Les banques vont bien, l'euro aussi. Pour combien de temps ?
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Les banques vont bien, l'euro aussi. Pour combien de temps ?

Les banques tant décriées, vouées aux gémonies, piétinées, se portent comme un charme. La BNP a pris 47%, la Deutsche 58% l'italienne Unicredit et l'espagnole Santander 47%.

Les indices emboitent le pas, l'Euro Stoxx plus 18%, les bourses italienne, espagnole, grecque nagent dans les plus plus plus.

Quelqu'un vient de dire la crise de l'euro est finie.

Ce quelqu'un n'est pas n'importe qui puisque il s'agit du Président Hollande. Beaucoup se sont gaussés. Ils ont tort. Les apparences de la fin de crise sont bien là.

Depuis que Mario Draghi a affirmé haut et fort que la Banque centrale européenne ne laisserait pas tomber l'euro, tout le monde chante en choeur. Alleluia et Hosanna.

Super Mario parle et tous suivent. Ils veulent croire que c'est fini. Hélas pas vraiment. La congratulation sans action ne résout rien.

Le Gouverneur de la BCE affirme le soutien de la banque, à condition que les Etats européens reforment et cessent de dépenser plus qu'ils ne gagnent. Ce n'est pas le cas. Profitant du parapluie européen ils poursuivent leurs emprunts.

A condition aussi que les couts de production et de l'Etat diminuent. Et ce n'est pas le cas. Voir le débat surréaliste en France sur les prélevements obligatoires : 70%, de coût du travail.

On est en train de décliner à toutes les sauces le mot compétitivité, sans rien dedans. Les Etats du sud européen y compris la France consacrent beaucoup trop de ressources à l'Etat, sous toutes se formes, nationale, locale.

Ces ressources manquent à l'entreprise. Du coup le pays est poussif et non pas un étalon qui caracole.

L'Allemagne a réduit ses couts, diminué le poids de l'Etat, aménagé les charges des entreprises en les transférant sur la TVA sociale. Et ça marche!

Si ces réformes de la fiscalité et des charges sociales ne sont pas réelles, si donc on continue allègrement à vivre à crédit, l'effet Draghi va disparaitre aussi vite qu'il est apparu. Les craintes vont succéder à l'optimisme béat. Et la crise va recommencer de plus belle.

Elle sera pire. Car nous ne créons pas d'emplois, seul remède efficace pour en sortir. Sinon la consommation stagne et les affaires aussi.

 

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A propos de l'auteur et du blog

Président de la Fondation Finance Michel Gabrysiak a participé à la consolidation des marchés financiers européens. Il a assisté à la naissance de la "face obscure " de la finance -par opposition avec les banques et les assurances régulées. Il a vu naître la crise financière.

Journaliste, présentateur et producteur de télévision il a, entre autres, été à l'origine d'un jeu du budget familial en France et a présenté, sur CNBC un "talk show" hebdomadaire avec les dirigeants financiers, économiques et politiques du monde entier.

Ce blog s'interroge sur les bénéfices du capitalisme démocratique. Sont ils destinés à tous, a sortir les pauvres de leur précarité, a élever le niveau de vie des classes moyennes ou sont ils réservés à une petite minorité d'oligarques et d'opérateurs financiers?

Vos opinions et propositions sont les bienvenues.

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