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Europacity: des élus locaux réaffirment leur soutien au projet contesté


Actualité publiée le 27/05/18 13:36
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Vue du projet Europacity publiée le 27 septembre 2017 et réalisée par l'entreprise Alliages et Territoires (AFP/Archives/Handout)

"On ne va pas respirer du béton": des centaines de personnes se sont rassemblées dimanche au nord de Paris pour "fêter" et défendre les terres agricoles où promoteur et élus locaux souhaitent voir s'élever le mégaprojet contesté Europacity, a constaté une journaliste de l'AFP.

En bordure de 2x2 voies et au milieu des champs qui couvrent la zone dite du "triangle de Gonesse" (est du Val-d'Oise), ces opposants célébraient - avec fanfare, clowns et débats - la "fête des terres de Gonesse". Ils refusent l'"artificialisation" de ces parcelles, rares vestiges agricoles en banlieue parisienne.

Immochan, la filiale immobilière du groupe Auchan, et le conglomérat chinois Wanda, prévoient d'y construire le complexe de commerces et de loisirs Europacity. Avec un budget de 3,1 milliards d'euros, ils espèrent créer 10.000 emplois et attirer 31 millions de visiteurs (gratuits et payants) par an.

Le projet est contesté autant par les milieux écologistes à l'origine de la manifestation de dimanche, que par des fédérations de commerçants inquiètes du risque de "cannibalisation" de leur activité.

Il est au contraire défendu par les élus locaux qui ont organisé une conférence de presse dimanche matin à la mairie de Gonesse, autour du maire socialiste Jean-Pierre Blazy.

Le vice-président LR du conseil départemental Philippe Sueur, la députée LREM de la circonscription Zivka Park, les sénateurs Arnaud Bazin et Rachid Temal, respectivement LR et PS : tous ont affirmé qu'Europacity allait contribuer au développement de cette zone déshéritée du Val-d'Oise.

Assis au premier rang, le directeur général d'Europacity Benoît Chang n'a pas pris la parole.

"Une minorité agissante met en cause un choix très majoritaire du département", a affirmé Arnaud Bazin, mettant en garde contre le "précédent" du projet d'aéroport Notre-Dame-des-Landes, initié en 1963 avant d'être abandonné cette année.

Jean-Pierre Blazy a lui déploré l'"intégrisme écologique" des opposants.

Ces derniers avaient soufflé en février en raison d'une étude d'impact jugée "insuffisante", la justice administrative avait annulé l'arrêté de création de la zone d'aménagement du triangle de Gonesse - 280 hectares dont 80 destinés à Europacity. L'Etat a depuis fait appel.

"Beaucoup croyaient à tort qu'on avait gagné. Il faut maintenant que la mobilisation progresse", a déclaré à l'AFP Bernard Loup, président du collectif d'opposants CPTG.

"On ne va pas respirer du béton", "ici futur ZAD" (zone à défendre), pouvait-on lire dimanche sur des pancartes autour du potager planté par le collectif. Une tour de fortune a été érigée, d'où les manifestants pouvaient dominer le site, situé entre les aéroports de Roissy et du Bourget, à 15 km au nord de Paris.

Plusieurs responsables politiques sont venus les soutenir, dont le secrétaire national du Parti communiste Pierre Laurent, l'eurodéputé écologiste Yannick Jadot et la députée France insoumise Clémentine Autain.

"Ceux qui essaient de mettre les mains sur ces terres font prévaloir la logique du fric", a déclaré Pierre Laurent.

Outre Europacity, une gare du Grand Paris Express et un quartier d'affaires doivent sortir de terre. Depuis que le gouvernement a décidé de reporter à 2027 la construction de la gare, Europacity ne prévoit plus que d'ouvrir partiellement en 2024, quand Paris accueillera les Jeux Olympiques.

© 2018 AFP

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