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Covid-19: le confinement met en lumière un fossé entre "cols blancs" et "cols bleus"


Actualité publiée le 25/03/20 12:24

Des éboueurs dans les rues de Paris le 24 mars 2020 (AFP/ERIC PIERMONT)

"Eux sont planqués chez eux en télétravail, nous on va bosser": des syndicats s'inquiètent de la montée d'un "sentiment d'injustice" chez des salariés, entre les cadres d'un côté et les non-cadres de l'autre.

"Il y a une impression d'injustice entre ce qu'on peut appeler les +cols bleus+ et les +cols blancs+, même si ne je n'aime pas beaucoup ce terme, mais aussi les CDD, les CDI", met en garde Cyril Chabanier, le président de la CFTC.

S'appuyant sur des témoignages de salariés depuis le début du confinement la semaine dernière, le dirigeant note un mécontentement de la part de salariés obligés de se rendre au travail - exécutant la plupart du temps des tâches manuelles - vis-à-vis des cadres, employés de bureau, ingénieurs, dirigeants...: "Eux sont planqués chez eux en télétravail, pendant que nous on va bosser", "On a l'impression d'être des sous-salariés. Si on chope le coronavirus, c'est pas grave", a-t-il entendu.


Un employé d'un supermarché à Saint-Etienne, le 23 mars 2020 (AFP/PHILIPPE DESMAZES)

M. Chabanier relève aussi dans l'administration des cas "incompréhensibles", "où on a demandé à tous les CDI de rester chez eux et réclamé que les CDD fassent les permanences sur place".

"Le sentiment d'inégalité - lorsque ce sont toujours les plus petits revenus, les plus précaires, qui écopent - commence à monter dans notre pays et il faut faire attention à ça", prévient-il.

D'autant que le matériel de sécurité n'est pas systématique pour les salariés qui se déplacent. "La vie d'une caissière de supermarché ne vaut pas moins que celle d'un ingénieur informatique en télétravail, la vie d'un facteur, c'est pas moins que (celle d') un journaliste ou d'un autre travailleur en télétravail", a relevé vendredi Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT.

- "Sur le front" -


Un facteur à Paris, le 18 mars 2020 (AFP/Archives/JOEL SAGET)

Eric Beynel, de Solidaires, fait part aussi d'une "impression d'injustice". "Les chauffeurs routiers, les livreurs, les postiers, les personnes dans le commerce, l'intendance... beaucoup de salariés sont sur le front, souvent des femmes, des ouvriers, des salariés en précarité, des classes populaires, contrairement aux cadres, qui se sont mis à l'abri, quand ils n'ont pas quitté les villes pour des maisons de vacances ou d'autres lieux", avance-t-il. Ajoutant: "Il y a une colère qui commence à poindre".

Le sentiment d'injustice apparaît encore plus criant quand il est demandé aux salariés d'accomplir une tâche qui leur semble non indispensable en cette période de crise sanitaire, alors que les médecins multiplient les appels à rester chez soi.


Des ouvriers du bâtiment sur un chantier à Breviandes, près de Troyes, le 24 mars 2020 (AFP/STEPHANE DE SAKUTIN)

Jean-Marie Pernot, chercheur de l'Institut de recherches économiques et sociales, lui non plus n'est pas "très à l'aise" avec la segmentation "cols bleus"/"cols blancs", qui appartient plutôt à l'époque industrielle, rappelle-t-il. Mais il note que ces tensions décrites par les syndicats "ne viennent pas du néant et s'inscrivent dans des rapports au quotidien dans l'entreprise en France, où il y a une hiérarchie très présente et où les objectifs sont souvent donnés par les cadres".

"La structure sociale avec ses inégalités structurelles se donne à voir à un moment de crise comme celui là", relève le chercheur.

Comment poursuivre l'activité sans mettre en danger les salariés pour qui le télétravail est impossible? Fournir les équipements sanitaires, revoir en profondeur les processus de production, dont les distances entre deux postes par exemple, proposent les syndicats.

"Un certain nombre de cols bleus, notamment dans l'industrie, ne devraient pas aller travailler", estime Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT. Lui réclame de "vraies mesures de confinement" et une définition précise des "activités urgentes et indispensables", où entreraient le personnel soignant, le service public, les transports de voyageurs, de marchandises, l'agroalimentaire ou le commerce alimentaire.

Cyril Chabanier suggère la mise en place d'une "veille managériale": "par exemple que des cadres en télétravail viennent à tour de rôle travailler un jour par semaine ou tous les 15 jours, afin de ne pas parler au personnel uniquement par téléphone ou à travers l'ordinateur".

© 2020 AFP

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21 commentaires sur cet article. Participez à la discussion.

Fibopivots


25/03/20 12:54
J'y avais pas pensé mais, oui, il y a un souci.
Fibopivots


25/03/20 12:57

Franchement, on serait mieux dirigé par des cadres germaniques. Ça serait bien plus juste.

Bon, on a gagné la guerre...

Un jour min oncle boulanger, salarié puis petit patron, avait reçu 2 ingénieurs, un fr' et un all.

Le français l'avait écœuré...

frêne commun


25/03/20 13:20

Bonjour à toutes et à tous,

J'y pensais à l'instant.

Il y a en France un problème de direction, de commandement, d'intendance et d'organisation. Et l'histoire se répète. Je l'ai déja lu sur une autre file.

En 14, on leur disait qu'il y en a pour 2 semaines, en 40 c'était la ligne Maginot et ca continue. En 1 siècle , rien n'a changé !!!!!!! La mise en place d'un hôpital militaire à Mulhouse a duré une semaine !!!!! On en parle pratiquement dans chaque journal télévisé. Des hôpitaux allemands frontaliers qui accueillent des malades ne sont jamais évoqués.

Les personnes qui dirigent le pays sont sorties des mêmes écoles, appartiennent aux mêmes catégories sociales, aux mêmes lobbies, soit. Mais ce qui les caractérise surtout c'est cette certitude d'avoir toujours raison, une incapacité à écouter et prendre en compte un avis circonstancié différent. Or il y a toujours une part de vérité ailleurs.

Des médecins généralistes avaient déja évoqué des problèmes de ´´´´grippe atypique ´´´ en janvier/février.

La France est mal gérée...Nous autres alsaciens en avons la confirmation tous les jours avec le maintien de la région grand est dont 87 %des alsaciens ne veulent pas.....


prudence


25/03/20 13:25
Quand une usine reste ouverte, les ingénieurs y vont aussi pour travailler. Quand les col bleus quitte l'usine à l'heure pile, les cols blancs travaillent bien plus.
Que ceux qui n'aiment pas leur condition la change. La formation professionnelle est ouverte à tous et financée en France.
Et la justice sociale n'existe pas. Mare des pleurnichards.

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