Royaume-Uni: la course à la succession de May est ouverte
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Royaume-Uni: la course à la succession de May est ouverte


Actualité publiée le 25/05/19 04:03

La Première ministre britannique Theresa May repart après avoir annoncé sa démission devant le 10 Downing Street, le 24 mai 2019 (AFP/Tolga AKMEN)

Les candidats à la succession de la Première ministre démissionnaire Theresa May se bousculent, chacun ayant son approche sur la manière de gérer le délicat dossier de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

Dernier en date à avoir rendu publique sa candidature dimanche, le ministre de l'Environnement et pourfendeur du plastique Michael Gove, un eurosceptique de 51 ans, pourrait apparaître comme étant l'homme de la situation en raison de la souplesse de ses positions.

L'ancien maire de Londres et ex-chef de la diplomatie Boris Johnson n'avait quant à lui pas attendu l'annonce, vendredi, du départ de Theresa May pour faire savoir qu'il briguait son poste.

Cet homme de 54 ans, qui a été un des artisans de la victoire du Brexit au référendum de 2016, est le grand favori des militants de base du Parti conservateur.


Photos récentes de six des favoris à la succession de la Première ministre britannique Theresa May: de gauche à droite, Andrea Leadsom, Boris Johnson, Jeremy Hunt, Michael Gove, Sajid Javid et Dominic Raab. (AFP/STF)

Dominic Raab, une figure de la nouvelle garde des Tories et fugace ministre chargé du Brexit, l'actuel titulaire du portefeuille des Affaires étrangères Jeremy Hunt et l'ancienne présidente de la Chambre des Communes Andrea Leadsom figurent également parmi les principaux prétendants.

"Pour réussir une négociation, il faut être prêt à claquer la porte", a dit cette dernière au Sunday Times, tandis que Dominic Raab a écrit : "Je préférerais que l'on quitte (l'Union européenne) avec un accord".

Le ministre de la Santé Matt Hancock, celui du Développement international Rory Stewart et l'ex-ministre du Travail Esther McVey ont également fait acte de candidature.

D'autres pourraient suivre dans les prochains jours, le ministre de l'Intérieur Sajid Javid comptant parmi les poids lourds prometteurs.

- Une lourde tâche -

Theresa May laisse à son successeur la lourde tâche de mettre en œuvre le Brexit dans un pays divisé sur la question, soit en renégociant un nouvel accord avec Bruxelles - celui qu'elle avait conclu a été rejeté par les députés -, soit en optant pour une sortie sans accord.


Boris Johnson, alors ministre des Affaires étrangères, quitte le 10 Downing Street le 13 juillet 2016 (AFP/Archives/OLI SCARFF )

Elle a fait savoir vendredi qu'elle quitterait ses fonctions le 7 juin, exprimant son "profond regret" d'avoir échoué dans ses tentatives de concrétiser le divorce avec l'UE, trois ans après que 52% des votants se furent prononcés par référendum pour celui-ci.

Mme May assurera la transition jusqu'à ce que les 100.000 membres de son Parti conservateur se choisissent, d'ici au 20 juillet, entre les deux candidats devant être sélectionnés par les députés tories, un nouveau leader, qui deviendra le prochain chef du gouvernement.

L'annonce de la Première ministre a ainsi sonné le début d'une lutte pour le pouvoir de deux mois chez les conservateurs.

- Renégocier ? Sortir sans accord ? -

Le scénario d'une sortie sans accord de l'UE n'est pas écarté par le favori de la course à la succession de Theresa May, Boris Johnson.

Car s'il a déclaré vendredi qu'il chercherait à renégocier l'accord que celle-ci a conclu avec Bruxelles, il a aussitôt ajouté : "nous quitterons l'Union européenne le 31 octobre, accord ou pas", s'opposant ainsi à tout nouveau report de la date butoir.

Le ministre des Finances Philip Hammond a à cet égard averti dimanche sur la BBC qu'il pourrait aller jusqu'à voter contre le futur gouvernement formé par son parti pour éviter un Brexit sans accord, car cela aurait "un impact économique et fiscal très significatif sur le pays".

Un tel divorce "n'est pas un choix de politique possible pour le prochain Premier ministre", puisque les députés britanniques ont déjà voté contre, a de son côté mis en garde Matt Hancock sur Sky News.


Les Premiers ministres britanniques (AFP/Jonathan WALTER)

Le futur Premier ministre sera confronté au même rapport de force à la Chambre des Communes avec l'opposition travailliste, puisque son arrivée n'est pas liée à de nouvelles élections législatives.

"La question est : est-ce qu'un nouveau Premier ministre peut retourner voir les 27 de l'Union européenne et obtenir un accord différent, qui serait plus attractif pour le Parlement ?" juge Tony Travers, professeur de politique publique à la London School of Economics (LSE).

La Commission européenne a d'ores et déjà répondu vendredi que la démission de Mme May ne changeait "rien" à la position des autres Etats membres sur l'accord de sortie déjà négocié.

Le chef du Labour Jeremy Corbyn a quant à lui appelé à de nouvelles législatives. Mais ce scénario tente fort peu les Tories, qui ne disposent que d'une étroite majorité au Parlement et pourraient être menacés de la perdre avec l'arrivée d'un nouvel acteur, le Parti du Brexit de l'europhobe Nigel Farage, en tête dans les sondages pour les européennes qui ont eu lieu jeudi au Royaume-Uni.

© 2019 AFP

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