Séparer les activités de détail, des activités d'investissement dans toutes les institutions financieres
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Séparer les activités de détail, des activités d'investissement dans toutes les institutions financieres

Rien ne change, tout se répète. Ce n'est pas de la philosophie de café de commerce. Mais la constatation que les semaines passent et les scandales, phénomènes, aléas financiers se répètent avec une régularité d'horloge suisse. Légère, mais fructueuse manipulation du Libor en 2008 déjà: avertissements, murmures, soupçons et puis rien. Et voici que cela resurgit de nouveau en format XXL. Surprise et indignation feinte générales.

Construction d'un casino flambant neuf du style Las Vegas ou Macao pour y jouer non pas avec son argent, ce qui après tout n'est pas répréhensible, mais avec celui de ses clients. Tout au long des années récentes la majeure partie des "shadow banks" et quelques vraies banques l'ont fait systématiquement. Absence de couverture du risque pris. Elle est quasi universelle. D'autant plus lorsque les sous des clients de détail servent de garantie.

Je pourrais continuer ainsi mais ce n'est pas la peine. On le sait.

D'où ma surprise devant la surprise indignée des dirigeants politiques et des régulateurs. Il a fallu les exagérations de rémunération de M Diamond de Barclays, en plus de ses mirobolades, pour que le gouverneur de la Banque d'Angleterre, qui est sur le départ, prenne enfin des sanctions. 350 millions de Livres. C'est beaucoup. Mais si peu au regard des gains sur un Libor légèrement dévié depuis des années. Aux Etas Unis voila qu'on attrape un fonds d'investissement  pour des broutilles.

En Europe pour l'heure tout le monde est vertueux. Tant mieux. Pourvu que cela dure!

Ces écarts de conduite à répétition signifient que les règlementations ne sont pas assez précises et surtout ne sont pas bien appliquées. Le gendarme peut constater mais s'il n'a pas une troupe solide à ses cotés, il ne fait que parler dans le désert. Le pouvoir politique est seul à même de créer, voter des lois et de les faire appliquer.

Or il me semble bien que ce pouvoir là est mou, cède trop souvent aux pressions de la masse d'argent considérable qui circule. Il est vrai que le politique dépend de plus en plus de la dette et donc de la finance, toutes institutions confondues, et pas toujours les plus claires. Le pouvoir politique parait ligoté. Et ce ne sont pas les postures prises un peu partout, en Europe ou aux Etats Unis,  qui y changent quelque chose. Il est ligoté.

Que faire? Avancer non pas par des déclarations mais par une action précise et limitée. Par exemple Londres et Washington paraissent d'accord pour séparer les activités de détail des banques, des activité d'investissement. Les européens évitent de se prononcer. Ils ont tort.

Si cette spécialisation des banques était acquise,  les trois quarts des catastrophes seraient évitées. Faisons le.

 

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A propos de l'auteur et du blog

Président de la Fondation Finance Michel Gabrysiak a participé à la consolidation des marchés financiers européens. Il a assisté à la naissance de la "face obscure " de la finance -par opposition avec les banques et les assurances régulées. Il a vu naître la crise financière.

Journaliste, présentateur et producteur de télévision il a, entre autres, été à l'origine d'un jeu du budget familial en France et a présenté, sur CNBC un "talk show" hebdomadaire avec les dirigeants financiers, économiques et politiques du monde entier.

Ce blog s'interroge sur les bénéfices du capitalisme démocratique. Sont ils destinés à tous, a sortir les pauvres de leur précarité, a élever le niveau de vie des classes moyennes ou sont ils réservés à une petite minorité d'oligarques et d'opérateurs financiers?

Vos opinions et propositions sont les bienvenues.

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