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Évènementiel, malgré la reprise, les difficultés persistent


Actualité publiée le 21/07/21 20:42

Poids lourd de l’économie française, le secteur de l’événementiel peine à se relever de la crise sanitaire. Alors que les restrictions se lèvent, les difficultés persistent, notamment du côté des grands groupes comme GL Events ou Comexposium.  La reprise du secteur dépend pourtant de la relance de leurs activités.

Poids lourd de l’économie, le secteur de l’événementiel a subi la crise de plein fouet

Intrinsèquement dépendant des foires, expositions et autres salons, le secteur de l’événementiel a subi de plein fouet les restrictions dues à la crise de Covid-19. Un coup dur pour le secteur, et pour l’économie française dans son ensemble. Les chiffres d’avant la crise témoignent de l’importance de cette industrie dans la richesse nationale. Fin 2019, à la veille de la crise sanitaire, une étude commanditée par un collectif d’organisations professionnelles et d’institutions et menée par le cabinet EY évaluait à 32 milliards d’euros les retombées économiques des événements à l'initiative d’entreprises et d’institutions. Quant au nombre d’emplois non délocalisables que représente l’évènementiel, EY l’estime à 335 000. Pour le site spécialisé evenement.com, la force du secteur est de rallier “plusieurs secteurs au sein d’une même filière” : prestataires, traiteurs, spécialistes du transport, de l’aménagement ou encore des lieux d’événements. Bertrand Biard, président de l’association Lévénement, qui fédère les agences du secteur, estimait fin 2019 que “Les acteurs français allient ainsi une créativité qui s'appuie sur notre art de vivre et de recevoir, à une rigueur dans la finition et le suivi”.

Las, la pandémie a fait dérailler cette locomotive économique. Wiktor Bourée, fondateur et CEO de Technis, évoquait récemment dans Stratégies les conséquences de la crise sur le secteur : “Cette paralysie mondiale a entraîné rien que pour la France une chute vertigineuse de 80% du chiffre d’affaires du secteur en 2020, avec 4 200 salons, congrès et foires annulés, soit une perte totale de 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires, selon le Global Exhibition Barometer de janvier 2021.” Avec des conséquences sur les poids lourds du secteur : Comexposium, numéro 1 français et numéro 3 mondial des acteurs de l’événementiel, a dû renoncer in extremis au rachat d’Europa Group en 2020. Sans rentrées financières à l’issue du premier confinement, la société a dû se placer sous une procédure de sauvegarde en septembre 2020, renouvelée en mars 2021, et qu’elle envisage de prolonger en septembre prochain. Prévue pour les sociétés qui ne sont pas en cessation de paiement, la sauvegarde permet de suspendre temporairement le remboursement des dettes d’un groupe.

Des difficultés à venir

La levée des restrictions et la tenue de certains événements pourraient présager d’une reprise prochaine du secteur. Du 16 au 19 juin dernier, le rendez-vous européen dédié aux startups et à la technologie VivaTech a fait son retour en accueillant 140 000 visiteurs, dont 26 000 en physique. Mais malgré cet exemple encourageant, le secteur est loin d’être tiré d’affaire : “Sur les 3 000 entreprises événementielles en France, 600 pourraient mettre la clé sous la porte dans les prochains mois.”, rappelle evenement.com. Un avenir sombre qui inquiète aussi les pouvoirs publics, conscients de l’importance de cette industrie pour l’économie toute entière : “Les congrès, les foires et salons sont autant d’éléments qui contribuent à la vigueur de notre économie.”, a reconnu le ministre de l’Economie Bruno Le Maire à l’occasion de l’ouverture de l’événement See You There, rendez-vous annuel de l’Union Française des Métiers de l’Evénement (Unimev) le 1er juillet dernier. Tout en se montrant rassurant à l’égard du secteur : “Ma porte est ouverte. Si des difficultés nouvelles se présentent, nous serons toujours là. Comptez sur moi dans les mois à venir.”

Une bonne nouvelle, alors que d’autres poids lourds sont en proie aux licenciements : le groupe lyonnais GL Events a ainsi perdu 364 personnes en France, soit 12% de ses effectifs. Un chiffre tel que la CFDT dénonce un “plan social déguisé”. Au total, ce sont 18,1% des emplois dans le secteur qui ont été détruits depuis le début de la crise, selon une enquête réalisée par l’Unimev.

S’appuyer sur les géants du secteur pour anticiper la reprise

Dans ces conditions, s’appuyer sur les poids lourds de l’organisation d’événements apparaît opportun pour porter la reprise. Le groupe Hopscotch a par exemple lancé « Meeting Ready », un protocole sanitaire élaboré avec Socotec, dressant toutes les précautions à prendre avant, pendant, et après un évènement, de l'accueil au démontage. De son côté, Comexposium espère le redémarrage du secteur à la rentrée. Amputé en 2020 de 75% de son chiffre d’affaires et d’un quart de ses effectifs en France, trainant une dette de plus de 500 millions d’euros, le groupe peine à voir le bout du tunnel. Une offre de ses créanciers pourrait finalement lui permettre de sortir la tête de l’eau. Au nombre de quatre (Strategic Value Partners, Attestor, KKR et Hayfin), ces fonds proposent d’injecter 175 millions d’euros, et d’échanger la moitié de la dette qu’ils détiennent en actions. Une injection qui pourrait permettre au groupe de “relancer les activités”, selon le site evenement.com, si tant est que le management et les actionnaires de Comexposium acceptent des nouveaux venus à leur table. 

D’autant que la reprise pourrait intervenir à court terme. Pour Julie Failler, dirigeante d’Oscar, société nantaise de billetterie, “si reprise il y a, ça sera à la rentrée. L’été, c’est la période de la culture, pas de l’événementiel”. Le ministre de l’Economie se veut optimiste, “convaincu que les perspectives sont florissantes pour la filière (...) La France devrait avoir une croissance de 5% l’an prochain, soit une des meilleures en Europe. Les professionnels de l’événementiel vont pouvoir bénéficier de cette dynamique”. Un optimisme partagé par Pierre-Louis Roucariès, président de l’Unimev, qui voit apparaître “un processus de réengagement après une phase de licenciements”.

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