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Panne des numéros d'urgence : "pas un problème de sous-investissement" d'Orange, défend son PDG


Actualité publiée le 16/06/21 13:13

Le PDG d'Orange, Stéphane Richard, le 7 septembre 2020 à Paris (AFP/Archives/JOEL SAGET)

Le dysfonctionnement du système des numéros d'urgence début juin, pendant lequel plusieurs décès suspects sont survenus, n'est pas la conséquence d'"un sous-investissement" de la part d'Orange ni d'un problème sur "le réseau cuivre", a assuré le PDG de l'opérateur Stéphane Richard mercredi à l'Assemblée nationale.

"Ce n’est pas un problème de sous-investissement de la part d’Orange, ce n'est pas lié au réseau cuivre, c'est lié à un bug logiciel préexistant" sur un équipement "installé en 2016", a expliqué Stéphane Richard devant les députés de la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale, qui l'ont auditionné mercredi.

Le "bug logiciel - qui ne s'était pas manifesté jusque-là- s’est produit au moment d’une commande de reconnexion (...) à l’occasion d’une opération de modernisation et d’extension du réseau pour faire face à l'augmentation du trafic que nous avons observé tout au long de l’année 2020" a détaillé Stéphane Richard.

Le 2 juin en fin de journée, les numéros 15, 17, 18 et 112 étaient pour beaucoup de Français inaccessibles ou joignables seulement après de multiples tentatives. Cette panne a de façon inédite affecté tout le territoire.

A ce jour, cinq décès suspects ont été constatés dans le Morbihan, en Haute-Saône, en Vendée, à la Réunion, et dans les Bouches-du-Rhône, durant cette panne.

Selon les conclusions de l'enquête d'Orange publiée le 11 juin, 11.800 appels, soit 11% du total, n'ont pas été acheminés pendant la panne du 2 juin, entre 16h45 et minuit.

Ce dysfonctionnement "est la conséquence d'un bug dans les logiciels des +calls servers+", c'est-à-dire les équipements techniques qui gèrent l'interconnexion entre le réseau IP et l'ancien réseau analogique, avait indiqué Orange à l'issue de son enquête d'Orange. L'entreprise écarte également la piste d'une cyber-attaque.

Pour son PDG, "cet incident n’est pas lié à un sous-investissement mais à un investissement. Tous les messages sur l’obsolescence du réseau sont hors sujet", a-t-il affirmé mercredi.

Le dirigeant de l'opérateur a néanmoins reconnu devant les députés "des faiblesses" dans la communication de crise de la part de son groupe lors de la panne.

Le 2 juin, "la mobilisation technique a été immédiate" mais "l'activation des cellules de crise et notamment managériales a été trop lente", a estimé M. Richard.

Le délai de déclenchement de ces cellules "va passer de 2 heures à 30 minutes", comme le recommande l'enquête interne d'Orange, a-t-il rappelé.

S’il "n’appartient pas" aux opérateurs "de se prononcer" sur la mise en place d’un numéro d’urgence unique, qui fait actuellement débat, le recours à "des campagnes d’envois de SMS massifs (...) à toute la population" pour signaler un numéro de secours en cas de nouvelle panne, est une mesure "à envisager" et possible àmettre en place techniquement, a déclaré M. Richard aux députés.

Le PDG d'Orange qui préside aussi l'association internationale des opérateurs télécoms (GSMA), va également proposer la création "d'une cellule chargée de répertorier, analyser et partager les expériences des 750 opérateurs mondiaux sur ce type de dysfonctionnements" a-t-il indiqué aux députés, après avoir cité une liste d'incidents similaires survenus chez d'autres opérateurs à l'étranger.

© 2021 AFP

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