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En pleine tempête médiatique, le patron de la Banque mondiale ne veut pas lâcher la barre


Actualité publiée le 23/09/22 22:04
Le président de la Banque mondiale, David Malpass, à New York le 19 septembre 2022
Le président de la Banque mondiale, David Malpass, à New York le 19 septembre 2022 (GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives/Riccardo Savi)

Le président de la Banque mondiale (BM), David Malpass, est sous le feu des critiques depuis le début de la semaine, accusé d'être "climatosceptique", un reproche auquel il a tenté de répondre vendredi sans pour autant calmer les appels en faveur de son départ.

Tout a commencé lorsque l'ancien vice-président américain, Al Gore a estimé lundi que M. Malpass était "climatosceptique" et n'avait pas su améliorer le financement de projets climatiques dans les pays en développement.

Invité le lendemain à s'exprimer sur ces accusations lors d'une table ronde organisée par le New York Times, le président de la BM a refusé à trois reprises de dire s'il reconnaissait le rôle des énergies fossiles dans le réchauffement climatique.

"Je ne suis pas scientifique", avait-il fini par déclarer, poussé par le public, préférant mettre en avant "l'énorme effort" réalisé par la BM pour aider au financement contre le réchauffement climatique.

Sa réponse a outré les ONG spécialisées, qui ont dès lors appelé à son départ.

"Nous condamnons les propos tenus par le président" de la BM, a assené vendredi la porte-parole de la Maison Blanche, Karine Jean-Pierre, qui rappelle toutefois que "le remplacer nécessite l'accord d'une majorité des actionnaires, il faut avoir cela en tête".

La porte-parole de la Maison Blanche Karine Jean-Pierre, à Washington, le 16 septembre 2022
La porte-parole de la Maison Blanche Karine Jean-Pierre, à Washington, le 16 septembre 2022 (AFP/Archives/SAUL LOEB)

"Je ne démissionnerai pas, et je ne l'ai pas envisagé", a cependant répondu M. Malpass vendredi, interrogé par le média Politico. Selon lui, "aucun" des Etats membres de l'institution financière internationale n'a demandé sa démission.

Il a assuré ne pas être climatosceptique, en soulignant que les "gaz à effet de serre d'origine humaine sont la cause du réchauffement climatique". "Et notre mission est de mettre en place des projets et des financements qui ont un impact" pour réduire les émissions, a-t-il ajouté.

Une affirmation qu'il avait déjà prononcée la veille, sur la chaîne CNN International, en déclarant qu'"il est évident que les émissions de gaz à effet de serre sont d'origine humaine, notamment du fait de l'utilisation des énergies fossiles". "Et nous travaillons afin que cela change", avait-il dit.

"Je ne suis pas climatosceptique", avait-il insisté, expliquant s'être "embrouillé" et ne pas "être toujours bon lorsqu'il s'agit de répondre à des questions".

Mais ses justifications n'ont pas calmé les critiques: à son tour, un groupe de scientifiques spécialisés dans les questions climatiques a appelé vendredi au départ de M. Malpass.

D'autant que si le président de la BM défend le bilan de son institution en termes de lutte contre le réchauffement climatique, certains lui reprochent de ne pas en faire suffisamment.

"Je m'inquiète pour la Banque mondiale", a ainsi déclaré lundi l'économiste Joseph Stiglitz, lui-même ancien chef économiste de la BM et aujourd'hui très critique vis-à-vis de l'institution, interrogé par l'AFP, "sur les enjeux majeurs, comme le réchauffement climatique, elle n'a pas pris la direction des opérations dont le monde aurait besoin".

"Nous attendons de la Banque mondiale qu'elle soit un moteur international en matière d'ambition climatique", a de son côté insisté Mme Jean-Pierre.

- Série de scandales au FMI et à la BM -

Des militants écologiques lors d'une action devant le siège de la Banque Mondiale, à Washington le 22 septembre 2022
Des militants écologiques lors d'une action devant le siège de la Banque Mondiale, à Washington le 22 septembre 2022 (AFP/OLIVIER DOULIERY)

Le profil politique de M. Malpass n'est pas étranger à l'attention dont il fait l'objet sur les questions climatiques. Républicain et sous-secrétaire au Trésor, chargé des relations économiques internationales, de l'ex-président américain Donald Trump, il avait été nommé par ce dernier en 2019 à la tête de la BM pour prendre la succession de son compatriote, Jim Yong Kim, démissionnaire.

Selon un mode de désignation pré-établi, les Etats-Unis choisissent en effet le président de la BM, alors que l'Europe prend la décision concernant la direction du Fonds monétaire international (FMI).

La part détenue par les pays au capital des deux institutions est la base de cette répartition, les Etats-Unis et l'ensemble de l'Union européenne en étant les deux principaux actionnaires.

Les institutions économiques internationales ont été confrontées à une série de scandales visant leurs dirigeants respectifs, parfois pour des raisons qui sont en lien avec des activités passées, posant dès lors la question de ce mode de désignation.

Les dernières accusations en date remontent à octobre 2021 et concernent la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, soupçonnée d'avoir fait pression pour favoriser la Chine dans un classement lorsqu'elle était directrice générale de la BM.

Ses deux prédécesseurs français, Dominique Strauss-Kahn puis Christine Lagarde, ont de leur côté été concernés par des enquêtes judiciaires et condamnations, respectivement pour agression sexuelle à New York en 2012 et dans le cadre de l'affaire de l'arbitrage entre le Crédit Lyonnais et Bernard Tapie en France.

Le prédécesseur de M. Malpass lui-même, M. Kim, a fait l'objet de critiques après l'attribution de bonus à plusieurs hauts dirigeants en 2014, avant de démissionner en 2019 afin de rejoindre une société d'investissements.

Il a également été concerné par les accusations visant Mme Georgieva, un rapport indépendant soulignant que M. Kim avait lui aussi fait pression sur le personnel de la BM afin de modifier les données concernant la Chine mais également l'Azerbaïdjan, l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis.

© 2022 AFP

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3 commentaires sur cet article. Participez à la discussion.

syjo
24/09/22 09:43
Aujourd'hui être climatosceptique, c'est comme au moyen âge être hérétique. il faut croire ce que disent les grands prêtres sinon c'est le bûcher. En fait rien ne change sur le fond.On change de croyance parce qu'elle n'est plus à la mode.Point barre.
emi00
24/09/22 10:38

L'époque est définitivement aux fascismes assumés et décompléxés. Fascisme sanitaire, fascisme écologique et climatique, fascisme animaliste, fascisme féministe, fascisme woke LGBT et communautariste, etc

Sans oublier le fascisme ultime : le fascisme dictatorial de gouvernance. Si un pays vote mal contre les intérêts du parti fasciste, soit on passe outre le résultat du vote comme en 2005 / 2007, soit le parti sévira contre ce pays. Comme notre grande démocrate de la noblesse allemande en a déjà averti l'Italie.

moicmoi
24/09/22 10:49

syjo
« « Aujourd'hui être climatosceptique, c'est comme au moyen âge être hérétique. il faut croire ce que disent les grands prêtres sinon c'est le bûcher. En fait rien ne change sur le fond.On change de croyance parce qu'elle n'est plus à la mode.
» »

La comparaison est juste, sauf que n’est pas une question de mode, de croyance , etc...mais des montagnes de fric.
Le GIEC touche et défend les milliards de subventions qu’ils perçoivent de l’ONU , des Gvts occidentaux ET des lobbys « verts » (énergies renouvelables).
Les pays qui adhèrent à leur théorie le sont pour le pouvoir, pour l'application de leur politique, et le filon des taxes aussi « vertes » que « vertueuses » (vertes tueuses)
Au moyen âge, le clergé voulait s’accaparer des richesses des « dissidents ».

Le bûcher actuel dont sont victimes les climatosceptiques n'est plus par le feu, mais par la finance et l' empêchement d'accès aux études réalisées par les membres du GIEC. (y compris par la destruction de certaines archives)

Effectivement, rien n’est change

« « Tout a commencé lorsque l'ancien vice-président américain, Al Gore a estimé lundi que M. Malpass était "climatosceptique" et n'avait pas su améliorer le financement de projets climatiques dans les pays en développement. » »

Al Gore est un con et l’un des plus gros menteurs que la terre n’aie jamais porté, et n’a pas le moindre embryon de science .

Avec la politique de réduction de CO2 adoptée par les pays industrialisés il s’agit ipso facto d’ interdire les pays en voie de développement d’accéder à leur développement.

Et donc, à préserver l' hégémonie et les marchés des pays industrialisés.
Le réchauffement climatique dénoncé par le GIEC comme étant la conséquence de l’action de l’homme est un énorme mensonge. Une manipulation.
N’oublions pas que, il y a 15 000-20 000 ans, les 3/4 de l’europe étaient couverts de glace, la plaque continentale eurasienne déjà à l’emplacement actuel.
Le GIEC se fait fort de 3 000 scientifiques : Or, plus de la moitié sont des politiciens sans culture scientifique, et parmi les « scientifiques » , aucun n’a laissé la moindre empreinte de travaux remarquables dans les anales scientifiques.

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