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Tu as de l’alpha ou t’as pas d’alpha ?

Par Samuel Rondot

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Sur le marché financier, l’alpha désigne la capacité d’un investisseur à faire mieux qu’un indice de référence.
C’est en fait le rêve de tout épargnant. Alors vous avez de l’alpha ou vous n’en avez pas ?

Il y a 2 ans un statisticien s’est prêté à une longue, très longue étude aux Etats-Unis.
Il a observé la performance de milliers de gérants de fond sur 10 ans, regroupés en catégorie. Son but, vérifier si les frais payés à ces gérants valaient la peine pour leur client.

Le résultat a fait beaucoup parler outre atlantique et pour cause.
Voici le tableau :

Résultat impossible pour les gérants de battre leurs indices de référence en tant que catégorie, parfois de très très loin. 2% d’écart chaque année pendant 10 ans, ça fait un gros paquet de performance qui manque au final.

Plus intéressant encore, le détail de l’étude a montré que seulement 1% des gérants a été capable de battre leurs indices de référence. 1% !!!

L’article a été repris partout, Financial Times, il a même fait la couverture du Wall Street Journal.
Personne n’a contesté les chiffres. Mais plusieurs voix se sont élevées pour dire qu’il y avait des cas particuliers, Warren Buffet par exemple. Mais c’était sans compter que dans le détail, sur les 5 dernières années, Warren Buffet a sous performé le SP (dividende réinvesti) 4 fois. Sur les 40 années précédentes ça ne lui était arrivé que 6 fois.
D’ailleurs fait incroyable, à 83 ans dans sa lettre aux actionnaires cette année là, le magicien explique que pour un Trust au nom de sa femme, il a acheté 10% en obligation court terme et 90% sur le tracker SP500 avec le moins de frais, et il recommande a tout le monde de choisir cette solution pour un investissement à long terme.

L’étude montre aussi que vu le très faible nombre de gérants performants, penser qu’on pourrait les sélectionner à l’avance est illusoire tellement ils sont rares.

Après avoir fait couler beaucoup d’encre sur ces fonds qui suivent des indices qui ont du justifier leurs frais auprès de leurs clients, l’histoire ne s’arrête pas là.

Maintenant que nous avons toutes les performances pour 2015 et qu’elles ont été auditées, le statisticien en question refait les gros titres. Et cette fois il est allé encore plus loin.
Au lieu d’étudier seulement les catégories de gérants aux USA, il a étudié les performances des fonds gérés avec un objectif dans les pays principaux.

Résultats :

Vous ne rêvez pas. Sur ces 10 catégories qui représentent des milliers de fond gérés, seul les italiens peuvent se targuer de battre l’indice de référence sur 10 ans. Plutôt marrant pour un peuple réputé pour son manque de rigueur, c’est peut être ça leur secret.

Par contre pour le reste du monde de la finance, honte sur eux.
La encore, dans le détail le résultat n’est pas rassurant. Comme pour l’étude US, moins de 1% de bons élèves. Parfois dans certaines catégories 2 bons élèves sur 2500 fonds étudiés.

En laissant de coté les performances quelques instants, comment peut-on expliquer une catastrophe généralisée comme celle là ?

Première évidence les frais. Gérer un fond ça coûte de l’argent. Ceux qui le font doivent gagner de l’argent, et ils vont facturer au fond, frais de gestion, parfois courtage et j’en passe. Résultat le fond part avec un handicap de départ que pas un gérant ne saura boucher. C’est factuel.

Deuxième fait indiscutable, chercher à battre l’indice n’a plus aucun sens. Il fut un temps ou la gestion était intelligente. Puis un beau jour on a enlevé tous ces pouvoirs au gérant. On lui a fait comprendre que s’il prenait trop de risque, à la fin de l’année en cas de raté, une trop grosse quantité de clients risquait de partir chez la concurrence. Il valait mieux en faire le minimum comme les copains et ne pas risquer cette honte.
Résultat, les gérants stars ont disparu des colonnes des journaux et un fond à la banque A est géré aussi bêtement que le fond à la banque B. Conséquence, des performances aussi affligeantes pour les uns et pour les autres.

Troisième fait certain : s’il y a plus de 10 ans, environ 5 à 10% des fonds parvenaient régulièrement à battre l’indice et que ça n’est plus le cas, soient les techniques de gestion ont empiré, soit le marché a changé, soit les deux.
Pour créer des stratégies de trading quasiment chaque jour depuis plus de 15 ans, je peux vous assurer que les marchés ont changer. J’en ai parlé souvent, le trading à haute fréquence a mis un joyeux bazar sur les cours. En balançant des millions d’ordres en quelques minutes dont une infime minorité est exécutée, le marché a changé c’est certain. Plus d’ordres veut dire plus de bruit, plus de bruit veut dire plus de hasard, plus de hasard veut dire plus difficile d’investir intelligemment. Ca l’est pour la catégorie des fonds « intelligents » CTA et fonds systématiques, alors ça l’est forcément encore plus pour les catégories plus passives.

Conséquence :
Parier aujourd’hui sur un gérant de fond qui est contraint par le suivi d’un indice revient à donner à manger gratos à ce gérant et accepter que l’on va faire moins bien que cet indice.
Et pourtant cette industrie représente aujourd’hui des centaines de milliards d’euros, de dollars, de yens sous gestion.
Un article sur la couverture du Wall Street Journal a ouvert la boite de pandore. On a vu immédiatement le pouvoir financier de toute une industrie lutter avec force contre des chiffres indiscutables. Après tout c’est de bonne guerre, c’est leur gagne pain.

Mais la conclusion est sans appel : si vous voulez investir en bourse, soit vous devez choisir des produits qui répliquent l’indice et qui coûtent le moins cher possible (trackers), soit vous devez vous tourner vers la gestion alternative ou le gérant est libre de faire ce qu’il pense intelligent pour arriver à un résultat.

Le plus drôle de cette histoire, c’est que depuis des années, on nous explique que ces fonds peuvent être achetés par n’importe qui car ils sont sans risque, en tout cas, sans risque lié au gérant.
Par contre si vous voulez vous aventurer dans le monde de la gestion alternative alors là, il vous faut être un investisseur qualifié, ça veut dire prouver une bonne culture financière et pouvoir investir au moins plusieurs centaines de milliers d’euros.
La régulation est bien faite vous ne trouvez pas ? Si vous voulez vous faire voler des frais de gestion pour un produit stérile, pas de soucis. Mais donner plus de chance à votre épargne, pas touche à moins d’être qualifié.

A propos de l'auteur : Je suis Samuel Rondot, le fondateur et directeur du trading d’AxioSystem. Depuis plus de vingt ans, mon métier et ma passion sont la modélisation des cours de bourse, c’est à dire la prévision de l’évolution des cours à l’aide des mathématiques. Au jour le jour, cela signifie que je développe des stratégies automatiques capables de surveiller les marchés financiers en temps réel et de passer des ordres en fonction de ces observations. Concrètement, je mets ces stratégies à disposition des particuliers qui cherchent à dynamiser leur épargne, mais qui n’ont pas forcément le temps ou les compétences pour faire du trading gagnant. Depuis début 2016, J’ai mis en place une solution extrêmement innovante et performante pour optimiser les capacités de gain des stratégies automatiques, tout en limitant les risques. Cette solution s’appelle AxioBot et je vous invite à la découvrir sur le site d’AxioSystem.


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