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Les candidats à la reprise de Bio C'Bon ont rendez-vous au tribunal


Actualité publiée le 16/10/20 07:19

Biocoop va proposer de reprendre "100% des salariés, dans les magasins, à la logistique ou au siège" de Bio C'Bon (AFP/Archives/ALAIN JOCARD)

Quel avenir pour Bio C'Bon? Son concurrent Biocoop, le géant de la distribution Carrefour et le groupe familial Zouari, actionnaire de Picard, ont promis de reprendre une large part de son millier de salariés et défendent leur projet vendredi devant le tribunal de commerce de Paris.

Quand le distributeur spécialisé avait officialisé son placement en redressement judiciaire, début septembre, son président Thierry Chouraqui s'était déclaré "positif" quant à l'avenir en raison du nombre de marques d'intérêt. De fait, les candidats qui ont rendez-vous au tribunal de commerce vendredi sont nombreux et rivalisent d'offres de reprise larges.

Biocoop, associé à un autre spécialiste du bio, Marcel&Fils, prévoit la reprise de 104 magasins sur les 120 que compte Bio C'Bon, mais "100% des salariés, dans les magasins, à la logistique ou au siège", selon son président Pierrick De Ronne, soit 1.021 personnes (effectifs au 30 septembre 2020). Désireux de préserver un "réseau bio spécialisé" des appétits de la "grande distribution", il a en outre "augmenté substantiellement" le montant de son offre, à 17,5 millions d'euros.

Cette donnée, le "prix de cession", est importante car elle permet notamment d'apurer le passif de Bio C'Bon, qu'un des repreneurs potentiels sondé par l'AFP évalue à rien moins que 240 millions d'euros.


Naturalia s'est retiré de la course en évoquant des "zones d'ombre" (AFP/Archives/JOEL SAGET)

Car le distributeur a souffert à la suite des mouvements sociaux qui ont affecté les centres-villes entre fin 2019 et début 2020, puis de l'épidémie de coronavirus. L'enseigne spécialisée du groupe Casino, Naturalia, un temps intéressée par la reprise avant de reculer en invoquant des "zones d'ombre", avait en outre diagnostiqué une "expansion trop rapide et non maîtrisée".

Carrefour propose de son côté un prix de cession global de 60 millions d'euros, auquel s'ajoutent, selon cette même source, plus de 40 millions d'euros d'investissements, le tout "financé sur fonds propres".

L'entreprise cotée en Bourse s'appuie en outre sur l'expertise de son "monsieur Bio" Benoît Soury, ancien dirigeant de La Vie claire, pour défendre un projet de reprise large: 107 points de vente ainsi que le siège du groupe repris, solutions de reclassement "proposées à 100% des salariés travaillant sur les sites d'Aix-en-Provence et d'Athis-Mons", soit au total 1.009 salariés repris ou reclassés.

- Trois grands critères -

Enfin, le groupe Zouari, franchisé du groupe Casino et actionnaire des surgelés Picard, chiffre le prix de cession global à 10 millions d'euros et prévoit de reprendre 120 magasins, soit 100% du parc, "100% du personnel des magasins" et "100% du personnel de la logistique et l'ensemble du personnel administratif", selon un courrier aux salariés consulté par l'AFP.

Ce groupe familial s'appuie lui aussi sur un bon connaisseur de l'écosystème bio, l'ancien directeur général de Biocoop Gilles Piquet-Pellorce, et promet "70 millions d'euros" d'investissements, "sur fonds propres", notamment pour la rénovation des magasins.


Biocoop, le leader du secteur, s'est associé avec un autre spécialiste, Marcel&Fils dans son projet de reprise (AFP/Archives/FRED TANNEAU)

Il a aussi le "soutien total et sans réserve" de l'association Adibio, qui défend les intérêts de 2.850 particuliers qui avaient investi pour le développement de Bio C'Bon, et craignent de perdre leur mise, qu'ils évaluent au total à 114 millions d'euros.

Dernier candidat notable, le distributeur alimentaire de la galaxie Mulliez Auchan a déposé une offre portant sur 57 magasins et 318 emplois, notamment en Ile-de-France (38 magasins, 220 emplois).

Comment départager ces offres? Le tribunal de commerce tranchera en fonction de plusieurs grands critères: qui sera le mieux à même d'assurer la pérennité de l'entreprise reprise? Quel sera le nombre d'emplois préservés et sur quelle durée? Quelle offre permettra le meilleur apurement du passif, c'est-à-dire le remboursement des divers créanciers de l'entreprise?

Au cours de l'audience vendredi, qui se tiendra à huis clos, les représentants des salariés seront amenés à se prononcer, de même que le ministère public. Le tribunal de commerce ne devrait pas rendre de décision vendredi, mais dans les jours ou semaines qui suivront.

© 2020 AFP

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