Bitpanda, poids lourd européen de la crypto, tourne le dos à Londres pour son IPO. Son choix final se fera entre Wall Street et Francfort.
Eric Demuth, PDG de Bitpanda
Fondée en 2014, la plateforme autrichienne d’échange de cryptoactifs, Bitpanda, valorisée 4,1 milliards de dollars en 2021 ne s'introduira pas en Bourse à Londres, son avenir boursier se jouera ailleurs. Le cofondateur et PDG Eric Demuth l’a affirmé sans détour : "Ce ne sera pas Londres".
Pourquoi ce revirement ? La City ne fait plus rêver. Le premier semestre 2025 a marqué un plancher historique pour les IPO, avec un volume au plus bas depuis trois décennies. Malgré des tentatives de relance et un assouplissement réglementaire, Londres n’attire plus, y compris ses propres pépites technologiques comme Wise.
New York ou Francfort : deux visions du futur
Deux options restent sérieusement à l’étude : New York et Francfort. Le premier, épicentre de la finance mondiale, séduit de plus en plus les entreprises crypto. Depuis le retour de Donald Trump à la présidence, l’administration américaine multiplie les signaux d’ouverture : régulateurs plus souples, procès gelés, dialogues ouverts avec les grands acteurs du secteur. Résultat : Wall Street devient le terrain naturel des exchanges.
En 2025, Bullish, Figure Technology, Gemini ou encore BitGo ont franchi le pas. Le Nasdaq et le NYSE enregistrent un afflux inédit de dossiers venus du monde entier. "Le marché est bien plus amical à présent… donc nous étudions encore de plus près l'opération que précédemment", confie Eric Demuth.
Mais Francfort n’a pas dit son dernier mot. La capitale financière allemande bénéficie d’une régulation alignée avec le règlement MiCA, récemment entré en vigueur. Pour Bitpanda, qui réalise l’essentiel de ses revenus en Europe, l’option allemande permettrait de renforcer ses racines tout en profitant de la profondeur du marché.
Une décision au poids symbolique
Quel que soit le lieu choisi, l’impact dépassera la simple cotation. Bitpanda est aujourd’hui un emblème de la crypto européenne. Son choix final sera observé de près comme un révélateur de la capacité du continent à retenir ses champions. Une IPO à Francfort enverrait un signal fort aux startups et investisseurs locaux. À l’inverse, une introduction à New York renforcerait un peu plus l’hégémonie américaine sur la finance décentralisée. Pour Londres, le constat est déjà là : un géant de plus lui a tourné le dos.
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