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Lactalis: un cas avéré de salmonellose en Espagne, suspicion en Grèce


Actualité publiée le 12/01/18 16:54
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Le siège de l'Institut Pasteur à Paris, le 21 juillet 2017 (AFP/BERTRAND GUAY)

La crise autour de la commercialisation de lait infantile Lactalis contaminé aux salmonelles s'est étendue à l'Europe vendredi contraignant le groupe laitier français à annoncer la reprise de tous les produits issus de l'usine infectée.

En Espagne un bébé ayant consommé du lait contaminé de Lactalis a contracté la salmonellose, et un autre cas est soupçonné en Grèce, ont indiqué vendredi des scientifiques de l'Institut Pasteur.

"Ce sont deux cas touchant des enfants qui ont consommé le lait en question. Le cas espagnol est confirmé. L'ADN le dit", a expliqué à l'AFP François-Xavier Weill, bactériologiste de l'Institut Pasteur de Paris, confirmant une information publiée dans la revue médicale Eurosurveillance.

"Le cas grec ne l'est pas, mais il y a des signes", a-t-il ajouté. "On ne pourra confirmer qu'il s'agit bien de la même souche de bactérie qu'avec l'analyse ADN", laquelle est en cours, a précisé M. Weill, directeur du Centre national de référence salmonelles à l'Institut Pasteur.

L'état de santé de ces deux bébés n'a pas été précisé. En France, les 35 nourrissons atteints - dont 18 qui avaient été hospitalisés - vont tous "bien", selon l'agence sanitaire Santé publique France.

L'article dans Eurosurveillance, cosigné par 16 scientifiques de Pasteur et Santé publique France, précise que le lait contaminé de l'usine Lactalis a été exporté "dans 66 pays, dont 12 de l'Union européenne". L'Algérie et la Chine font partie des principaux marchés concernés.

Des alertes ont été lancées début décembre auprès de ces pays via les systèmes d'information de l'Union européenne et de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

- Manque de transparence -

Le gouvernement français a tapé du poing sur la table cette semaine, reprochant au leader mondial du lait des "comportements inacceptables" dans sa gestion de la crise et agitant la menace de "sanctions".

Le très discret patron du groupe, Emmanuel Besnier, a été convoqué vendredi par le ministre de l'Economie Bruno le Maire. A l'issue de la rencontre, le ministre a annoncé - seul - l'élargissement des produits rappelés, limité jusqu'ici à ceux fabriqués depuis février 2017.

"Lactalis reprendra tous les produits de laits infantiles fabriqués sur le site de Craon, quelle que soit leur date de fabrication, dans tous les lieux de commercialisation", a indiqué le ministre.

Afin de mettre fin à l'inquiétude des familles et éviter que ce scandale ne vienne éprouver la "réputation" d'une filière laitière française déjà en crise, Bruno Le Maire a également demandé au président de Lactalis, "de faire preuve de davantage de transparence".


Lactalis, géant mondial (AFP/Alain BOMMENEL, Laurence SAUBADU)

Le patron du groupe, prié par le gouvernement de s'exprimer publiquement, est arrivé et reparti par une entrée dérobée, évitant les caméras.

"Le président de Lactalis communiquera publiquement sur les causes de la contamination dès qu'elles seront établies", a toutefois assuré M. Le Maire.

Jeudi un porte-parole de Lactalis avait présenté des excuses aux parents lors d'une conférence de presse.

Le gouvernement reproche au groupe laitier d'avoir manqué de transparence et tardé à réagir après la détection de salmonelle dans son usine de Craon, lors d'auto-contrôles réalisés en août et novembre. Cette contamination, qui concernait seulement l'environnement du site et non les produits, n'a été révélée au public que début décembre.

C'est ensuite le rappel des lots de lait infantile en trois étapes en décembre qui a semé la zizanie.

Faute d'accord avec Lactalis, le ministre de l'Economie a expliqué avoir dû signer lui-même le 9 décembre un arrêté demandant la suspension de la commercialisation des laits infantiles et le rappel de quelque 600 lots, soit 11.000 tonnes.

Le retrait s'est par ailleurs révélé incomplet, certains distributeurs ayant continué à vendre des produits potentiellement contaminés pendant encore plusieurs semaines.

Fin décembre, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour "blessures involontaires", "mise en danger de la vie d'autrui", "tromperie aggravée par le danger pour la santé humaine" et "inexécution d'une procédure de retrait ou de rappel d'un produit" préjudiciable à la santé.

Les salmonelloses sont des intoxications alimentaires allant de la gastroentérite bénigne à des infections plus graves. Elles sont potentiellement plus dangereuses pour les jeunes enfants, les personnes âgées ou affaiblies.

bur-ef-lby-ngu/mw/jk/cn

© 2018 AFP

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