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Toulouse sous le choc: plus de 3.500 postes supprimés chez Airbus


Actualité publiée le 02/07/20 16:09

Le logo Airbus sur le siège de l'entreprise, à Saint-Martin du Touch, près de Blagnac, dans la banlieue de Toulouse, le 2 juillet 2020. (AFP/GEORGES GOBET)

Toulouse va payer un lourd tribut à la crise du secteur aérien post-Covid dans le secteur aéronautique : près des trois quarts des 5.000 postes qu'Airbus compte supprimer en France le seront dans la capitale européenne de l'aéronautique.

D'après le décompte communiqué jeudi aux syndicats en comité de groupe, outre Toulouse, le plan social chez Airbus et sa filiale Stelia Aerospace touche aussi durement Saint-Nazaire (près de 600 emplois) et Nantes (près de 500).

Le patron du 1er syndicat chez Airbus, Jean-François Knepper (FO), a dénoncé un "plan excessif et disproportionné". "La crise est conjoncturelle, mais le plan est structurel", a-t-il dénoncé.

Toulouse, où Airbus et ses filiales emploient quelque 25.000 salariés, "est la capitale de l'aéronautique, quand l'orage arrive, elle est plus mouillée que les autres" mais "ce n'est pas une raison pour justifier tout et n'importe quoi", a-t-il ajouté.

Selon FO, la CFE-CGC et la CFTC, les trois principaux syndicats, les quelque 5.000 suppressions en France (sur un total de 15.000 dans le monde) annoncées mardi par l'avionneur pour d'ici l'été 2021 incluent 704 postes chez le fabricant d'aérostructures Stelia, filiale à 100%. Et 186 chez le constructeur ATR, une co-entreprise entre Airbus et l'italien Leonardo.

A Toulouse et sa périphérie, notamment à Blagnac, l'"Airbus City", ce sont 2.398 suppressions de postes à la production, 980 au siège, 186 chez ATR et 36 chez Stelia qui sont prévues, selon les syndicats.

- Négociations lundi -

Dans ses implantations à Rochefort, Mérignac, Méaulte et Saint-Nazaire, la filiale Stelia doit perdre au total quelque 700 postes, a précisé M. Knepper, à l'issue d'un comité de groupe avec la direction.

"Nous allons vers un cataclysme social à l'automne", a-t-il mis en garde M. Knepper. "Comment l'Etat peut-il accepter autant de licenciements?".

"Nous sommes inquiets. On ne sait pas qui va sauter. Certains d'entre nous ont un crédit sur le dos, si on perd notre salaire, ça va être compliqué", témoigne Ludovic Beller, un mécanicien de 29 ans qui travaille depuis sept ans pour Airbus, à l'entrée d'une des usines du groupe.


Deux membres d'un des syndicats d'Airbus appellent les salariés à assister à une réunion d'information sur le plan de restructuration, à l'entrée du site de Saint-Martin du Touch près de Blagnac, le 2 juillet 2020. (AFP/GEORGES GOBET)

"On ne sait pas où on va. Le choc est brutal. Avant la crise du Covid, on était en plein boom, on comptait installer la chaîne d'assemblage de l'A321 sur le site de l'A380, on avait des perspectives d'embauche", relate David Neff, un technicien de 26 ans.

Florent Veletchy, délégué syndical central de la CFTC, 3ème syndicat du groupe, précise que 2.823 "cols blancs" et 1.425 "cols bleus", selon la terminologie Airbus, sont menacés.

- Manifestation mercredi -

Les syndicats vont "maintenant s'assoir à la table des négociations (...) On commence lundi matin et on est partis pour quatre mois", a indiqué M. Knepper.

Mais jugeant que les "dirigeants se sentent un peu décomplexés", il a souligné la détermination des syndicats à les "ramener à la raison".


Un Airbus A320 au siège de l'entreprise à Blagnac, le 29 juin 2020. (AFP/Archives/REMY GABALDA)

"S'ils veulent passer en force, on montera le ton", a-t-il ajouté, rappelant que la ligne rouge syndicale était le "zéro licenciement sec".

Et mercredi, les salariés d'Airbus sont appelés par les trois syndicats à une manifestation au siège de l'avionneur.

Le trio syndical espère que les départs anticipés, volontaires, une activité partielle longue durée et des dispositifs de formation, permettront de diminuer le périmètre du plan.

Les syndicats entendent aussi défendre les sous-traitants, car l'ensemble de la filière emploie quelque 60.000 personnes dans la région.

"Airbus ne redémarrera pas si les sous-traitants disparaissent", souligne M. Knepper. La déléguée CFE-CGC Françoise Vallin relève, elle, le "risque pour la survie de petites entreprises fragilisées avant la crise".

L'Etat a annoncé un plan de relance du secteur aéronautique de 15 milliards d'euros, qui englobe l'aide prévue pour Air France. La présidente socialiste de la région Occitanie, Carole Delga, doit pour sa part dévoiler vendredi un plan de relance régional de près de 100 millions d'euros pour la filière.

Venu à Toulouse manifester son soutien au secteur, le secrétaire national du Parti communiste Fabien Roussel a appelé l'Etat "à ne pas laisser faire ce qui se passe à Airbus", qui est "extrêmement grave".

© 2020 AFP

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4 commentaires sur cet article. Participez à la discussion.

zekat55


02/07/20 16:53

Covid. +. Ecolo+ fini les billets a10e dit le ministre. C est le trio gagnant

ALEZE


02/07/20 17:17

on devrait aussi supprimer des postes au gouvernement pour faire de grosse economies !

fraxinus


02/07/20 17:20

Bonjour à toutes et à tous,

La bourse apprécie, le titre est en hausse de 2.84% !!!

Dubaisan


05/07/20 16:07

Les temps changent; Ils bousculent à l'heure du flygskam (honte de prendre l'avion) suédois, des élections municipales en France et de la poussée des lobbies environnementalistes les stratégies d'avant Covid-19.

Les dirigeants d'Air France ont été obligés d'en tenir compte dans leur plan de réduction de personnel qui fait suite à une ré-organisation du réseau beaucoup plus profonde: Exit les hubs et les lignes déficitaires, et vive les lignes point-à-point telles que les pratiquent les compagnies low-costs. De nouvelles lignes internationales long courrier, reliant des villes importantes de chaque pays vont se créer.

Dans ce cadre, exit aussi pour Airbus le A380 dont le sort était scellé depuis plusieurs années, et poussée max sur le petit dernier l'A321XLR (4700 nm - 8700 km) qui peut faire d'une traite un CDG - LGA ( New-York La Guardia) avec 180 à 220 pax, tout en consommant 30% de moins que ses prédécesseurs...et bien sûr l'A350.

Depuis qu'Airbus a annoncé avoir terminé fin Juin et avec succès son programme ATTOL (Autonomous Taxiage Take Off and Landing / roulage , décollage et atterrissage autonomes), la conceptualisation d'un cockpit monopilote se concrétise, qui va entrainer d'autres réorganisations internes cruciales dans toutes les compagnies….

Les bouleversements ne sont pas finis….mais Airbus a une longueur d'avance sur Boeing.

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