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A Houston, la Nasa en ordre de marche pour retourner sur la Lune


Actualité publiée le 15/08/22 15:37
La salle de contrôle des vols du programme Artémis de retour sur la Lune, au centre spatial Johnson de la Nasa, le 5 août 2022 à Houston, au Texas
La salle de contrôle des vols du programme Artémis de retour sur la Lune, au centre spatial Johnson de la Nasa, le 5 août 2022 à Houston, au Texas (AFP/Archives/Mark Felix)

"Je travaille ici depuis 37 ans, et c'est la chose la plus palpitante à laquelle j'ai jamais participé." Rick LaBrode est directeur de vol à la Nasa, et à la fin du mois, c'est sous sa responsabilité que se déroulera une mission spatiale historique: la première du programme devant marquer le retour des Américains sur la Lune.

La veille du décollage, "je ne vais pas être capable de dormir beaucoup, c'est sûr", confie-t-il à l'AFP, devant les dizaines d'écrans de la salle de contrôle des vols à Houston, au Texas.

Pour la première fois depuis la dernière mission Apollo en 1972, une fusée - la plus puissante du monde - propulsera une capsule habitable jusqu'en orbite autour de la Lune, avant de revenir sur Terre.

Dès 2024, des astronautes monteront à bord pour effectuer le même trajet, et l'année suivante (au plus tôt), ils poseront de nouveau le pied sur la Lune.

Pour cette première mission test de 42 jours, appelée Artémis 1, une dizaine de personnes se trouveront à tout instant dans la salle du célèbre "Mission Control Center", modernisée pour l'occasion.

Les équipes répètent le plan de vol depuis trois ans.

La fusée Artemis 1 de la Nasa sur son pas de tir au Kennedy Space Centre, le 15 juin 2022 à Cap Canaveral, en Floride
La fusée Artemis 1 de la Nasa sur son pas de tir au Kennedy Space Centre, le 15 juin 2022 à Cap Canaveral, en Floride (AFP/Archives/Eva Marie UZCATEGUI)

"Tout ça est complètement nouveau. Une toute nouvelle fusée, un tout nouveau vaisseau, un tout nouveau centre de contrôle", résume Brian Perry, qui sera à la console en charge de la trajectoire juste après le lancement.

"Je peux vous dire que mon cœur fera +bam bam, bam bam+, mais je ferai en sorte de rester concentré", dit-il à l'AFP en tapotant sa poitrine, lui qui a pourtant participé à de nombreux vols de navettes spatiales.

- Piscine lunaire -

Au-delà de la salle de contrôle, c'est tout le Centre spatial Johnson de Houston qui s'est mis à l'heure de la Lune.

Au milieu de l'immense piscine de plus de 12 mètres de profondeur où s'entraînent les astronautes, un rideau noir a été tiré.

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L (AFP/Mark Felix)

D'un côté se trouve toujours la réplique de la Station spatiale internationale immergée.

De l'autre, un environnement lunaire est progressivement créé au fond du bassin, avec de gigantesques maquettes de roches, fabriquées par une entreprise spécialisée dans les décors d'aquarium.

"Nous avons commencé à mettre du sable au fond de la piscine il y a quelques mois seulement. Les grosses roches sont arrivées il y a deux semaines", a expliqué à l'AFP Lisa Shore, cheffe adjointe de ce Laboratoire de flottabilité (NBL). "Tout est encore en développement."

Dans l'eau, les astronautes peuvent expérimenter une sensation proche de l'apesanteur. Pour l'entraînement lunaire, ils sont lestés afin de ne ressentir qu'un sixième de leur poids.

Depuis une salle au-dessus de la piscine, ils sont guidés à distance, avec le décalage de quatre secondes auxquels ils seront confrontés sur la Lune.

Six astronautes s'y sont déjà entraînés, et six autres doivent suivre d'ici fin septembre, en revêtant pour la première fois les nouvelles combinaisons lunaires de la Nasa.

La salle de contrôle où sont suivies les opérations d'entraînement des astronautes dans l'immense piscine, le 5 août 2022 à Houston, au Texas
La salle de contrôle où sont suivies les opérations d'entraînement des astronautes dans l'immense piscine, le 5 août 2022 à Houston, au Texas (AFP/Mark Felix)

"L'âge d'or de ce bâtiment, c'était quand on faisait encore voler les navettes et qu'on construisait la station spatiale", a expliqué John Haas, chef du NBL. A l'époque, 400 entraînements en combinaison étaient menés par an, contre environ 150 aujourd'hui. Mais le programme Artémis apporte un nouvel élan.

Au moment de la visite de l'AFP, des ingénieurs et des plongeurs évaluaient la manière de pousser un chariot sur la Lune.

- "Nouvel âge d'or" -

Les entraînements dans l'eau peuvent durer jusqu'à six heures. "C'est comme courir un marathon, deux fois, mais sur les mains", raconte à l'AFP Victor Glover, astronaute à la Nasa rentré l'année dernière de six mois dans l'espace.

L'astronaute de la Nasa Victor Glover au centre spatial Johnson, le 5 août 2022 à Houston, au Texas
L'astronaute de la Nasa Victor Glover au centre spatial Johnson, le 5 août 2022 à Houston, au Texas (AFP/Mark Felix)

Aujourd'hui, il travaille dans un bâtiment entièrement dédié aux simulateurs. Son rôle est d'aider à "vérifier les procédures et le matériel", pour que lorsque seront enfin désignés ceux qui se rendront sur la Lune (dont M. Glover pourrait faire partie), ils puissent être préparés de façon intensive et être rapidement "prêts à partir".

Grâce à des casques de réalité virtuelle, ils pourront s'habituer à marcher dans les conditions lumineuses difficiles du pôle Sud de la Lune, où atterriront les missions Artémis. Là, le Soleil ne s'élève que très peu au-dessus de l'horizon, formant constamment de longues ombres très noires.

Ils devront également se familiariser avec les nouveaux vaisseaux et leurs logiciels, comme la capsule Orion. Dans l'un des simulateurs, assis dans le siège du commandant, il s'agit de donner du joystick pour s'arrimer à la future station spatiale lunaire, Gateway.

Une réplique de la capsule Orion de la Nasa,  servant à l'entraînement des astronautes, le 3 août 2022 au centre spatial Johnson de Houston, au Texas
Une réplique de la capsule Orion de la Nasa, servant à l'entraînement des astronautes, le 3 août 2022 au centre spatial Johnson de Houston, au Texas (AFP/Mark Felix)

Ailleurs, une réplique de la capsule, d'un volume de 9 mètres cube pour quatre passagers, est utilisée pour des répétitions grandeur nature.

Les astronautes "font beaucoup d'entraînements d'évacuation d'urgence ici", montre à l'AFP Debbie Korth, responsable adjointe du projet Orion, sur lequel elle travaille depuis plus de dix ans.

Dans tout le centre spatial, "les gens sont surexcités", assure-t-elle.

Pour la Nasa, "assurément, je crois que c'est un nouvel âge d'or" qui commence.

© 2022 AFP

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3 commentaires sur cet article. Participez à la discussion.

Fibopivots
15/08/22 21:00

Il existe une interview tres intéressante de Neil Armstrong avec Patrick Moore, Astronome " amateur royal", 1970. Sur you tube. Au début, il nous affirme n.avoir vu aucune étoile depuis le sol de la lune. !

La piètre (!) Qualité des visières de casque de l.'époque explique peut être cela.

Neil Armstrong interview, BBC, 1970.

syjo
16/08/22 10:05

froome monte le ventoux à 60 km/h, à lourdes tu arrives sans les jambes et tu repars en courant, à jérusalem tu ressuscites 3 jours après ta mort, les ricains marchent sur la lune,et la marmotte met le chocolat dans le papier alu.Mais bien sur.

papygaga
16/08/22 12:44

Ca ressemble surtout à une grosse opération de pipeau :

ou comment reprendre le leadership technologique mondial quant on est has been...

Pour la mise en scène hollywodienne, personne ne leur arrive à la cheville.

Plusieurs présidents américains ont parlé de la lune lorsque le pays faisait face à des difficultés, dont D. Trump entre autres.

ne serait ce pas l'origine de la maxime " promettre la lune" ?.... ( LOL)

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