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Les enseignants, potentiels perdants de la réforme des retraites

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moicmoi
06/12/2019 23:25:14
0

waine170

Tu ne crois pas qu'il faudrait garder les pieds sur terre. ?

  
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deckard6
06/12/2019 15:06:18
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Quels sont les systèmes éducatifs les plus performants au monde ?

Administrée depuis bientôt 20 ans, l’enquête PISA menée par l’OCDE évalue les connaissances et les compétences des jeunes âgés de 15 ans. En 2018, ce sont 32 millions d’élèves dans 79 pays différents qui ont été concernés. Les questions portent sur la compréhension écrite, les sciences et les mathématiques. Les résultats ont été publiés ce matin : les pays asiatiques ont les meilleurs scores quelle que soit la matière. En France les élèves ont obtenu des résultats supérieurs à la moyenne de l'OCDE en compréhension de l’écrit, en mathématiques et en sciences.


Des différences de niveaux importantes entre les pays.

D’importants écarts de niveaux sont observés entre les pays, cela va de soi. La proportion d’élèves de 15 ans ayant atteint le niveau minimal de compétence en lecture variait de près de 90% en Chine, en Estonie et Singapour à moins de 10% au Cambodge, au Sénégal et en Zambie. L’éducation n’est plus réservée aux nations riches. Le niveau de développement économique n'explique que 28% de la variation dans les résultats d'apprentissage des pays. Un système éducatif performant n’a pas nécessairement besoin de grandes ressources. L’Estonie est un cas… d’école : il est l’un des pays les plus performants en lecture, mathématiques et sciences de l’OCDE alors que son niveau de dépenses d'éducation est inférieur d'environ 30% à la moyenne de l'OCDE.

Sans grande surprise les pays d’Asie occupent les premières places. Les élèves situés en Chine et à Singapour obtiennent les résultats les plus élevés en lecture, mathématiques et sciences. Moins de 11% des élèves participant à l’enquête PISA atteignent le niveau 5 en mathématiques, qui correspond à la capacité de modéliser mathématiquement des situations complexes et de choisir, comparer et évaluer des stratégies appropriées pour y faire face. La très grande majorité des élèves validant ce niveau sont scolarisés en Chine, à Singapour et en Corée.

Les évolutions géographiques sont mitigées dans le temps. Sept pays du monde affichent une amélioration du niveau de leurs élèves en lecture, en mathématiques et en sciences au fil des années : Albanie, Colombie, Macao (Chine), Moldavie, Pérou, Portugal et Qatar. A l’inverse l’Australie, la Finlande, l’Islande, la Corée, les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande et la Slovaquie enregistrent une baisse de niveau de leurs étudiants. Depuis 2015 sur le seul périmètre de l’OCDE (soit rappelons-le, 37 pays) les performances sont moyennes en lecture, mathématiques et sciences stables: en 2019, un jeune sur quatre de 15 ans n'atteint pas le niveau minimum de compétences en lecture ou en mathématiques attendu.


Les éléments impactant la performance des systèmes éducatifs

Un questionnaire complémentaire rempli par les directeurs d’écoles, les élèves et les parents d’élèves permet de constater quelles variables influencent ou non la réussite scolaire :

- Dans la plupart des pays et des économies, les élèves obtiennent de meilleurs résultats en lecture lorsqu'ils perçoivent leurs enseignants enthousiastes. Les écoles défavorisées sont généralement touchées négativement pas ce phénomène. En effet en moyenne les enseignants jugés enthousiastes enseignent dans les écoles favorisés. Le soutien et l’investissement des parents ont également un fort impact sur les résultats des élèves.

- Dans 78% des systèmes éducatifs, les élèves obtiennent de meilleurs résultats en lecture lorsqu'ils coopèrent de façon accrue entre eux. La coopération étudiante est plus répandue au Danemark, en Allemagne, au Japon et aux Pays-Bas, tandis que la concurrence est mise en avant au Brésil, à Malte, au Royaume-Uni et aux États-Unis.

- Les élèves qui expriment une plus grande crainte de l’échec obtiennent de meilleurs résultats en lecture car leurs motivations sont renforcées. Une différence culturelle est visible : les étudiants européens sont les moins craintifs face à l’échec tandis que les élèves asiatiques témoignent d’une grande peur d’échouer.

- L’idée selon laquelle un système scolaire tourné au service d’une élite permettrait une plus grande performance semble également mise à mal par l’Australie, le Canada, le Danemark, l’Estonie et la Finlande, qui montrent que l'équité et l'excellence peuvent être réalisées conjointement.

- Le bien-être à l’école n’est pas non plus l’ennemi de l’excellence. La Belgique, l'Estonie, la Finlande et l'Allemagne montrent qu'il est possible d'atteindre simultanément des performances élevées et un fort sentiment de bien-être.

- Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les garçons ne sont pas forcément plus performants que les filles dans les matières dites scientifiques. Au sein des pays de l’OCDE, les élèves masculins obtiennent en effet de meilleurs résultats en mathématiques que les filles (de cinq points) mais c’est le genre féminin qui mène en sciences. Dans 32 régions du monde, les garçons obtiennent des résultats nettement supérieurs en mathématiques tandis que dans 14 autres pays c’est la tendance inverse qui se dégage. Fait intéressant, l'écart le plus important a été observé au Qatar où les filles ont obtenu en moyenne 24 points de plus que le sexe opposé.


Focus en France :

Parmi les 79 pays ayant participé à l’enquête, la France est le 3ème pays où les préoccupations liées aux problèmes de discipline en classe sont les plus importantes après l’Argentine et le Brésil. Un élève français sur deux déclare qu'il y a du bruit et du chahut dans la plupart ou la totalité des cours. Par ailleurs, depuis des années la France est l'un des pays de l'OCDE où les différences de performance entre les élèves issus d’un milieu favorisé et ceux issus d’un milieu défavorisé sont les plus importantes. C’est également l’un des pays où les élèves ressentent le moins de soutien de la part de leurs enseignants.

Malgré tout cela, les élèves français obtiennent des résultats légèrement supérieurs à la moyenne de l'OCDE en mathématiques, en sciences et en compréhension écrite.


Conclusion :

Deux points essentiels sont mis en avant par cette enquête de l’OCDE :

D’une part la réussite scolaire est positivement liée au soutien parental, à l'enthousiasme des enseignants, à la motivation des élèves, à un climat de discipline dans l'école et à un système de coopération entre les élèves.

D’autre part l’éducation n’est pas réservée aux pays les plus riches car elle n’a pas forcément besoin de ressources importantes pour être performante comme l’atteste l’Estonie. L’Australie, le Canada, le Danemark, l’Estonie et la Finlande prouvent que l’enseignement n’a pas non plus besoin d’être réservé à une élite pour être optimal. La Belgique, l'Estonie, la Finlande et l'Allemagne montrent l’exemple en termes d’excellence des enseignements et de bien-être des élèves.

Globalement, les meilleurs résultats en lecture, en mathématiques et en sciences sont attribués à la Chine, Singapour et à la Corée.


Taper le titre de l'article pour avoir les jolis tableaux

  
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Dubaisan
02/12/2019 10:59:14
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Quelles contre verites, quelles relectures de l'Histoire? Sur Mitterand? Argumentez au lieu d'accuser.

Pour tout le reste, il s'agit bien de mes opinions, pas de votre soupe qui est bien de la propagande.

  
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mika57
02/12/2019 10:53:53
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Dubaisan,


Je n'ai jamais été avec les gilets jaunes pour des raisons que j'ai déjà citées au début de ce mouvement

Merci de ne pas me comparer à ces gens...

Et encore moins cet homme...

  
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Dubaisan
02/12/2019 01:29:52
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Ils seront en grève ou poseront 1 jour de congés au mieux sinon se mettront en maladie au pire parce que tout sera bloqué?

Voilà comment marche la désinformation dans ce pays.

Une de mes filles est professeur dans la région lyonnaise et ne fera pas grève.

Message complété le 02/12/2019 02:35:25 par son auteur.

Deckard6,
Non je ne suis pas sévère envers les Accart, Escarp et autres John76 (qui vient de sortir de la naphtaline…) car ceux sont eux, les enfants de la Mitterandie, les fossoyeurs de la liberté, eux qui prônent la déresponsabilisation individuelle au profit d'une irresponsabilité collective, eux qui au nom de la solidarité (pas de l'égalité) vivent sur le dos des autres comme certains parasites qui pullulent dans les literies sales, eux qui veulent me forcer à voir mes frères et soeurs en tout individu.
Non, mes frères et sœurs sont des "bûcherons", durs au travail et à la douleur, qui ne se plaignent pas, "mangent l'amer avant le sucré" comme disent les chinois, sont heureux de vivre quelque soit leur rang dans la société, leur place, leur richesse et vivent simplement en étant heureux. Ce ne sont pas ces "danseuses" qui n'ont pour étoiles que celles de la jalousie, l'infamie, l'inculture.

  
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john76
01/12/2019 11:47:21
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toujours le meme qui a la science infuse et qui donne des leçons au monde entier;i il ferait mieux de sortir un peu de sa bulle(ou de son luxe) afin de pouvoir connaitre les difficultés de la vie actuelle

  
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deckard6
01/12/2019 11:12:15
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Bonjour à tous

FRED : ''... personne chez moi n'aspire plus rien des politiciens lesquels en 1789 et après seraient passés à la grande faucheuse ! ''

Une étude attentive de la Révolution de 1789 et de ses principaux acteurs démontrera que ce sont les mêmes ( leurs successeurs ) qui sont à la manoeuvre maintenant, et depuis lors. Et qui ont depuis, tout verrouillé à leur(s) avantage(s).

Aucune chance donc de les voir passés à la grande faucheuse.

ACCART : '' ... L’autre, pour Emmanuel Macron, n’est qu’un autre lui-même. Il veut les Français à son image, à l’image des clones qui l’entourent et l’adorent... ''.

Je dirais plutôt à l'image de ceux qui l'on créé et fait roi ( voir ci-dessus ).

Dubaisan : Je te trouve un peu sévère avec les défenseurs de la liberté, de l'égalité et de la fraternité. Même si je comprends, qu'à raison, tu ne comptes que sur toi même

  
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Dubaisan
01/12/2019 09:11:22
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Renal2040,

Totalement d’accord avec vous: Ce n'est pas de la solidarité que l'on demande, c'est de l'égalité et pas à la sauce Yalo !

Bonjour FREDFR91,

Et bien d’accord avec toi sur ceux (30%) qui bossent dur et ne cessent de payer au travers de leurs impôts, les inconséquences de ceux qui ont raté leur vie.

J’ai depuis près de 30 ans maintenant compris que je devais me faire ma retraite sans m’occuper des autres. C’est ce que j’ai fait puisque les revenus de ma retraite ne représenteront quasiment rien dans mes revenus qui sont en grande majorité constitués outre mon salaire, des dividendes de ma société et de revenus locatifs d’appartements.

Rien ne sert à mon sens de cotiser pour une retraite qui sera de plus en plus virtuelle, mieux vaut investir dans de l’immobilier locatif ou d’autres supports. Au moins les prix de l’immobilier augmentent régulièrement et en cas de pépin de santé grave nécessitant des frais importants ou une mise en Ehpad avant le dernier décollage, il est toujours possible de revendre 1 ou 2 appartements…pour subvenir à ces frais.

Escarp,

Je ne veux pas de votre solidarité, ni de votre égalité et encore moins de votre fraternité, quant à ma liberté je suis come beaucoup assez grand pour m’en occuper tout seul.

Je choisis, parceque c’est ma liberté, ma fraternité. On ne me l’ impose point sous couvert de solidarité ou d’égalité et je choisis aussi d’être solidaire de qui je veux et surtout pas au nom de votre égalité.


Accart,

Votre maître, celui qui a amené le système des retraites là ou il est aujourd'hui. Le plus néfaste des Présidents de la république depuis 60 ans.

"Vous vous battrez le dos au mur": ou l'expression du parfait pétochard : la nullité à l'état suprême.


  
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CRI74
30/11/2019 23:14:54
2

Renal2040 , si vous avez un exemple dans chaque cas , alors il y a de sacrés menteurs !

Beaucoup d'idées reçues dans vos écrits , et c'est bien ce qui sert de (faux) jugement .

J'ai déjà expliqué que pour certains régimes spéciaux , la surcotisation est la règle pour financer le départ anticipé lié à la pénibilité , mais plus encore à la sécurité des personnes comme vous qui utilisent ces services .Il s'agit donc d'un impératif en non d'un avantage

Quant aux déficits , sur la SNCFpar exemple , il provient du déséquilibre imposé par l'état lié aux embauches imposées après guerre .

D'autres régimes font l'objet de règles ayant des fondements tout à fait acceptables .

Quant aux jalousies exprimées , car il ne s'agit nullement de réflexion , et bien les postes à pourvoir son légion .... mais personne de veut de ces places en or supposé .

Vous auriez une idée de la cause ?

Peut être que vos exemples sauraient vous renseigner utilement , non ?

Maintenant , si vous n'avez pas conscience que tout le monde sera touché par cette réforme préjudiciable , il y urgence à quitter vos idées reçues pour étudier finement le projet .

Pas de gagnant en définitive

  
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Renal2040
30/11/2019 20:41:18
3

Le problème c'est que ce que vous appelez un régime à l'équilibre, c'est un régime subventionné par l'Etat, donc nos impôts.

Comme la SNCF, la RAPT, et l'ensemble des fonctionnaires d'Etat ou de la fonction territoriale.

Alors, OUI, raz le bol des régimes spéciaux.

Ce n'est pas de la solidarité que l'on demande, c'est de l'égalité.

Pourquoi des personnes peuvent encore partir à la retraite bien avant 60 ans ? (sans pénibilité bien sûr)

Pourquoi des personnes cotisent à des taux bien inférieurs que d'autres ? ( public / privé )

Pourquoi des personnes peuvent partir en retraite au bout de 30 ans de travail, toucher leur retraite et reprendre un travail ensuite ? (avec des places réservées bien sûr)

Pourquoi travailler dans les DOM TOM compte double pour les retraites dans la fonction publique ?

Et inutile de tenter de dire le contraire, j'ai un exemple récent dans ma famille pour chacune des questions.

Oui, comme vous le dites, y en a marre des traitement spéciaux des uns , payés par les autres.

  
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FREDFR91
30/11/2019 19:50:52
1
Moi je pense que lorsqu'une profession ou un ensemble de professions a un régime complémentaire propre qui est à l'équilibre voire bénéficiaire on a pas le droit d'y toucher au motif de "solidarité".
La solidarité il y en a marre ceux qui bossent dans ce pays ne cessent de payer (pour mémoire les très riches se sont déjà barrés ou par arrangement échappent au fisc, voir les GAFA's lesquels s'en sortent les C......s propres, puis les riches se démerdent pour échapper autant que possible au fisc je ne leur en veux pas car sans être très riche je contribue largement aux efforts que doit faire la France mais parce que l'on est arrivés à un point de rupture tout moyen pour moi de réduire mon imposition m'est bénéfique mais et pour la France rattrapé par la TVA ce que je ne conteste pas !
Cela commence par les impôts sur le revenu et diverses taxes calculées en fonction du revenu (chez moi nous sommes deux mais la taxes d'habitation incluant l'enlèvement des ordures est proportionnelle aux revenus de mon foyer...)
A deux nous produirions plus d'ordures que d'autres plus nombreux ?!!, bon sur le fond je ne suis pas totalement contre mais il y a des limites.
Limites au delà desquelles ceux qui bossent en ont raz le bol, de plus à l'origine la réforme des retraites devait "faire disparaitre" les régimes "dits" spéciaux.
On en prend pas le chemin puisque de changements de politique en sourires de complaisance il est fort probable que le gouvernement les conserve au vu de leur puissance de "nuisance".
Nuisance que je peux envisager sans la comprendre.
N'oublions pas qu'à l'origine la retraite c'est l'assurance vieillesse point !
Ensuite il y a les complémentaires propres à chaque type de profession AGIRC-ARCCO et d'autres spécifiques.
Lesquelles (bon Agirc-Arcco je ne sais pas) mais pour exemple ma complémentaire est largement à l'équilibre, comme tant d'autres, en fait bénéficiaire est dispose de plus de 8 milliards d'€ de fonds et l'on voudrait la supprimer (pardon phagocyter) aux prétexte de solidarité et de fin des régimes dits "spéciaux" mais quel est ce vol ?
Je ne serai pas gréviste pour le 5 dec mais personne chez moi n'aspire plus rien des politiciens lesquels en 1789 et après seraient passés à la grande faucheuse !
Non mais quand il y en a marre il y en a marre, merde à un moment il faut que cela cesse !
  
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CRI74
30/11/2019 17:10:45
3

Les fonds de pension pour une retraite par capitalisation avec le nouveau PER comme support : voilà sans aucun doute la vraie raison et l'empressement de cette très mauvaise réforme !

Pour engraisser avec des risque aggravés nos chers assureurs qui ne vous veulent pas que du bien .

  
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lycaon
30/11/2019 16:52:07
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Les journalistes et artistes, Porte voi du pouvoir........
  
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CRI74
30/11/2019 15:00:09
2

Les enseignants grands perdants assurément , mais tout le monde aussi , privé compris , ce qu'on n'étale pas dans les médias !

Au fait , les avantages des journalistes et de bien d'autres , on ne touche pas ?

  
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Pictou
30/11/2019 12:59:38
0
La FSU a fait ses calculs: "Pour un collègue qui démarrerait en 2025 [date prévue de l'entrée en vigueur de la réforme], la baisse de pension équivaudrait à 900 euros par mois" par rapport aux montants actuels, indique Régis Metzger, co-secrétaire général du Snuipp, le premier syndicat du primaire.

Des chiffres qui interpellent, quand on sait qu'un agriculteur ne touche souvent pas plus de 850€ par mois... si on devait la lui baisser de 900 € par mois voyez un peu... il devait sortir de l'argent de sa poche.Il reste beaucoup à faire, et le mal est parfois plus grave pour certains.

Message complété le 30/11/2019 13:01:00 par son auteur.

https://www.abcbourse.com/marches/les-enseignants-potentiels-perdants-de-la-reforme-des-retraites_489087

  
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Pictou
30/11/2019 12:59:38
0

Manifestation d'enseignants à Marseille le 17 novembre 2016 (AFP/Archives/ANNE-CHRISTINE POUJOULAT)

Le gouvernement le reconnaît: les enseignants pourraient faire partie des perdants de la réforme des retraites si elle ne s'accompagne pas de revalorisations salariales. Faute de garanties suffisantes, la profession s'apprête à se mobiliser massivement le 5 décembre.

Quasiment tous les syndicats ont appelé à participer au mouvement de grève interprofessionnel qui s'annonce très suivi dans les écoles du pays et dans le monde enseignant, inquiet du futur système universel de retraite.

Le chef de l'Etat lui-même a reconnu que les enseignants seront lésés si le passage au nouveau système ne s'accompagne pas d'autres changements dans leur carrière.

En effet, la future réforme prendra en compte dans le calcul des pensions l'ensemble de la carrière, contre les six derniers mois actuellement. En compensation, les retraites intègreraient les primes et indemnités.

Or "le niveau moyen des primes de la fonction publique c'est 22%, le niveau moyen des primes des enseignants c'est 9%. Celui de l'école maternelle, c'est 4%", a rappelé vendredi le haut-commissaire aux Retraites Jean-Paul Delevoye.

"Les enseignants sont pénalisés si nous appliquons sans correction le système", a-t-il convenu.

"Du fait du montant plus limité de leur régime indemnitaire, le niveau de pension des enseignants se dégraderait très progressivement et au fil des générations par rapport à celui des corps comparables de la fonction publique", a aussi admis Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Education nationale, dans un courrier adressé en novembre aux syndicats.

La FSU a fait ses calculs: "Pour un collègue qui démarrerait en 2025 [date prévue de l'entrée en vigueur de la réforme], la baisse de pension équivaudrait à 900 euros par mois" par rapport aux montants actuels, indique Régis Metzger, co-secrétaire général du Snuipp, le premier syndicat du primaire.

Les pertes seraient comprises entre 300 et 600 euros pour des professeurs des écoles actuellement en fonction, selon ses simulations.

- "Du mépris" -

Actuellement, un enseignant touche en moyenne 2.600 euros brut à la retraite (2.500 euros dans le premier degré, 2.850 euros dans le second degré).

Reçus à plusieurs reprises au ministère avec Jean-Paul Delevoye, les syndicats enseignants ont réclamé au gouvernement "un engagement solide" sur la revalorisation des salaires.

Or, à l'issue de la dernière réunion, aucune annonce de mesures "sonnantes et trébuchantes" n'a été faite, a déploré le SE-Unsa, syndicat considéré comme réformiste.

Pour le moment, l'heure est au "diagnostic", fait-on valoir au ministère, en ne s'engageant sur aucun scénario concret de revalorisation. Cette deuxième phase devrait intervenir à partir du mois de janvier, quand le projet de réforme aura été finalisé.

"Les enseignants se sentaient déjà déconsidérés, là on ressent carrément du mépris", grince Régis Metzger. "Alors que les personnels sont préoccupés par une dégradation de leurs conditions de travail, s'ajoute cette réforme qui apporte de l'inquiétude et qui est illisible: nul ne sait combien il touchera de retraite in fine".

Pour tenter de rassurer les personnels, M. Blanquer a souligné dans son courrier que la mise en place du nouveau système s'accompagnerait "d'une revalorisation salariale permettant de garantir le même niveau de retraite pour les enseignants que pour des corps équivalents de la fonction publique".

"Cet engagement sera formalisé dans le projet de loi créant le système universel", a-t-il promis.

Cela n'a pas permis de dissiper les inquiétudes d'une profession qui se sent régulièrement malmenée et déconsidérée.

En octobre, les propos d'Emmanuel Macron avaient aussi jeté le trouble dans les rangs des professeurs quand il avait dit envisager des compensations salariales mais avait aussi évoqué une réflexion sur le temps de travail et les périodes de vacances.

Pas de quoi rendre attractive une profession déjà en mal de recrutement, préviennent les syndicats.

En toile de fond de la réforme des retraites, "il y a un vrai sujet d'attractivité du métier", reconnaît-on au ministère.

© 2019 AFP

  
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