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Les grèves n'auront qu'un impact limité sur la croissance économique de la France en 2019


Actualité publiée le 15/01/20 13:14

Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, à Paris le 12 mars 2019 (AFP/Archives/ERIC PIERMONT)

Le mouvement social contre la réforme des retraites, qui perturbe notamment les transports, ne devrait pas peser outre mesure sur la croissance économique en 2019, malgré des effets sectoriels importants.

Après les "gilets jaunes", c'était la nouvelle inquiétude pour l'économie française en 2019: la croissance allait-elle être fortement pénalisée par une grève dont la durée est particulièrement longue?

Mercredi devant les sénateurs, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, s'est voulu rassurant, en évoquant un impact "d'au plus" 0,1 point sur le produit intérieur brut (PIB), déjà intégré dans la prévision de croissance à 0,2% de la Banque de France pour le quatrième trimestre. Il a aussi confirmé la prévision de croissance pour l'ensemble de l'année à 1,3%.


Mobilisation de la CGT contre la réforme de retraites devant la Banque de France à Paris, le 15 janvier 2020 (AFP/STEPHANE DE SAKUTIN)

Les prévisions de la Banque de France reposent notamment sur une enquête qu'elle réalise tous les mois auprès des entreprises françaises. "Il y a un an au moment du mouvement des +gilets jaunes+, 20% des entreprises se disaient affectées. Aujourd'hui, sur le même échantillon, ce sont 10% des entreprises, dans les mêmes secteurs, principalement hébergement-restauration et transports", a ainsi détaillé M. Villeroy de Galhau.

La grève est en effet essentiellement circonscrite au secteur des transports, qui pénalise les déplacements des personnes et des marchandises, notamment en Ile-de-France, même si les raffineries, l'éducation ou encore certaines professions libérales ont également participé au mouvement.

Mi-décembre, le gouverneur de la Banque de France avait expliqué, au regard de l'expérience historique, que les mouvements sociaux "pèsent finalement peu sur la croissance de l'économie, avec plutôt un simple décalage de l'activité, notamment avec les +gilets jaunes+ il y a un an et lors des grandes grèves de 1995".

En 1995, la croissance avait été amputée de 0,2 point au quatrième trimestre. Et depuis, les autres grèves ont eu un impact qui n'a jamais dépassé 0,1 point.


Rassemblement d'opposants à la réforme des retraites devant la Gare de l'Est à Paris, le 26 décembre 2019 (AFP/Archives/STEPHANE DE SAKUTIN)

Cette fois, "la production industrielle ne paraît pas touchée, alors qu'en 1995 elle avait été affectée par des blocages divers", avait aussi rappelé mi-décembre Julien Pouget, chef du département de la conjoncture à l'Insee, qui n'a pas encore dévoilé sa propre estimation de l'impact des grèves.

Le mouvement, source d'incertitude, a toutefois pesé sur le moral des ménages, qui a baissé en décembre pour la première fois depuis un an, selon l'Insee. Or, cet indicateur est un élément important pour évaluer le niveau à venir de la consommation, principal moteur de la croissance économique du pays.

- effets sectoriels majeurs -

Au-delà des effets macroéconomiques, certains secteurs souffrent beaucoup du mouvement qui dure maintenant depuis plus d'un mois.

"Je ne pense pas que ça coûtera très cher à la France", avait ainsi noté lundi le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, tout en reconnaissant que "cela coûte très cher à un certain nombre de commerçants".


Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, à son arrivée à l'Elysée le 15 janvier 2020 (AFP/Ludovic Marin)

Les professionnels du tourisme et les commerçants, en particulier en Ile-de-France, sont en effet les principales victimes du mouvement de grève contre la réforme des retraites. Au total, la baisse de chiffre d'affaires a atteint 30% à 40% pour les commerçants et artisans à Paris, selon le président de la Chambre des métiers et de l'artisanat (CMA) Bernard Stalter.

Pour pallier ces difficultés, le gouvernement a relancé mi-décembre une partie du dispositif d'aide déjà débloqué durant le mouvement des "gilets jaunes".

Cette fois cantonné à l'Ile-de-France, il cible les entreprises du secteur du tourisme qui pourront bénéficier d'un étalement de paiement de leurs charges fiscales et sociales, de mesures de chômage partiel, et éventuellement d'autorisations d'ouverture le dimanche. Depuis, la gouvernement a aussi évoqué la possibilité de mesures exceptionnelles de dégrèvement fiscal.

"Nous ferons tout ce qui est nécessaire pour qu'aucun commerçant n'ait à mettre la clé sous la porte", a insisté à plusieurs reprises Bruno Le Maire.

© 2020 AFP

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4 commentaires sur cet article. Participez à la discussion.

jamariuscky


15/01/20 13:45
Encore une affirmation qui n'engage que son auteur mais pourrait bien être différente en 2020.
melise


15/01/20 13:52
une fois on nous explique que cela est très grave pour l'économie, puis que cela a très peu d'importance. Mais cela démontre le language très politique qui s'adapte afin de sauvegarder leur intérêt propre.
CRI74


15/01/20 14:02

Il oublie de dire que chaque conflit social touchant fortement l'économie apparaît comme un désastre pour la France .

Son attractivité est atteinte dans les esprits autant que par l'aspect purement financier . Et cela atteint le long terme dont l'impact réel se mesure beaucoup moins bien .

Les ports sont bloqués ces jours ci , là aussi engendrant de lourdes conséquences , immédiates et dérivées .

On ne cesse d'abonder fiscalement et plus directement les entreprises pour tout reperdre et bien au delà par entêtement idéologique coupable et délivrance du patrimoine national (notre épargne et nos actifs ) aux puissances financières .

Comment peut -on encore donner quelque crédit à ces gouvernants


doudouneuf


15/01/20 14:03

ils veulent donner l'absolution aux cgtistes pour qu'ils continuent leur cirque.....

et peut - être, ( qui sait !!! ) , les forces de l'ordre en redemandent aussi un peu plus !!!!!!!


Inimaginable, le mépris du pouvoir pour le peuple .

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