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Avec la pandémie, la retraite à marche forcée aux Etats-Unis


Actualité publiée le 15/09/21 07:22

Antonio Fernandez, 64 ans, dans sa maison près de Houston au Texas, le 9 septembre 2021. Comme des millions d'Américains, il a dû prendre sa retraite anticipée après un licenciement dû à la pandémie. (AFP/Francois PICARD)

"Je n'avais pas hâte d'être à la retraite. J'aurais probablement pu travailler cinq ans de plus": comme des millions d'Américains, Antonio Fernandez, 64 ans, a été contraint de quitter la vie active plus tôt que prévu, nouveau stigmate de la pandémie.

Au cours de la décennie précédant la crise provoquée par le Covid, la part des personnes travaillant à un âge avancé, après 70 ans voire 75 ans, n'avait cessé de croître.

Pour la plupart d'entre elles, ce n'était pas un choix mais une nécessité: leurs économies et leur plan retraite avaient été réduits à néant lors de la crise financière de 2008 ou elles souhaitaient conserver une bonne assurance santé, précieuse dans un pays où les frais médicaux sont exorbitants.

Pour un nombre plus modeste, c'était un moyen de rester en forme physique et mentale.

Mais la pandémie a bouleversé la donne.

Depuis le printemps de 2020, des millions de personnes de plus de 65 ans se sont résignées à arrêter de travailler, le plus souvent plus tôt que prévu et sans y être préparées, parce qu'elles ne retrouvaient pas d'emploi après avoir été licenciées.

Pour le seul mois de juin, "au moins 1,7 million de travailleurs âgés de plus que prévu sont partis à la retraite", souligne Teresa Ghilarducci, économiste à la New School for Social Research à New York.

Antonio Fernandez, habitant la région de Houston au Texas, s'est vu notifier fin septembre 2020 son licenciement par la direction de Chevron. Il a quitté le groupe pétrolier un mois plus tard, puis multiplié les candidatures. En vain.

"J'éprouve des sentiments mitigés", dit-il à l'AFP même s'il estime qu'il n'est pas le plus mal loti avec son argent qui fructifie en Bourse.

"J'ai le sentiment que le processus de licenciement a été injuste", confie-t-il. Pour lui, Chevron a pris comme critère principal "les coûts" salariaux au détriment de l'expérience et de la productivité.

- "Poussés vers la sortie" -

Brenda Bates, 62 ans, est elle aussi bien amère. Après 43 ans de bons et loyaux services, elle a dû mettre fin prématurément à sa carrière d'infirmière dans un centre de réhabilitation de Floride.

"Avant la pandémie, je pensais que je travaillerais au moins jusqu'à l'âge de 65 ans pour bénéficier de l'assurance-maladie", raconte-t-elle. "C'était le strict minimum. J'aimais mon travail, je pensais rester aussi longtemps que je le souhaitais."

Mais des problèmes de santé l'ont contrainte à démissionner.

"Retraités est une façon polie pour dire poussés vers la sortie", assure Teresa Ghilarducci.

L'opinion publique aimerait penser que ces personnes sont réticentes à retourner travailler en raison du Covid ou qu'elles veulent se consacrer davantage à leur famille, opine-t-elle.

Mais c'est une toute autre histoire, selon cette spécialiste de la retraite.

"C'est effrayant", souligne Brenda Bates. "On abandonne un très bon salaire et tous les bénéfices. On se retrouve avec plus rien."

Le risque est de voir une frange de personnes âgées tomber dans la pauvreté dans un pays où le système d'épargne-retraite est défaillant. La situation est encore plus préoccupante pour les nouveaux retraités issus des minorités.

"L'augmentation des départs à la retraite concerne principalement des personnes de 65 ans et plus", explique Teresa Ghilarducci. Mais il y a des différences marquées selon l'origine ethnique et les qualifications.

Ainsi, pour les personnes sans diplôme universitaire, la probabilité d'être à la retraite a augmenté pour tous dès 55 ans. Pour les travailleurs noirs âgés sans diplôme universitaire, elle a augmenté de 9,2%, contre 7,5% pour les adultes blancs sans diplôme.

Jacob Kirkegaard, expert au Peterson Institute for International Economics, estime qu'il ne faut pas complètement écarter la retraite sur la base du volontariat, certains ayant paradoxalement profité de la crise.

"Aujourd'hui, la situation est absolument l'inverse" de l'après 2008, dit-il. Leur plan-retraite adossé aux performances de la Bourse a largement fructifié, le prix de leur maison a décollé, de même que leurs économies.

Quelles qu'en soient les raisons, ces départs "ne sont pas une bonne nouvelle pour l'économie américaine ni à court terme, ni à long terme", conclut M. Kirkegaard, car cela va peser sur les dépenses de consommation et la croissance, et priver le marché de salariés expérimentés.

© 2021 AFP

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