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Alarme sur les marchés financiers


Actualité publiée le 18/03/20 15:51

Jeremy Delsol, analyste chez Admiral Markets, estime que la panique ne quitte pas les marchés; si on n’est pas encore entré sur le marché, mieux vaut attendre et être prudent jusqu'à ce que la tempête provoquée par le coronavirus commence à se dissiper.

Après les derniers événements liés à la crise du coronavirus, l'indice VIX est passé du niveau de 16,63 le 21 février au niveau de 76,78 le 12 mars 2020, un jour qui restera dans l'histoire de la bourse espagnole avec la clôture de l'IBEX 35 avec sa plus forte baisse de l'histoire à 6390,90 points après une perte de 14,06%, clôturant avec des baisses de 7,96%, 3,21% et 0,34% lors des séances de lundi, mardi et mercredi respectivement.

Cette semaine a commencé par de fortes baisses des marchés boursiers mondiaux après le soi-disant «lundi noir» du pétrole, après que la Russie et l'Arabie saoudite ont commencé une guerre des prix du pétrole brut suite à l'échec de la réunion de l'OPEP où une nouvelle baisse de la production a été proposée pour tenter de maintenir le prix du pétrole. Un plan qui a été rejeté par Moscou, faisant que le pétrole perde jusqu'à 30% de sa valeur à l'ouverture des marchés de dimanche à lundi.

Cette tension entre Moscou et Riyad dure depuis des mois, car en raison du refus du gouvernement de Vladimir Poutine de réduire sa production, la Russie a avancé l'Arabie Saoudite dans la liste des producteurs de pétrole en nombre de barils, liste dirigée par les États Unis. Fait intéressant, cette guerre commencée entre Moscou et Riyad peut porter préjudice aux États-Unis et au Canada car le fractionnement peut ne pas être rentable et bien que les coûts de production pour l'Arabie Saoudite soient très bas, on estime que même si le prix tombe à 10 USD leurs puits pourraient continuer à être rentables; si finalement le prix du pétrole brut se consolidait en dessous de 30 USD le baril, de nombreux producteurs pourraient avoir des problèmes et faire un bras de fer avec Poutine et Trump ne semble pas a priori une bonne idée, puisqu’ils peuvent prendre d'autres types de mesures pour protéger leurs intérêts.

La chute du pétrole et l'incertitude générée autour de la pandémie de Covid-19, ont généré de fortes chutes au cours des dernières semaines qui ont même conduit à des suspensions temporaires sur Wall Street lors de différentes sessions après ouverture avec des chutes supérieures à 7%, démontrant que les marchés sont dominés par la panique qui se reflète dans une société qui oblige les supermarchés à s'approvisionner en nourriture.

Par conséquent et face à ce scénario, les investisseurs et les citoyens ont concentré leur attention sur les différents gouvernements et institutions financières en attendant les différentes mesures qu'ils prennent pour tenter d'atténuer cette crise sanitaire mondiale.

Si nous nous concentrons sur l'aspect politique, nous pouvons voir comment l'Italie a pris les mesures les plus restrictives et extrêmes en mettant en quarantaine l'ensemble du pays après avoir fortement souffert de l'incidence du coronavirus avec des milliers de personnes touchées et des centaines de décès, fermant toutes les entreprises sauf les pharmacies et les supermarchés, restreignant la libre circulation de ses citoyens. Le gouvernement espagnol a décrété un état d'alerte depuis le samedi 14 mars pour arrêter la propagation du virus. En France, le président Emmanuel Macron a exhorté au confinement lundi le 16 mars.

Ces mesures pourraient ouvrir la voie aux différents États de l'Union Européenne au cours des prochains jours. Ces mesures extrêmes qui nous aideront à surmonter cette crise sanitaire affectent gravement l'économie car la consommation va être fortement affectée vu qu’on ne sait pas combien de temps nous serons contraints de vivre dans cette situation. De son côté, l'Union Européenne a annoncé qu'elle allouerait 25 000 millions d'euros pour alléger le covid-19.

Banques centrales

Dans le domaine financier, nous avons observé comment les différentes banques centrales du monde ont annoncé des mesures pour tenter d'atténuer cette crise. La première à réagir a été la Réserve Fédérale américaine, après avoir annoncé le 3 mars dernier, dans une déclaration surprise après avoir tenu une réunion d'urgence, l’abaissement des taux d'intérêt de 50 points de base (0,5%), laissant les taux d'intérêt à la plage de 1-1,25%. Cette situation ne s'est pas produite depuis le début de la crise financière en 2008. Dans ce communiqué, la FED a également annoncé une augmentation de la liquidité des opérations quotidiennes (repo) à 150 000 millions de dollars. Malgré cette réaction, le marché prévoit qu'à la prochaine réunion du 18 mars, l'institution présidée par Jerome Powell annoncera de nouvelles mesures. De son côté, la Banque d'Angleterre a également annoncé une baisse des taux de 0,75% à 0,25% en ligne avec la Réserve Fédérale.

Si nous nous concentrons sur la BCE, le marché attendait les éventuelles mesures prises par cette banque, car Christine Lagarde a déclaré plusieurs fois qu'elle craignait un autre krach comme celui de 2008, donc le marché s'attendait à ce qu’elle annonce des mesures exceptionnelles tout comme son prédécesseur Mario Draghi l’a fait lorsque le fameux "Quoi qu'il en coûte".

Enfin, la BCE a annoncé des mesures pour garantir la liquidité et rendre le financement moins cher grâce à des mécanismes exceptionnels d'enchères de liquidité jusqu'en juin 2020 et à l'achat extraordinaire d'actifs d'une valeur de 120 millions d'euros, sans réduire les taux d'intérêt car étant donnée la structure actuelle des taux d’intérêt, la Banque Centrale Européenne ne dispose pas de marge de manœuvre à ce stade, décevant les investisseurs.

Malgré toutes ces mesures prises par les différentes organisations, les marchés n'ont pas pu arrêter les saignements durant ce mois de mars, donc finalement la CNMV a pris la décision de restreindre les positions de vente sur le marché des actions pour essayer de couper les chutes. S'il est vrai qu'après ces dernières fortes baisses, nous pouvons nous attendre à des rebonds haussiers ponctuels, si nous ne sommes pas sur le marché, il conviendrait d'attendre la fin de cette phase de panique pour rechercher des positions d’achat.

© www.abcbourse.com

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