Les obligations à taux variables, flottants et
révisables
Dans la mesure où les cours fluctuent en fonction des
taux d'intérêt, il suffit d'assurer en permanence une
rémunération égale à celle du marché, notamment à
celle des nouvelles émissions, pour maintenir les cours
au voisinage du nominal. Les emprunts à taux variable,
révisable ou flottant comportent ainsi une clause
d'indexation de leur coupon. La défense contre l'inflation n'est pas aussi bonne qu'avec une
indexation du capital sur un chiffre d'affaires, mais la
sécurité est satisfaisante en ce qui concerne à la fois le
maintien du capital nominal et la certitude de percevoir un revenu
équivalent à celui des titres achetés en Bourse ou émis le
plus récemment. Dans la mesure où les taux d'intérêt tendent
souvent à monter au moins au même niveau que le pourcentage de
hausse des prix, il y a tout de même une certaine défense contre
la dépréciation de la monnaie (pour le revenu en tout cas) dans
la formule de l'obligation à taux variable.
Mécanisme
Le taux d'intérêt de l'obligation est indexé en
général sur la moyenne d'un taux de référence calculé
dans la majorité des cas sur une période d'un an se
terminant à la veille ou quelques jours avant le
versement du revenu annuel. Si la moyenne est de 9,81 %,
le coupon de l'obligation sera calculé sur ce taux, si
elle passe l'année suivante à 10,47 %, l'intérêt
versé aux obligations suivra.
L'indexation du capital étant interdite depuis 1959, les
émetteurs ont eu recours à l'indexation de l'intérêt
avec les taux variables et flottants.
En fait, le mécanisme est fréquemment plus compliqué en
raison de l'existence d'un écart ou "spread".
Lors de l'émission, il est stipulé que le taux de
l'emprunt sera par exemple celui des emprunts d'Etat ou
des obligations majoré ou minoré d'un écart de 0,5 %
par exemple. Ainsi dans l'hypothèse retenue plus haut, le
taux de notre emprunt passerait non pas de 9,81 à 10,47
%, mais de 10,31 à 10,97 %, en raison d'un " spread
" de 0,5. On dira que l'emprunt est émis au taux
moyen des obligations + 0,5 %. Il peut y avoir aussi des
clauses de taux minimum. Un coupon minimum de 8 % sera par
exemple garanti quelle que soit l'évolution des taux.
Selon l'éloignement dans le temps de la période retenue
pour le calcul de l'indexation, la dénomination des
titres change.
On parle d'obligation à taux variable quand la période
d'indexation s'achève au moment du détachement du coupon
ou juste avant, si bien qu'on ne connaît qu'au dernier
moment l'intérêt qui sera versé. Par extension, le nom
d'obligation à taux variable est utilisé pour désigner
toute obligation à taux indexé.
Quand la période de calcul de l'indexation est
suffisamment reculée dans le temps pour que le montant du
coupon soit connu à l'avance, généralement lors du
détachement de l'intérêt précédent, on parle
d'obligation à taux flottant ou révisable. Certaines
d'entre elles comportent des coupons semestriels ou
trimestriels ou, au contraire, des coupons valables pour
plusieurs années.
Multiplication des références
Les taux de référence retenus sont nombreux. On
distingue en général les indexations obligataires et les
indexations monétaires. Parmi les premières, les plus
courantes sont le taux moyen des fonds d'Etat (TME) et le
taux moyen des obligations (TMO).
Parmi les secondes, on distingue principalement le taux
moyen mensuel du marché monétaire et le taux annuel du
marché monétaire. Les coupons des obligations sont alors
fixés d'après le loyer de l'argent sur le marché
monétaire dont on retient la simple moyenne dans le
premier cas et, dans le second, le taux obtenu au bout
d'un an, en réinvestissant les intérêts, si bien que le
revenu est identique à celui qu'aurait obtenu un
placement sur le marché monétaire pendant un an.
Avantages
En principe les cours des emprunts à taux variable ou
flottant ne subissent pas les soubresauts du marché des
emprunts puisque l'intérêt qu'ils rapportent s'ajuste au
bout d'un délai variable mais de manière certaine sur
les conditions en vigueur sur le marché. Cela signifie
que les cours de ces obligations ne doivent pas en
principe baisser notablement au-dessous du nominal mais
que, à l'inverse, ils ne peuvent guère s'élever
au-dessus.
Toutefois, des considérations de marché provoquent
certaines décotes ou surcotes selon que les titres sont
délaissés ou au contraire recherchés.
En période de hausse des taux ou d'anticipation d'un tel
mouvement, il est en principe conseillé de se porter vers
les taux variables qui permettront de profiter de la
rémunération accrue des obligations sans subir
l'inévitable baisse des émissions anciennes dès lors
qu'elles sont à taux fixe.
En période de baisse des taux ou d'anticipation d'un tel
mouvement, les obligations à taux fixe bénéficieront
d'une valorisation de leurs cours pour des raisons
mécaniques qui ne joueront absolument pas pour les taux
variables. Le marché de ces derniers risque alors de
souffrir d'une désaffection due à la concurrence des
obligations à taux fixe devenues beaucoup plus
attrayantes.
Signalons enfin que le niveau des emprunts à taux
indexé se mesure par leurs cours mais aussi par leurs
marges. La marge est la différence positive ou négative
entre le rendement effectif d'un emprunt à taux variable
et le taux de sa base de référence (obligations ou
marché monétaire).
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