L'Actionnaire, l'entreprise et le temps. Long ou très bref ?
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L'Actionnaire, l'entreprise et le temps. Long ou très bref ?

Combien de temps faut-il détenir les actions d'une société pour encaisser le juste résultat du risque pris ?

En 1960, l'appropriation moyenne des actions cotées, variait enter huit et dix ans. Aujourd'hui, elle varie entre une nano seconde et quatre mois.

Or, le capital d'une entreprise est censé permettre à cette entreprise de se développer, de créer de nouveaux produits, de les vendre, de faire des bénéfices qui permettent de payer les rémunérations des employés, la recherche et les dividendes des actionnaires.

L'entreprise a besoin de temps pour réaliser ses buts.

Doit-elle être uniquement attachée à la satisfaction de ses actionnaires/propriétaires, ou doit-elle se comporter comme une entité indépendante, servant les besoins du marché humain et pas uniquement des marchés financiers.

Si l'on voulait cerner au plus près le débat qui agite aujourd'hui la sphère/monde, une question se pose. La satisfaction légitime de l'actionnaire qui a mis de l'argent dans une société, est-elle mieux servie par des va-et-vient incessants à la recherche du micro-bénéfice instantané et accumulé.

Ou bien, l'actionnaire a t-il bien plus de profit à investir chez Apple, chez Amazon, chez Google, pour ne citer que ceux là, et d'attendre plusieurs années si besoin est, pour toucher des plus-values phénoménales de son risque ?

De la même façon, est-il préférable de serrer tous les coûts de l'entreprise pour un bénéfice le plus rapide possible, ou bien d'investir dans le développement sans trop compter ce qui dépasse ? Et sans toucher de dividendes, même si l'entreprise va très bien.

L'un des géants mondiaux, Unilever, anglais et hollandais, coté sur plusieurs places financières internationales est en train de donner une réponse à ces interrogations.

Son Président, Monsieur Polman, refuse de considérer que l'accroissement de la richesse des actionnaires et les dividendes versés, sont primordiaux dans l'entreprise.

Polman s'oppose aux primes trop élevées, versées aux dirigeants. Il privilégie le personnel de la société, son encouragement financier. Il s'attache à faire en sorte que le client, l'acheteur des produits Unilever soit satisfait. Il critique les théories managériales qui prônent le profit, le profit et le profit.

Bref, il retourne au capitalisme pur et dur qui privilégie le temps, qui rémunère la patience, et qui lutte contre la frénésie des acheteurs-vendeurs, à découvert, en dérivation, en une nanoseconde.

En plus des groupes technologiques que j'ai déjà cités, IBM, Toyota, L'Oréal, l'Air Liquide, montrent que c'est possible et placent le devenir de l'entreprise au dessus du profit immédiat distribué aux investisseurs-actionnaires.

Cette sagesse fait à l'évidence débat. Et ce débat est furieux.

En ces temps de crise, de dette, je penche personnellement pour le camp de Monsieur Polman.

 

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A propos de l'auteur et du blog

Président de la Fondation Finance Michel Gabrysiak a participé à la consolidation des marchés financiers européens. Il a assisté à la naissance de la "face obscure " de la finance -par opposition avec les banques et les assurances régulées. Il a vu naître la crise financière.

Journaliste, présentateur et producteur de télévision il a, entre autres, été à l'origine d'un jeu du budget familial en France et a présenté, sur CNBC un "talk show" hebdomadaire avec les dirigeants financiers, économiques et politiques du monde entier.

Ce blog s'interroge sur les bénéfices du capitalisme démocratique. Sont ils destinés à tous, a sortir les pauvres de leur précarité, a élever le niveau de vie des classes moyennes ou sont ils réservés à une petite minorité d'oligarques et d'opérateurs financiers?

Vos opinions et propositions sont les bienvenues.

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