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un Krach boursier secoue la Chine



gars d'ain
15/04/2020 18:10:53
0

J'avais écrit sur cette file, y'a quelques temps qu'on avait vécu "Quand la Chine S'éveillera" et qu'on allait découvrir "Quand la Chine se couchera"...

Nous voilà rendu très près du pied du mur des lamentations économiques...

Le gros avantage, c'est que pour l'instant, la Chine peu d'endetter, elle a beaucoup de marge pour rattraper les cadors qui trustent les premières places.


La Chine sur le point d'annoncer une contraction économique historique


15/04/2020 | 11:56

LA CHINE SUR LE POINT D'ANNONCER UNE CONTRACTION ÉCONOMIQUE HISTORIQUE

La crise du coronavirus a probablement provoqué au premier trimestre la première contraction de l'économie chinoise depuis au moins 1992, ce qui met la pression sur les autorités de Pékin pour en faire davantage afin de limiter les effets de la pandémie sur la deuxième économie du monde.

Les analystes s'attendent à ce que les chiffres du produit intérieur brut (PIB) de la Chine sur les trois premiers mois de l'année, qui seront publiés vendredi, montrent une contraction de 6,5% sur un an, après une croissance de 6% au quatrième trimestre 2019, selon une enquête Reuters.


D'un trimestre sur l'autre, le PIB est attendu en repli de 9,9% sur la période janvier-mars, contre une croissance de 1,5% au trimestre précédent, selon cette même enquête.


Le PIB chinois se contracterait ainsi pour la première fois depuis 1992, année de l'introduction des statistiques officielles sur la croissance.


Le virus, qui s'est déclaré fin 2019 dans la province chinoise de Hubei avant de se propager au reste du monde, a mis à l'arrêt les usines, les transports et les commerces du pays.


Ces restrictions sont levées graduellement en Chine mais sont maintenant en place chez nombre de ses partenaires commerciaux, ce qui pèsera sur la demande extérieure et menace de freiner le redémarrage de l'économie chinoise, très dépendante de ses exportations.


"Il est difficile d'envisager une reprise rapide de l'économie chinoise étant donné l'impact de la pandémie mondiale", commente Wang Jun, chef économiste de la Zhongyuan Bank.


"La croissance économique dépendra également de la vigueur des politiques de soutien", ajoute-il. "La politique budgétaire jouera les premiers rôles tandis que la politique monétaire sera modestement expansionniste."


PRIORITÉ À LA RELANCE BUDGÉTAIRE

Les autorités chinoises ont déjà signalé leur intention d'augmenter les dépenses budgétaires afin de financer notamment de grands projets régionaux.

Sur le plan monétaire, la banque centrale chinoise a commencé à ajuster un certain nombre d'instruments et continuera de le faire mais n'ira pas aussi loin que la Réserve fédérale, qui n'a pas hésité à sortir l'artillerie lourde, a appris Reuters auprès de sources informées du processus de décision.

Dans cet état d'esprit, la Banque populaire de Chine (BPC) a annoncé mercredi qu'elle baissait un taux d'intérêt à moyen terme et réduisait le montant des réserves que les banques commerciales doivent détenir auprès d'elle.

Sur l'ensemble de 2020, la croissance chinoise pourrait ralentir à 2,5%, contre 6,1% en 2019, montre une enquête Reuters distincte.


Ce chiffre de 2,5% serait le plus faible depuis 1976, dernière année de la Révolution culturelle, qui a duré dix ans et a ravagé l'économie du pays.

Les chiffres du PIB chinois seront publiés vendredi à 02h00 GMT, en même temps que les statistiques de la production industrielle et des ventes au détail pour le mois de mars.

La production industrielle est attendue en repli de 7,3%, sur un an après -13,5% sur les deux premiers mois de l'année, et les ventes au détail pourraient avoir baissé de 10% (-20,5% en janvier et février), selon les analystes interrogés par Reuters.


(Avec Khushboo Mittal et Richa Rebello à Bangalore, version française Patrick Vignal, édité par Marc Angrand)

  
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gars d'ain
10/03/2020 23:58:46
0

L'effet papillon du coronavirus sur les domino économique est pour l'instant peu affiché, mais il va être redoutable.

Pour la Chine, c'est déjà la casa concernant les exportations pour ce début 2020


PEKIN (Reuters) - 08/03/2020 11:13►Chine : Les exportations se sont effondrées en janvier et février


Les exportations chinoises se sont effondrées au cours des deux premiers mois de l'année, la rapide propagation du nouveau coronavirus ayant considérablement entravé les activités des entreprises et les chaînes d'approvisionnement, montrent des statistiques publiées dimanche.

Les importations ont elles aussi diminué, mais moins que ce qu'anticipaient les analystes.


Ces données alimentent la crainte de voir la croissance chinoise divisée par deux au premier trimestre pour tomber à un niveau sans précédent depuis 1990.

Sur la période janvier-février, les exportations ont reculé de 17,2% par rapport à la même période l'année dernière, montrent les statistiques des douanes chinoises.


En moyenne, les analystes interrogés par Reuters anticipaient un recul de 14%.

La Chine a accumulé un déficit commercial de 7,09 milliards de dollars sur les deux premiers mois de l'année alors que le consensus tablait sur un excédent de 24,6 milliards de dollars.


  
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simcour
11/09/2019 07:12:10
0

@Luncyan Tout le monde n'a pas sa base là-bas vu qu'il y a une centaines d'États reconnu par l'ONU dont certains d'entre-eux n'ont pas d'armées sans oublier les États qui le sont de facto qui ne sont pas reconnus par l'ONU.

Par contre il est vrai que ce pays est probablement le seul au monde avec autant de bases militaires de pays différents.


@Dubaisan Les Allemands et Espagnols n'ont pas de base à Djibouti mais ont des contingents sur les sites Français.


@mika57 S'espionner entre voisins a toujours existé. S'espionner entre États aussi.

Il est un secret de polichinelle que tout les États s'espionnent entre-eux y compris pour ceux qui sont allié au plan militaire.

Par contre les États sont inégalitaires parce que tous n'ont pas les même ressources humaines , techniques , financières et logistique pour pouvoir s'espionner entre-eux et ils n'ont pas tous les même objectifs.


Certains dépendent d'autres pays ou / et d'entreprises privés partiellement ou totalement pour certaines activités de renseignement.

Il y a par exemple des États n'étant pas doué en piratage informatique qui font appel à des entreprises privés ou d'autres États pour surveiller leurs opposants politiques en exil.

Il y a des États voulant surveiller tel groupe ou tel individu dans un État où ils ont très peu d'agents pouvant agir pour une surveillance physique voir aucun et ils peuvent faire appel à des entreprises privés ou d'autres États.

Pays A peut aussi faire appel à un autre État (Pays B) même si il a suffisamment d'agents sur place si pays B est un pays pouvant être intéressée par le groupe ou individu dont pays A demande la surveillance ou qu'il veut bien rendre un service à Pays A espérant quelque chose en retour.

Beaucoup de renseignements qu'un État reçoit viennent de d'autres États. Le renseignement est une monnaie d'échange.

  
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Luncyan
10/09/2019 19:31:25
3

Faut arrêter de publier dans ce fil. J'ai à chaque fois l'impression que la chine se tape un krack boursier

  
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gars d'ain
10/09/2019 19:28:13
0

Manoeuvres diplomatiques

Relooking, pommade, pansements et tisanes économiques au menu....

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Tensions commerciales USA-Chine : les Européens doivent être du bon côté de l'Histoire (ambassadeur chinois)

Actualité AFP publiée le 10/09/19 18:34

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Face aux tensions commerciales USA-Chine, les pays européens doivent se positionner du bon côté de l'Histoire en choisissant, comme la Chine, de défendre le multilatéralisme, estime dans un entretien en français avec l'AFP le nouvel ambassadeur de Chine en France, M. Lu Shaye.


QUESTION : Dans la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis, comment pensez-vous que doivent se positionner les pays européens ?


RÉPONSE : La Chine reste du côté multilatéraliste, les États-Unis sont unilatéralistes : le président Donald Trump préconise "America first" et je pense que les pays européens doivent se tenir du côté correct de l'Histoire, doivent préserver, défendre aussi, le multilatéralisme. L'administration américaine croit pouvoir écraser la Chine avec les droits de douane, mais, un an après, la Chine n'est pas écrasée. Notre économie continue à augmenter, avec un taux de croissance de 6,3%. A l'inverse, les États-Unis ont connu des difficultés économiques.

La Chine ne fera pas les négociations seulement pour le plaisir de parvenir à un accord ; si cet accord est préjudiciable aux intérêts fondamentaux chinois, on le refusera.

Cette friction commerciale entre la Chine et les États-Unis affecte beaucoup les pays européens. Au premier semestre, l'Allemagne a connu une récession, légère. C'est un signal. Et, récemment, la chancelière allemande (Angela) Merkel a rendu une visite officielle en Chine avec une énorme délégation d'hommes d'affaires. Je pense que les pays européens doivent saisir l'opportunité offerte par la Chine et le marché chinois de plus en plus ouvert au reste du monde.


Q. Le président Macron doit se rendre en Chine début novembre pour la deuxième visite de son mandat. Qu'en attendez-vous ? Est-il exact que la Chine a menacé de suspendre sa coopération policière après les suites de l'affaire du dirigeant chinois d'Interpol arrêté en Chine ?


R. Le président Macron préconise bien le multilatéralisme et sur le plan international cela correspond à la vision chinoise. Donc je pense qu'entre la Chine et la France, nous avons de plus en plus de convergences et de moins en moins de divergences dans les affaires internationales.

Nos relations bilatérales ne sont pas quelque chose d'ordinaire. Elles ont été établies par nos anciens dirigeants, le président Mao Tsé-toung et le général de Gaulle. Ils avaient une vision stratégique de très long terme. 55 ans après, nous pouvons éprouver leur vision stratégique et je pense que leur vision de cette époque-là correspond bien à la situation d'aujourd'hui. Le président Macron et le président Xi Jinping ont des points de vue très similaires sur la situation internationale actuelle, sur les affaires, sur les points chauds actuels dans le monde.

D'après ce que je sais, la Chine n'a pas suspendu la coopération avec la France sur le plan de la coopération internationale et judiciaire. On continue à coopérer avec la France dans ce domaine et cela est propice, favorable aux deux côtés.


Q. Lors de sa visite en Chine la semaine dernière, Mme Merkel a appelé à la "garantie des droits et des libertés" à Hong Kong. Que pensez-vous du positionnement des pays occidentaux sur le sujet ?


R. Les pays occidentaux doivent observer objectivement la situation à Hong Kong. Vous ne devez pas soutenir la violence, les émeutiers.

Les émeutiers sont très minoritaires. La plupart de la population de Hong Kong ne veut pas voir la situation actuelle. Même les manifestants, tout au début, leur but authentique était de s'opposer à l'amendement de la loi de l'extradition, maintenant leur objectif est atteint, ils veulent revenir à la normale, au calme.

La situation à Hong Kong, au moins actuelle, n'a rien à voir avec la démocratie et la liberté parce que la population, depuis la rétrocession à la mère patrie en 1997, bénéficie de beaucoup plus de démocratie et de liberté qu'auparavant, que sous le régime colonialiste de la Grande-Bretagne. Pendant 156 ans de règne de la Grande-Bretagne, les Hongkongais n'avaient même pas le droit de descendre dans la rue pour faire une manifestation, les députés n'étaient pas élus, le gouverneur n'était pas élu.

  
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Dubaisan
27/06/2019 11:37:43
0

Business as usual

  
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mika57
27/06/2019 10:58:07
1

Cool, quoi de mieux pour s'espionner entre voisins !

  
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Dubaisan
27/06/2019 10:56:16
2

Bases militaires a Djibouti:

France, USA , Japon, Allemagne, Italie, Espagne et Chine.

Postulants: Russie, Arabie Saoudite,, Quatar.


  
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Luncyan
26/06/2019 16:57:05
2

A Djibouti ya plus de 4 pays qui y sont, tout le monde a sa base là bas lol

  
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mika57
26/06/2019 15:52:27
1

"En janvier, le Global Times étrennait cette nouvelle série avec un épisode consacré à la première base militaire chinoise à l’étranger, installée à Djibouti, dans la corne de l’Afrique"

Tiens donc ... Y a pas une base française dans cette ville par hasard ? Base où sont lancés les Rafales pour les actions en Syrie et Afrique Subsaharienne ?

  
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gars d'ain
26/06/2019 15:17:36
3

Global Times, l'organe de presse des autorités chinoises et aux ordres des autorités chinoises.

A ceux qui doutent encore que la liberté de presse existe en Chine....


Chine : Le «Global Times» table sur YouTube pour tacler l’Occident

Par Zhifan Liu, Correspondant à Pékin — 1 novembre 2018 à 20:46

https://www.liberation.fr/planete/2018/11/01/chine-le-global-times-table-sur-youtube-pour-tacler-l-occident_1689345

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Depuis janvier, le quotidien proche du Parti communiste publie des vidéos pour défendre la politique étrangère du pays face au traitement «biaisé» des Etats-Unis et de l’Europe. Un nouvel outil de soft power.


Chine Le «Global Times» table sur YouTube pour tacler l’Occident

Le ton est synthétique, froid. «Petite, je me suis toujours demandée pourquoi les frontières des Etats africains avaient été tracées de façon si droite», lance une voix robotique qui fait office de journaliste dans la dernière vidéo du module «Les médias occidentaux démystifiés», réalisé par une petite équipe au sein du Global Times, quotidien chinois au format tabloïd. La «chroniqueuse» virtuelle répond à sa propre question : ces frontières «ont été créées par les Occidentaux au XIXe siècle pendant la colonisation de l’Afrique». Intitulée «Est-ce que l’aide chinoise en Afrique s’apparente à du néocolonialisme ?» la vidéo a été mise en ligne à la veille du sommet sino-africain à Pékin, début septembre, qui a vu la Chine promettre une nouvelle aide de 60 milliards de yuans (soit 7 milliards d’euros) au continent.


«Bâtir des écoles»

Ce clip est l’un des rares à avoir été traduit et sous-titré en anglais et publié sur YouTube et Twitter, deux plateformes interdites en Chine continentale. Réalisées par des «journalistes qui ont étudié à l’étranger», explique-t-on au quotidien Global Times, tout en refusant de révéler le budget alloué, ces vidéos sont clairement destinées à séduire une audience internationale, même si une version traduite avec sous-titres en mandarin est également publiée sur Weibo, le principal réseau social chinois. Au moyen de captures d’écran de sites d’information pour la plupart américains, le clip recense les critiques émanant de l’Occident au sujet de la présence chinoise sur le continent africain, allant des prêts alloués par Pékin aux menaces de surendettement en passant par le débat sur une possible forme de néocolonialisme en Afrique. «Beaucoup de pays africains ont déclaré leur indépendance après la Seconde Guerre mondiale. Et depuis, ils ont été abandonnés dans leur reconstruction. L’Afrique est vue comme un continent sans espoir par l’Occident», contre-attaque la voix de synthèse, accusant en substance les puissances occidentales d’hypocrisie et d’amnésie.

Le Global Times en profite pour égratigner Donald Trump, avec qui Pékin s’enlise depuis plusieurs mois dans une guerre commerciale, en reprenant une formule polémique du président des Etats-Unis. En janvier, évoquant l’accueil d’immigrés du Salvador, de Haïti ou encore de pays africains sur le sol américain, Trump avait demandé : «Pourquoi laissons-nous tous ces gens issus de pays de merde ["shithole countries"] venir ici ?» Dans le clip du Global Times, ce rappel est censé mettre en exergue la condescendance des Occidentaux envers l’Afrique. Alors que la Chine, elle, a permis de «bâtir des écoles», «moderniser le continent» et même «sauver quatre éléphants» ensevelis en Tanzanie, insiste le quotidien.


«Fan de Bruce Lee»

Quelques Africains sont aussi invités à donner leur avis sur les bienfaits de la présence chinoise, à l’occasion d’un micro-trottoir assez lunaire. «Vous ne verrez jamais un enfant qui a grandi ici qui ne soit pas fan de Bruce Lee ou Jackie Chan», déclare un premier intervenant, une manière subtile de montrer la diffusion du soft power chinois au sein de la jeunesse d’Afrique. «Ce n’est pas de la colonisation, c’est du business. Au XVIIIe et au XIXe siècle, les Européens sont arrivés dans l’Ouest de l’Afrique pour débuter une colonisation de façon bien brutale», témoigne un autre… qui reconnaît tout de même une forme de colonisation par la Chine, même si elle est moins violente. La vidéo se conclut par une injonction directement destinée à l’Ouest : «Les Occidentaux peuvent ignorer les conditions de vie des Africains, et leur souffrance, mais quand d’autres essaient de rendre de l’espérance à ce continent sans espoir, ne spéculez pas de manière malveillante sur leurs intentions !»


En janvier, le Global Times étrennait cette nouvelle série avec un épisode consacré à la première base militaire chinoise à l’étranger, installée à Djibouti, dans la corne de l’Afrique. La description de la vidéo sur YouTube annonçait la couleur : «Les médias occidentaux sont tellement doués pour salir la Chine. Prenons leur point de vue sur la première base militaire chinoise à Djibouti comme exemple.» La deuxième est intitulée : «L’idéologie chinoise est-elle en train d’infiltrer l’Occident ?» Et d’évoquer les téléphones Huawei - le géant chinois de la téléphonie a été écarté du marché de la 5G par l’Australie pour des raisons de sécurité nationale ainsi que par l’Inde, le grand rival régional - ou encore les Instituts Confucius, ces centres culturels installés à l’étranger, accusés par les médias occidentaux de diffuser la propagande du Parti communiste chinois (PCC). Autant de thèmes jugés sensibles par Pékin, qui cherche à rétablir sa vérité. «Ces sujets nous ont été inspirés par la couverture injuste des médias occidentaux concernant la politique étrangère de la Chine», détaille le journaliste chinois en charge de ce nouveau module, qui tient à garder l’anonymat. D’autres n’hésiteraient pas à parler d’un retour de la propagande, sinon de fake news.


Au total, le quotidien affirme que ces vidéos cumuleraient environ 6 millions de vues, en majeure partie issues de la diffusion sur Weibo (170 000 vues pour celle sur l’aide chinoise en Afrique), alors que la moyenne de visionnage sur YouTube est de… 200 vues. «Le but du Global Times est probablement de décrédibiliser et attaquer Donald Trump, mais la confiance qu’a le monde occidental dans ce média est très infime, et cette campagne n’a qu’un impact très insignifiant», explique le chercheur Fu King-wa, du Centre d’étude des médias et du journalisme de l’université de Hongkong.


Créé en 1993, le Global Times est la propriété du Quotidien du peuple, principal organe de presse des autorités chinoises. Le tabloïd, spécialisé dans l’actualité internationale et bien connu pour ses éditoriaux va-t-en-guerre, a lancé une version en anglais en 2009, avec pour but de contrer l’idéologie des médias occidentaux. «L’objectif du Global Times, à l’origine, était de fournir une perspective chinoise, une forme de soft power plus que de la propagande», explique le journaliste britannique James Palmer, qui a côtoyé la rédaction pendant sept ans en tant que responsable éditorial. Un soft power que Pékin diffuse allègrement via les réseaux sociaux. L’un des porte-voix de la propagande chinoise est justement le rédacteur en chef du Global Times, Hu Xijin. Et bien qu’interdits, Twitter, Facebook ou Instagram restent très prisés par la presse chinoise qui ne lésine pas sur les vidéos de pandas pour montrer au monde une autre facette du pays.


«Durcissement»

Le journaliste américain Richard Burger, qui a rejoint le quotidien chinois quelques semaines avant le lancement de l’édition anglophone, ne se faisait pas d’illusions sur son employeur : «Evidemment, le Global Times est un journal du gouvernement avec une ligne très pro-Parti communiste.» Au fil du temps, son collègue britannique James Palmer a perçu un «durcissement» de la ligne éditoriale et a rencontré plus de limites dans son travail. Une évolution qui coïncide, selon lui, avec l’arrivée de Xi Jinping à la tête de l’Etat en 2013. «J’ai senti un changement à partir de 2012 [Xi a été désigné secrétaire général du PCC en novembre de cette année, ndlr]. Les articles étaient de plus en plus proches de ceux du Quotidien du peuple ou de l’agence de presse Xinhua», poursuit le journaliste, désormais employé au desk Asie de la revue américaine Foreign Policy.


Depuis son départ, il y a près de dix ans, Richard Burger observe lui aussi que le Global Times est encore plus aligné sur le Parti communiste et ne s’étonne pas du contenu du nouveau module vidéo : «Le Global Times a toujours pris la défense du gouvernement contre ce qu’il perçoit comme des préjugés négatifs de la part de l’Occident.» Du côté du quotidien chinois, on se défend de discréditer quoi que ce soit. «On apporte juste un point de vue nuancé», explique le journaliste anonyme, avant de poursuivre : «Pour ce qui est de la dernière séquence sur l’aide chinoise en Afrique, on explique ce que Pékin a apporté à l’Afrique et son évolution, un sujet délibérément négligé par les médias occidentaux.»


Le prochain et quatrième épisode de la série sera consacré aux nouvelles routes de la soie, projet «fondamental dans la volonté de la Chine de devenir une superpuissance globale», précise Richard Burger. Et loin d’échapper aux «critiques» venues de l’Occident.


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gars d'ain
26/06/2019 15:04:16
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Au sujet du journaliste James Palmer...


Courrier international : "Quand les journalistes se delocalisent"

https://www.courrierinternational.com/article/2012/02/09/quand-les-journalistes-se-delocalisent


Avant de critiquer l'homme, Dubaisan, tu auras pu au moins regarder qui c'était... C'est pas une vision occidentale, il y vit à Beijing tous les jours et il est donc bien placé pour en parler..


https://twitter.com/beijingpalmer


Je note encore : "Le journaliste James Palmer, du magazine Foreign Policy, en pleurs, quand il raconte le calvaire que rencontrent les musulmans #Uyghurs en #Chine et ce à quoi ils sont confrontés quand ils racontent aux médias étrangers la répression qu'ils subissent par les autorités."

https://www.youtube.com/watch?v=yQLliXOk1cM


Je veux bien être crétin des Alpes, mais faudra m'expliquer très clairement en quoi j'aurais tort. Dans tous les pays, y'en des tonnes, de gens sympas, mais souvent ce sont tes voisins, tes amis et pas les gens au pouvoir qui ont des visions bien différentes de la société...

  
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gars d'ain
26/06/2019 10:53:19
1

Je constate que les élements que tu nous livres ne contredisent en rien ce qui est écrit au dessus.


Moi, j'aime les éléments factuels. je t'en ai fourni. Tu veux nous laisser croire le contraire de ce que j'ai dit, et il n'y pas d'élements probant mis à part une attaque en règle de Palmer...


L'article te dérange aux entournures et alors ? pour l'instant, j'ai plutôt des raisons très objectives de poster ce que j'ai posté sur ce forum...


Un jour, mon prince viendra....


Personnelement, on parlait de "Le jour ou la Chine se réveillera..." : moi, j'en suis à "Le jour où la Chine se cassera la gueule et rentrera en récession3 et ça a toutes les chances d'arriver...

  
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Dubaisan
26/06/2019 09:52:40
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C'est sur que RSF ne fait pas partie des "Agences de Presse" invitee par le pouvoir chinois. On peut comprendre pourquoi....

Je viens de lire aussi rapidement l'article du sieur Palmer que tu as mis en "exemple" de ce qu'il convient de savoir sur la Chine.

Fantastique!!!

C'est remarquable pour quelqu'un qui affirme que "personne ne connait la Chine", qui commence chaque affirmation par: "nous ne savons pas" mais qui sait quand meme parfaitement pourquoi on ne la connait pas....Fabuleux...

Je veux juste dire apres la lecture de cet article, que je dois vivre probablement dans un autre pays que celui qui y est decrit. Franchement comique mais absolument effroyable.....

Et si c'est CA votre information en France, enfin celle que vous recherchez et a laquelle vous accordez tout votre credit, parcequ'il y a beaucoup d'autres sources d'info, alors rien ne m'etonne plus.

Autant vous laisser a vos croyances et vos chimeres....Mais un jour, la realite vous reviendra comme le boomerang en pleine figure !!!


Message complété le 26/06/2019 09:58:18 par son auteur.

Je disais dans mon post precedent que "l'ecart de culture et de maniere de penser" est tellement grand que les histoires d'investissement chinois en France se terminaient en general en eau de boudin.
Tu (et tu n'es pas le seul dans ce cas)confirmes bien ce postulat.

  
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gars d'ain
26/06/2019 08:16:50
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Non, c'est pas n'importe quoi... Dubaisan. Et je ne peux de te laisser infirmer des faits qui sont bien réels sous prétexte que tu habiterais. c'est pas une raison objective...


Et encore, comme tu pourras le voir concrètement au dessous dans ce post, c'est pas parce que tu y résides, que les autres n'auraient pas le droit d'exprimer une opinion qui est plus que fondé contrairement à ce que tu affirmes.


Les chiffres officiels publiées sont faux, c'est un secret de polichinelle...


Le président chinois a fait voter une loi une permet d' "embastiller les journaliste et en particulier les journalistes qui oseraient contredire les chiffres économiques publiés par l'Etat : c'est une réalité.

J'avais meme tenu à l'époque entre 2015 et 2016 ; un sujet ou je faisais un suivi de son nombre de jour de prison et il a été arrêté pour avoir provoquéé l'effondrement de l'indice CSS de la bourse de ShanghaÏ. 0 la suite de cela, il a été voté une loi autorisant les fonds de pension chinois à intervenir sur le marché en nrachat d'action pour soutenir la bourse. Tu vois, je ne raconte pas d'ânerie. Que ce qui est relaté ne te plaise pas et ne soit pas pour toi le vrai visage de Chine, soit... Mais comme tu le lireras dans l'article de slate : personne de connait la Chine, pas même le gouvernement...

L'entreprise citée a fait faillite : c'est aussi une réalité comme d'autres d'ailleurs dont on ne parle pas avec la croissance qui mollit fermement. La plupart des services de presse suivant la Chine s'accordent à dire que la croissance est nettement moindre qu'indiquée...

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17 janvier 2019

Chine: trois journalistes condamnés à de la prison ferme

Reporters sans frontières (RSF) appelle à la libération immédiate de Sun Lin, Zhen Jianghua et Ding Lingjie, trois journalistes que les autorités chinoises ont discrètement condamné en fin d’année dernière à des peines allant de 20 mois à quatre ans de prison ferme.

Le 25 décembre 2018, le tribunal populaire intermédiaire de Nanjing a condamné Sun Lin, un ancien collaborateur du site d'information américain en langue chinoise Boxun, à une peine de quatre ans d'emprisonnement pour « subversion du pouvoir de l'État ». Détenu depuis plus de deux ans, Sun n'est pas comparu devant le tribunal en raison de son « instabilité émotionnelle », ont indiqué les autorités.


Le 28 décembre, le journaliste-citoyen et défenseur de l’information libre Zhen Jianghua, directeur exécutif du site d’information Human Rights Campaign in China, a aussi été jugé à huis clos et condamné à deux ans de prison par le tribunal de Zhuhai (Guangdong), sous le même chef d'accusation. Arrêté en septembre 2017, Zhen était resté coupé du monde plus de six mois, détenu dans une “prison noire” sous le régime de « résidence surveillée dans un lieu désigné » (RSDL).


Le même jour, Ding Lingjie, collaboratrice du site d’information sur les droits humains Minsheng Guancha (Civic Rights and Livelihood Watch), a été condamnée à 20 mois de prison par le tribunal du district de Shijingshan (Pékin) pour avoir partagé sur les réseaux sociaux une vidéo satirique du président Xi Jinping après plus d’un an de détention provisoire.


« Cela devient une déplorable habitude : les autorités chinoises condamnent des défenseurs de l’information durant la “trêve des confiseurs”, espérant limiter l’attention de la presse et de l’opinion publique internationale » , dénonce Cédric Alviani, directeur du bureau Asie de l’Est de reporters sans frontières (RSF), qui appelle la communauté internationale « à accroître sa pression sur la Chine pour qu’elle libère tous les journalistes détenus dans ses geôles. »


Le 26 décembre 2017, le blogueur anti-corruption Wu Gan avait ainsi été condamné à huit ans de prison pour « subversion du pouvoir de l'État ». Le lauréat du prix RSF Liu Xiaobo, qui reçut plus tard le prix Nobel de la paix et qui est mort en 2017 suite à des défauts de soin en détention, avait également été condamné à 11 ans de prison le 25 décembre 2009.


La Chine est la plus grande prison du monde pour les journalistes, avec plus de 60 d’entre eux derrière les barreaux. Dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2018 publié par RSF, le pays stagne au 176e rang sur 180.


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Personne ne connaît vraiment la Chine. Pas même le gouvernement chinois.

James Palmer — Traduit par Yann Champion — 11 avril 2018 à 7h00

http://www.slate.fr/story/159949/personne-connait-chine

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C’est une remarque qui revient constamment de la part des Chinois lorsque l’on est étranger dans leur pays: «Vous ne connaissez pas la Chine!». Il s’agit généralement d’une réaction à chaud à un problème moderne un peu gênant ou d’une défense de l’un des nombreux mythes historiques qui sont ici enseignés aux enfants comme s’il s’agissait de faits indéniables sur le monde. Cela ne les empêche toutefois pas d’avoir raison sur un point: nous ne connaissons pas la Chine. Mais le fait est que les Chinois ne la connaissent pas non plus –pas même le gouvernement.

Nous ne connaissons pas la Chine parce que, d’une manière qui n’est généralement pas reconnue, l’immense majorité des informations qui nous parviennent au sujet du pays sont peu fiables, partielles ou déformées. En raison de l’immensité du pays, de la censure sans cesse croissante du régime et de la paranoïa omniprésente autour du partage des informations, nous ne pouvons plus connaître la Chine. Les données officielles sont régulièrement lissées, que ce soit pour servir la propagande officielle ou des ambitions individuelles de carrière. Cela vaut autant pour les Chinois que pour les étrangers. Il peut être parfois plus facile pour les Chinois d’avoir accès aux informations, mais le simple fait de chercher ces informations peut aussi parfois avoir un coût bien plus élevé.

Des données économiques et sociales douteuses

Nous ignorons, par exemple, les chiffres réels de la croissance du PIB. La croissance du PIB est depuis longtemps l’un des principaux critères permettant d’évaluer les carrières des officiels (par conséquent, les données sont faussées à tous les niveaux, vu que les personnes qui les rapportent ont tout intérêt à ce que les chiffres soient élevés). Si l’on additionne les chiffres du PIB émis par les provinces, le résultat est supérieur de 10% au chiffre finalement émis par le gouvernement national, qui est lui-même remanié à des fins politiques. Les gouvernements provinciaux l’ont de plus en plus admis ces dernières années, mais cela fait des décennies que ces trucages ont lieu. Nous ne connaissons pas l’étendue des prêts douteux, couramment cachés par les banques. Nous ne connaissons pas la composition de la plupart des actifs financiers chinois. Parfois, nous ignorons même les bonnes nouvelles de reprises, pour la simple et bonne raison que l’on nous avait caché les mauvaises nouvelles qui les avaient précédées. Nous ne connaissons pas le vrai coefficient de Gini de la Chine, qui mesure les inégalités économiques.

Pourtant, les données économiques sont, paradoxalement, sans doute plus fiables que la plupart des autres données, justement parce qu’une grande attention a été portée à leur manque de fiabilité. Le bureau national chinois des statistiques lui-même relevé à plusieurs reprises des cas de mauvais rapports de données, si bien qu’il tente désormais de rassembler lui-même directement les données provinciales. Il y a eu des nettoyages et des tentatives de rectifier les erreurs du passé, mais le côté de plus en plus idéologique et paranoïaque du parti d’État pourrait entraver ces efforts.

Mais notre ignorance s’étend bien au-delà de l’économie. Il suffit de prendre n’importe quel domaine en Chine pour découvrir que des informations publiques ont été déformées ou cachées. Adressez-vous aux autorités compétentes et, en privé, elles admettront généralement les pratiques les plus choquantes.

Nous ne connaissons pas la taille véritable de la population chinoise en raison de la réticence qu’a la population pour enregistrer un deuxième enfant, sans compter que cela avantage les bureaux du planning familial, peu enclins à admettre qu’ils ne sont pas parvenus à contrôler les naissances. Nous ignorons où se trouvent tous ces gens: les comtés ruraux se retrouvent encouragés à gonfler les chiffres de leur population afin de recevoir plus d’aides de la part des autorités des niveaux supérieurs, tandis que les districts des villes indiquent souvent des chiffres inférieurs à la réalité afin de rentrer dans le cadre du contrôle des naissances imposé par les autorités. Officiellement, la population de Pékin est de 21,7 millions d’habitants, mais il pourrait tout aussi bien s’élever en réalité à 30 ou 35 millions. Des dizaines (voire des centaines) de millions de migrants se trouvent officiellement dans la campagne, alors qu’en réalité, ils sont dans les villes (Enfin, peut-être. Nous ne connaissons pas l’étendue des récentes expulsions hivernales des pauvres des métropoles). Et nous ne savons pas si tous ces gens respirent un air propre ou boivent une eau saine, car les données environnementales sont pleines de trous.

Nous ne savons pas ce que pensent réellement les gens

Nous ne savons rien du fonctionnement des hautes sphères politiques chinoises. Tout au mieux pouvons-nous émettre (comme je l’ai fait) des suppositions informées. Nous ne connaissons pas la politique interne du Zhongnanhai, l’équivalent chinois du Kremlin. Les politiciens chinois ne sont pas vraiment du genre à écrire des mémoires où ils racontent tout et les journalistes chinois ne peuvent pas non plus écrire des essais fouillés sur le sujet. Nous ne savons pas si Xi Jinping a vraiment à cœur la richesse et la puissance de la Chine ou s’il ne pense qu’à lui.

Nous ne savons pas si les hauts responsables visés officiellement par les campagnes «anticorruption» étaient vraiment incroyablement corrompus, paresseux ou vils… ou s’ils n’étaient que des opposants politiques de Xi. Nous ne connaissons pas l’étendue des divisions au sein du parti communiste chinois, mais nous savons que leur existence est régulièrement condamnée (par Xi et ses partisans). Nous ne savons pas si les officiels qui ne tarissent pas d’éloges au sujet de Xi croient réellement ce qu’ils disent ou s’ils n’agissent que par peur et/ou calcul.

Nous ne savons pas ce que pensent réellement les gens. Nous ne savons pas si ceux qui sont interviewés soutiennent réellement le gouvernement ou s’ils ne font que fournir des réponses prudentes aux questions des étrangers pour éviter toute forme de répression politique. Nous ne savons pas pourquoi les Chinois affirment aux sondeurs qu’ils font plus confiance aux autres en Chine que dans tout autre pays du monde, alors qu’en pratique, la paranoïa autour des intentions des autres est tellement omniprésente que personne n’aide les personnes âgées dans la rue, de peur qu’il ne s’agisse d’escrocs, ou qu’il est possible de laisser un enfant comme le petit Wang Yue mourir sans aide après avoir été renversé par une voiture.


Nous ne connaissons pas le vrai budget de la défense. Nous ne savons pas dans quelles conditions vivent au quotidien les militaires chinois, car les restrictions entourant les informations relatives à l’armée sont encore plus strictes que pour les civils.

Nous ne connaissons pas le vrai niveau de l’enseignement en Chine, parce qu’une grande partie des statistiques fournies par le Program for International Student Assessment (PISA), qui avait placé la Chine à la première place du palmarès mondial, provenaient d’une étude menée sur un petit ensemble d’écoles d’élite à Shanghai. Dès que l’étude fut étendue, ne serait-ce qu’à Pékin (une autre métropole) et à deux provinces riches, les résultats chutèrent radicalement (le fait que le PISA ait accepté de se contenter cet échantillon limité témoigne de la crédulité et du bon vouloir de nombreuses ONG étrangères, notamment dans le domaine de l’éducation, lorsqu’il s’agit de la Chine. J’ai vu de nombreux éducateurs étrangers être victimes d’un potemkinisme flagrant, notamment en croyant que le lycée n°4 de Pékin –qui est, en quelque sorte, le Eton chinois– était un «établissement scolaire chinois typique»). Nous ne connaissons pas l’étendue du délabrement de l’éducation en milieu rural. Nous ne connaissons pas les vrais chiffres de l’alphabétisation, ne serait-ce que parce que le taux d’alphabétisation est mesuré selon des critères différents dans les villes et dans les campagnes (une astuce fréquemment utilisée pour de nombreuses données).

Nous ne connaissons pas les vrais chiffres de la criminalité, notamment dans les villes, où les taux officiel pourraient ne représenter que 2,5% du total. Nous ne connaissons pas le nombre de personnes tuées lors de l’insurrection ouïghoure du Xinjiang, au sujet de laquelle des fonctionnaires locaux «ont autant falsifié les chiffres que durant le Grand Bond en avant», pour reprendre les termes d’un expert gouvernemental sur le terrorisme. Et nous ne savons pas non plus combien de personnes sont actuellement retenues en «camps de rééducation» (soit dit en passant, nous ne savons pas non plus combien de personnes ont péri durant le Grand Bond en avant, entassés dans des fosses ou abandonnés dans des praires isolées: 16,5 millions, comme l’annoncent les chiffres officiels, ou 45 millions, comme l'estiment certains historiens?)

Nos sources d’information, qui n’ont jamais été très riches, se sont presque entièrement taries

Et s’ajoute à cela tout ce que nous ne savons pas que nous ignorons. Nous avons évoqué ce que nous savons ne pas connaître, mais il y aurait aussi du souci à se faire à propos de tout ce que nous n’avons pas conscience d’ignorer. À l’heure actuelle, nous sommes peut-être en train de passer à côté des futurs grands événements qui ébranleront ou transformeront la Chine et le monde. Les journalistes étrangers qui se rendent en Chine sont «assignés à résidence» dans quelques grandes villes, principalement Pékin, Shanghai et Shenzhen. Suivis et harcelés dès qu’ils voyagent dans d’autres endroits du pays, ils ont notamment beaucoup de mal à visiter les campagnes (à en croire les données démographiques officielles, Pékin et Shanghai, souvent représentées comme la norme de la Chine moderne, abritent moins de 4% de la population totale du pays). Mais la situation est encore pire pour les journalistes chinois: dans les années 2000, la possibilité, déjà limitée, de faire du journalisme d’investigation a quasiment été supprimée par des autorités déterminées à ce qu’il n’y ait d’autre son de cloche que celui du parti. La peur lie les langues: ceux qui autrefois donnaient leur nom parlent aujourd’hui de manière anonyme, et beaucoup n’ouvrent même plus la bouche.

Nos sources d’information, qui n’ont jamais été très riches, se sont presque entièrement taries ces dernières années en raison de la censure du régime, qui est de plus en plus stricte. Le réseau social Weibo, qui offrait autrefois une certaine fenêtre sur les plaintes et scandales agitant les provinces, est aujourd’hui largement censuré. Les groupes privés de WeChat, un service de messagerie très en vogue, le remplacèrent l’année dernière, mais ils furent à leur tour censurés.

Tout cela rend d’autant plus impressionnant le travail de ceux qui parviennent avec succès à déchiffrer les données économiques ou politiques importantes, à l’instar du remarquable chercheur Adrian Zenz. Et puisque le gouvernement ferme toutes les sources d’information qui ne sont pas sous son contrôle, nous ne pouvons que nous demander ce que les autorités savent vraiment. Les dirigeants locaux ont toujours exigé de recevoir une énorme quantité de données (avec des demandes du type: «Répertorier toutes les personnes qui assistent à des offices religieux dans votre district, et le lieu de rencontre»), mais le système a toujours falsifié les informations qui étaient renvoyées, même en interne, et il le fait sans doute encore plus à mesure que Xi établit une véritable dictature. Li Keqiang, le Premier ministre chinois de plus en plus insignifiant (à notre avis), s’est plaint, en 2007, auprès des diplomates américains qu’il lui était impossible de recevoir les données économiques de base sur la province qu’il dirigeait alors et qu’il devait envoyer discrètement des amis et collègues sur les routes pour collecter des données.

La solution du gouvernement pour remédier à ce problème consiste à se fier de plus en plus au big data, persuadé qu’en évitant de passer par les petits fonctionnaires, il pourra collecter les informations directement à la source. De très grosses sommes d’argent sont versées dans la collecte de données, notamment dans les efforts de prévision policière et de surveillance généralisée des dissidents. Le gouvernement impose aux entreprises chinoises, et aux entreprises étrangères présentes sur le territoire chinois, comme Apple, de consigner et de transmettre des données à grande échelle. Toutefois, même le big data est soumis à des distorsions systématiques, à des croyances erronées et à la plus ancienne règle du codage informatique: garbage in, garbage out (ce qui signifie que l’on obtient des résultats faux si les données entrées au départ sont mauvaises).

À LIRE AUSSI Le nouvel homme fort de la Chine vient d'être désigné, dans l'indifférence générale

Comme l’a expliqué l’économiste Josiah Stamp au sujet d’une autre puissance qui essayait de contrôler un vaste territoire par des moyens oppressifs: «Le gouvernement [de l’Inde britannique] aime beaucoup les statistiques. Il les collecte, les additionne, les élève à la puissance n, en extrait la racine cubique et en fait de merveilleux diagrammes. Mais il ne faut jamais oublier que chacun de ces nombres provient en premier lieu du chowkidar (gardien du village), qui met un peu ce que bon lui semble». La technologie permettra-t-elle au gouvernement chinois d’aujourd’hui de faire mieux? Ça encore, nous ne le savons pas.

.

Message complété le 26/06/2019 14:54:27 par son auteur.

Concernant Le Krack de 2015, hors Problèmes de données statisques fausses, il y' a comme points sous-jacents à la crise

• Elevation du niveau de vie et donc des salaires qui pèsent sur les entreprises
• Surconstruction immobilière : des villes nouvelles entières sont quasi vite
• Surendettement de municipalités, de villes, d'entreprise et d'individus
• Emprunt et vente des actions pour acheter des monnaies virtuelles comme le Bitcoins
• Problème de relatiuons "économiques avbec Hong Kong, Taïwan et Singapour ou les taxes ne sont pas les mêmes que l'on utilise comme plateformes de transit d'une partie de l'économie
• Suraménagement des villes petites et moyennes
• Niveau d'endettement catastrophiques de certaines personnes et entités juridiques
...

  
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Dubaisan
26/06/2019 02:37:09
0

Gars d'Ain,

C'est un peu n'importe quoi ton post et je ne peux que réagir:

Il te faudrait svp,séparer les faits de tes interprétations personnelles de ces mêmes faits, interprétations qui m'apparaissent comme non fondées.

Concernant les chiffres, il y a certes un ralentissement de l'activité depuis le début de l'année (encore que Juin remonte très fort en consommation intérieure, au moins dans mon domaine). Mais connaissant parfaitement le système - fiscal / douanes / social, les flux /région (investissements ect…) + des infos des CCI étrangères etc...- sur lequel sont fondés ces chiffres, je pense que les chiffres communiqués par l'Etat chinois reflètent assez correctement la réalité quotidienne. C'est aussi ce qui lui permet de réagir très vite face à de nouvelles contraintes. L'économie est véritablement pilotée ici.

Les histoires d'investissement chinois en France se terminent en général en eau de boudin tellement l'écart de culture et de manière de penser est grand. Sous les mêmes mots (en anglais très souvent) les 2 camps n'y mettent pas du tout la même chose, et puis il y a l'Etat français avec sa cohorte de règles et lois incompréhensibles (déjà pour la majorité des français)et ses fonctionnaires tatillons . Donc rien d'étonnant. Par contre je constate que les investissements chinois en Allemagne, voire aux USA, eux se portent bien….

Concernant le Krach de 2015, vous êtes loin, mais alors très loin d'avoir toutes les données vous permettant d'en comprendre les ressorts.

Enfin quant à la loi permettant "d'embastiller", là encore c'est d'une simplification tellement caricaturale qu'elle n'en est pas crédible.

  
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gars d'ain
25/06/2019 14:45:12
1

Quand le rêve économique chinois tourne au cauchemar...

ça donne une très grande idée de la qualité des chiffres économiques que le gouvernement Chinois publie et dont il a fait sa seule vérité économique... invérifiable puisque c'est désormais la seule source d'information économique.


Quand on voit l'étendue du mensonge et des problèmes rencontrés dans cet article qui suit, on peut très largement mettre en doute à fiabilité du reste et en particulier, les chiffres trimestriels de croissance dont on sait depuis le krack du 24 aout 2015 qu'ils sont parfaitement faux.

Le directeur de la seule agence de journalisme économique a d'ailleurs été mis en prison dans les jours qui ont suivi le Krack : pour avoir provoqué le Krack boursier avec ses révélations.

Depuis, il a été libéré mais reste sous surveillance étroite avec interdiction de refaire du journalisme économique.

Notons encore que depuis ces évènements, l'omnipotant président à vie chinois a fait voté une loi qui "embastille" directement quiconque contredira les publications officielles de chiffres et données économiques, de croissance, fournies par l'Etat Chinois.


Comment vous voulez que l'on croit encore ?....

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Rachat de terres françaises : un rêve chinois mis en faillite

AFP : Actualité publiée le 25/06/19 14:19


Le milliardaire chinois Hu Keqin, PDG du conglomérat Reward - ici le 30 janvier 2018 à Pekin - se voyait déjà en roi de la baguette en Chine. Mais son groupe a fait faillite

Le milliardaire Hu Keqin, PDG du conglomérat Reward, connu pour s'être emparé de terres céréalières en France, se voyait déjà en roi de la baguette en Chine. Mais son groupe a fait faillite, montrant la fragilité de certains investisseurs chinois.


L'affaire avait fait grand bruit quand un mystérieux chinois avait racheté 1.700 hectares dans l'Indre il y a cinq ans, puis 900 hectares dans l'Allier trois ans plus tard.


Était-ce le début d'une conquête du grenier à grains français? Les pires inquiétudes circulaient, comme souvent lorsqu'il s'agit d'investissements chinois.

Mais finalement rien de tout cela ne s'est produit. Car Reward ("Luowa" en chinois), fondé en 1995 et spécialisé à l'origine dans le lait maternisé et les produits d'entretien, a été mis en faillite le 13 mai, selon un avis publié en ligne le 2 juin sur le registre chinois des faillites consulté par l'AFP.

En janvier, l'agence de notation financière Fitch avait déjà tiré la sonnette d'alarme, expliquant que Reward avait été dans l'incapacité de s'acquitter d'une dette de 300 millions de yuans (38 millions d'euros) début décembre, alors qu'il assurait disposer fin septembre de... 4,15 milliards en numéraire (530 M EUR).


Fitch déplorait au passage l'opacité entourant les comptes des firmes chinoises, la non-publication d'informations "pertinentes" et des audits notoirement incomplets...


- Du pain au pays du riz -

Et Monsieur Hu, qui annonçait à l'AFP il y a un an environ vouloir ouvrir 1.500 boulangeries en Chine en cinq ans, approvisionnées en farine française, n'a finalement ouvert que trois boutiques "Chez Blandine" à Pékin. Et elles ont déjà fermé, d'après Dianping.com, principal site de référencement de commerces et services.

"Il y a un réel attrait pour la France parce que les produits sont bons, jouissent d'une bonne image. Ils veulent les importer en Chine mais sans doute vont-ils trop vite pour se faire une part de ce marché très concurrentiel", analyse Jean-Marc Chaumet, agro-économiste et spécialiste de la Chine à l'Institut de l'élevage.

Avant Reward, il y avait eu le fiasco du lait. Synutra, numéro trois de la nutrition infantile en Chine, avait retiré tous ses pions l'an dernier, plongeant dans les difficultés ses partenaires, le groupe coopératif normand Les Maîtres laitiers du Cotentin et la coopérative bretonne Sodiaal, qui a dû reprendre le site construit par le chinois à Carhaix (Finistère).


"On ne peut toutefois pas généraliser", insiste Jean-Marc Chaumet, car il y a "une volonté chinoise d'investir dans l'agroalimentaire à l'étranger" et ça peut aussi "très bien se passer" comme dans le cas de l'usine financée au tiers par le hongkongais H&H (propriétaire des laits infantiles Biostime) avec la coopérative normande Isigny-sur-Mère.


- Quel sort pour les fermes en France ? -

Le groupe chinois n'était pas joignable mardi pour répondre à des questions sur le sort de ses actifs à l'étranger. Reward possède aussi une usine de cosmétiques aux Etats-Unis et un fabricant de produits à base de lavande dans la Drôme, le Châtelard 1802.

Dans les fermes françaises de Hu Keqin, l'activité semble suivre son cours. Dans l'Allier, rien n'a changé, le travail dans les champs est toujours effectué par les anciens employés, selon la mairie de Thiel-sur-Acolin et un agriculteur du coin.


Dans la Drôme, les actionnaires familiaux historiques du Châtelard 1802 ont claqué la porte en septembre. Car "rien de ce qui avait été évoqué à l’époque en matière d’investissements dans l'outil de production, le développement de la gamme ou bien encore l'ouverture de nouvelles boutiques n’a été réalisé", expliquaient alors les frères Montaud dans la presse locale.

Mais en avril, dans le quotidien régional Le Dauphiné Libéré, la nouvelle direction assurait tenir le cap: "outre le fait de continuer à développer l’export et le grand export, nous commençons à distribuer nos produits dans les canaux du groupe en Chine".

Depuis cet épisode, l’État français a promis des verrous réglementaires pour éviter que des terres stratégiques ne passent aux mains de puissances étrangères. Mais le secteur attend toujours une loi foncière qui les mettra en place.

© 2019 AFP

;

Message complété le 25/06/2019 14:45:53 par son auteur.

Le Lien WEB :
https://www.abcbourse.com/marches/rachat-de-terres-francaises-un-reve-chinois-mis-en-faillite_474306_PX1p.aspx
.

  
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Dubaisan
08/12/2018 13:00:55
0

Bonsoir,

Je confirme l'excédent commercial record de la Chine en Novembre auquel par mon activité, je participe très modestement. Mon CA avec les USA a augmenté de 13% en volume et 23% en montant due à une augmentation de mes prix et une légère dépréciation du Rmb face à l' USD.

Concernant le post précédent:

Certain considèrent encore la Chnie comme un eldorado.

Ca l'est toujours si l'on en connait les codes.

Ce qui s'y passe est assez précursseur d'un avenir que personnellement je refuse…

Concernant le "système de notation", moi, ça ne me choque pas et j'applaudis comme 99.99% des chinois à 2 mains. Mais nous ne vivons pas dans le même pays, ni dans le même monde, ni avec les mêmes codes ou références.

Impossible pour un occidental (et un français en particulier) de comprendre le pourquoi d'un tel système ….qui oblige et c'est tant mieux, à avoir un comportement confucéen (être exemplaire), à respecter les lois et règlements, à respecter les biens publics, les autres personnes… etc...

Je précise au passage, que depuis quelques mois, cela vous concerne également en partie, car tout étranger débarquant en Chine, outre la masse de papiers et d'informations personnelles le concernant déjà fournies pour le visa, a:

- sa binette et ses dimensions scannées et numérisées en haute définition et en 3D;

- les empreintes de ses 10 doigts scannées et numérisées en haute définition;

Impossible de se perdre dans ce grand pays! Partout ou vous irez et tout ce que vous ferez sera enregistré et mémorisé et vous serez donc également notés. Et bien entendu, aucun comportement délictuel ne sera toléré…

Ici on avance; En France on régresse.

  
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HD-MAICO
30/11/2018 01:52:54
1

Ce méfier de la supériorité de l'esprit occidental.


Mais rien de mieux qu'un crédit, pour se rendre esclave.

C'est vrai, ici aussi et ce qui vous choque chez vos voisins.

Cela fait longtemps que c'est en pratique chez vous.



  
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gars d'ain
29/11/2018 23:35:21
0

En Chine, 1,4 milliard de suspects sous surveillance...

Certain considèrent encore la Chnie comme un eldorado. Ce qui s'y passe est assez précursseur d'un avenir que personnellement je refuse...


Le « crédit social » ou le Big Brother à la sauce chinoise

Notons que "Depuis plusieurs mois, la presse européenne dénonce le projet de surveillance de la population, le Plan de planification pour la construction d’un système de crédit social (2014-2020) que le gouvernement de la Chine populaire met progressivement en place. Parfois de manière ironique, mais souvent sans grand discernement. L’ambition est d’attribuer à partir de 2020, à certaines catégories de citoyens chinois comme aux entreprises, une note de confiance, un « crédit social ». Le chercheur néerlandais Rogier Creemers propose ici une traduction du document de présentation du Conseil des affaires de l’État (l’équivalent du gouvernement en Chine).


Ce projet est officiellement motivé par la volonté de restaurer la confiance dans la vie économique et, plus particulièrement, entre les entreprises et les consommateurs. L’évaluation publique doit permettre une amélioration des comportements. Une nécessité dans un pays où les scandales de corruption sont fréquents, avec parfois des conséquences tragiques comme en 2008 avec la contamination de près de 100 000 enfants (dont plusieurs décédèrent) par du lait contenant de la mélamine (destinée à augmenter sa teneur en protéine).


Des millions de caméras de surveillance


Le site officiel du crédit social affiche déjà les noms et numéros d’identification de personnes interdites de prendre le train ou l’avion. Plusieurs listes d’entreprises accusées de violer la loi pour des motifs divers et donc « indignes de confiance » sont régulièrement publiées.


Mais, à l’heure actuelle, le système reste expérimental et limité à une douzaine de villes comme Shanghai, Nankin, Xiamen et Yiwu. Les barèmes ne sont pas homogènes pour le moment, mais le manque de civisme – comme traverser en dehors des passages piétons ou ne pas respecter les interdictions de fumer – est sanctionné. Les écarts de comportement sont verbalisés grâce aux millions de caméras de surveillance installées dans le pays (près d’une pour deux habitants en 2020).


L’application Honest Shanghai, proposée par la municipalité de Shanghai, permet à partir de plusieurs critères d’attribuer une note de comportement social entre « excellent », « bon » ou « médiocre », et de rassurer un employeur ou un créancier potentiel ou encore sa future belle-famille. Toutefois, l’application qui collecte des informations auprès d’une centaine d’agences gouvernementales renseigne également sur la confiance que l’on peut accorder aux commerçants ou le niveau d’hygiène des restaurants. Chacun reste libre de l’utiliser ou non. Une note positive permet, par exemple, aux habitants de bénéficier de tarifs réduits dans les transports en commun.


Avec la collaboration des géants chinois de l’Internet


Le résultat du crédit social est obtenu en compilant des données relatives à sa situation administrative (publications sur les réseaux sociaux, diplômes, antécédents de condamnation et d’amendes), mais aussi grâce aux informations personnelles sur ses préférences de consommation fournies par les géants de l’Internet comme Baidu, Alibaba et Tencent. Pour le moment, rien n’indique que les données recueillies par ces sociétés soient communiquées systématiquement aux autorités publiques, même si leur collaboration ponctuelle est réelle.


Ces entreprises disposent de leur propre système de crédit, comme le « Sésame credit » développé par une filiale d’Alibaba. Ce score de crédit commercial est calculé en fonction de l’historique d’achat du client sur les sites marchands comme Tmall ou Taobao, et offre aux clients jugés les plus honnêtes et les plus responsables certains avantages (comme ne pas devoir laisser de caution à l’hôtel).


L’établissement de crédit, China rapid finance peut obtenir du moteur de recherche Baidu des informations sur l’historique de navigation de ses visiteurs. Et des recherches trop fréquentes sur le cancer ou les jeux de hasard peuvent compromettre la possibilité d’obtenir un prêt à un taux avantageux. Ces systèmes privés sont parfois confondus avec le projet gouvernemental de crédit social, pourtant distinct, même si la frontière reste poreuse.


Le quotidien Les Échos sous la plume de Frédéric Schaeffer titrait récemment : « En Chine, 1,4 milliard de suspects sous surveillance » en dénonçant l’usage de l’intelligence artificielle, et des données biométriques pour surveiller, et arrêter les auteurs de crimes ou délits.


Modèle liberticide chinois et régressions occidentales


Les pouvoirs publics justifient ce maillage tentaculaire au nom de la modernité et de la lutte contre la criminalité (dans un pays aussi vaste, où les solidarités familiales et ethniques restent fortes, de nombreux condamnés parviennent à échapper à l’application des décisions de justice). Mais la Chine est-elle la quintessence de la société orwellienne ?


Nos incantations contre ce modèle liberticide ne doivent pas faire oublier, nos propres régressions-évolutions depuis vingt ans dans le domaine des libertés publiques, qui amènent dans les sociétés démocratiques à des comportements de fichage généralisés.


La plus grande base d’empreintes génétiques (ADN) rapportée à la population se situe dans le patrie de l’habeas corpus, le Royaume Uni. Constituée à partir de 1995, l’UK National Criminal Intelligence DNA Database, contient actuellement près de six millions de profils génétiques, soit un habitant sur six. Et comme l’ADN d’un individu est en partie similaire à celui de ses ascendants et ses descendants, c’est potentiellement, la moitié de la population britannique qui peut ainsi être identifiée.


La France n’est pas en reste avec l’élargissement des cas où les empreintes génétiques sont relevées. Et que dire du Patriot Act adopté au lendemain du 11 septembre 2001, et qui oblige les fournisseurs d’accès à Internet à communiquer les informations personnelles de leurs clients aux services de sécurité, et somme les bibliothécaires de dénoncer les usagers suspects ?



Forces de police à Pékin. Photo de l’auteur

Si ces mesures liberticides se justifient face à la menace terroriste, il semble excessif de s’exonérer de reproches pour dépeindre la Chine en antichambre de la société de contrôle. Au Canada comme aux États-Unis, les particuliers sont évalués par les commerçants, leur banque ou leur créancier selon « l’antécédent de crédit ».


Mais il ne suffit pas de payer rubis sur l’ongle ses dettes pour être considéré comme un interlocuteur de confiance, puisque le retard de paiement d’une amende de stationnement ou même à cause d’un livre rendu en retard à la bibliothèque municipale peut vous desservir. Cette cote de crédit peut être consultée par un propriétaire, un loueur de voiture ou un employeur éventuel. Et que dire des Américains qui publient nom, adresse, photographie et description physique des condamnés pour crimes et délis ?


En Inde aussi…


Le contrôle social en Chine partage plusieurs objectifs avec ceux des démocraties occidentales, comme prévenir le risque terroriste, ici lié au séparatisme de la minorité des Ouighours. Mais il diffère sur plusieurs points :


en Asie, la liberté de l’individu doit s’effacer au profit de l’intérêt collectif. La tranquillité de la société implique de lutter contre les comportements criminels ou plus simplement le manque de civisme.


le développement économique de la Chine ne s’est pas accompagné d’un système de régulation bancaire efficace. La solvabilité comme le sérieux des entreprises publique ou parapublique est difficile à évaluer (normes comptables différentes, audits complaisants). Or la confiance envers les institutions et les agents économiques est l’un des ingrédients essentiels pour favoriser l’entreprenariat.


la dénonciation publique des coupables de crimes ou de délits « indignes de confiance » – le but étant dissuasif, dans une société où la préservation de l’honorabilité du groupe social (la famille, l’entreprise)– est fondamentale.


une coopération plus régulière entre l’État et les acteurs de l’Internet chinois pour mieux cerner les profils des citoyens en fonction de leurs habitudes de consommation. Mais cette situation n’est pas propre à la Chine, puisque les révélations d’Edward Snowden sur le programme PRISM ont montré la connivence entre la NSA et les sociétés de la Silicon Valley.


La surveillance électronique en Chine n’est pas malheureusement l’apanage des régimes autoritaires, puisque le gouvernement de Narendra Modi en Inde a, lui aussi, entrepris une surveillance massive par le biais de la carte d’identité biométrique, dite carte Aadhar.


En Chine, elle est volontairement plus visible pour être dissuasive et, sous le prétexte d’une lutte louable contre la criminalité, vise à assurer la stabilité du régime et surtout n’offre guère de recours juridiques aux contrevenants.

________________________________________________________________

Article : "Le « crédit social » ou le Big Brother à la sauce chinoise"

http://theconversation.com/le-credit-social-ou-le-big-brother-a-la-sauce-chinoise-98200


Article PDF : "Le contrôle social en Chine : 1,42 milliard de suspects sous surveillance"

https://entreprisespartenairesdeladefense.fr/images/stories/telechargement/Le_contrôle_social_en_Chine_revue_Défense_Union-IHEDN.pdf

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