de 20% entre le premier tour et trente jours suivant le scrutin car les investisseurs craignaient que « les chars soviétiques ne paradent sur les Champs Elysées ». Etant donné la faible probabilité d’une victoire de Marine Le Pen du fait du front républicain, on peut anticiper qu’une telle chute ne va pas se reproduire cette année.

On observe une nette divergence d’appréciation de la situation politique française entre les investisseurs anglo-saxons et les autres investisseurs étrangers. Les premiers, souvent par méconnaissance du système électoral (scrutin à deux tours, existence du Front républicain) et du fait du traumatisme lié au Brexit et à la victoire inattendue de Trump, perçoivent l’élection française comme étant à risque très élevé. A l’inverse, les autres investisseurs étrangers sont plutôt confiants sur l’issue du scrutin et considèrent de plus en plus que le risque est surestimé.

L’effet Le Pen, à savoir la qualification pour le second tour de la candidate du FN, est déjà bien « pricé » dans les prix du marché. Pour que le marché réagisse beaucoup lundi matin à l’ouverture, il faudrait que Marine Le Pen fasse un score nettement supérieur à celui prévu par les sondages (au-delà de 25%) ou qu’elle ne parvienne pas à se qualifier (ce qui validerait le scénario d’un second tour Macron / Fillon). Dans le premier cas, l’aversion au risque favoriserait un repli vers les valeurs refuge et une chute des valeurs bancaires.

La stabilité de l’euro ces dernières semaines (du fait de l’excédent du compte courant, de la stabilisation de la politique monétaire, du retour de l’inflation…) laisse à penser que la monnaie unique est assez peu réceptive au risque politique français. Dans le second cas, un scrutin final opposant deux partis de gouvernement constituerait une normalisation du processus électoral et un rejet du populisme qui serait certainement favorable à un rebond mécanique du CAC 40 lundi, ce qui pourrait en particulier profiter aux valeurs bancaires. Le retard en termes de performance de l’indice parisien par rapport aux autres places financières européennes depuis le début de l’année pourrait alors être rapidement comblé.

Du fait d’un socle électoral fragile, une qualification pour le second tour de Jean Luc Mélenchon parait peu probable, tout comme l’est le cygne noir Mélenchon versus Le Pen. Il n’est pas jugé crédible par les marchés et encore moins par les sondeurs.

Christopher Dembik
Responsable de la recherche macroéconomique de Saxo Bank.


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