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Manifestations en Iran après une hausse des prix de l'essence


Actualité publiée le 16/11/19 09:16

Des manifestants iraniens rassemblés autour d'une voiture brûlée dans la capitale Téhéran, le 16 novembre 2019 (AFP/-)

Des Iraniens ont de nouveau manifesté samedi dans plusieurs villes du pays au lendemain de l'annonce surprise par le gouvernement d'une hausse du prix de l'essence et de la mort d'un civil lors d'une manifestation, selon les médias locaux.

La réforme a été présentée comme une mesure dont les bénéfices seront redistribués aux ménages en difficulté, dans un pays pétrolier dont l'économie -asphyxiée par les sanctions américaines- devrait se contracter de 9% en 2019, selon le Fonds monétaire international (FMI).

Pour le deuxième jour consécutif, des Iraniens sont descendus dans les rues et les protestations se sont étendues à de nouvelles villes, selon l'agence officielle Irna.

A Téhéran, certains manifestants ont été vu en train de bloquer une route, tandis que d'autres étaient rassemblés autour d'un véhicule en feu. Des scènes similaires ont été rapportées à Chiraz et Ispahan (centre).

Vendredi soir, quelques heures après l'annonce de la hausse des prix, les Iraniens ont manifesté dans une dizaine de villes, Irna évoquant des rassemblements "d'ampleur limitée", sauf à Sirjan (centre) où ils ont été "importants".

"Une personne a été tuée" et plusieurs civils ont été blessés vendredi à Sirjan, a indiqué Mohammad Mahmoudabadi, gouverneur par intérim de la ville, cité par l'agence Isna, sans préciser la cause de sa mort.


Des manifestans iraniens stoppent leur véhicule, provoquant des embouteillages dans la ville d'Ispahan (centre), le 16 novembre 2019 (AFP/-)

"Les forces de l'ordre n'ont pas reçu l'autorisation de tirer (sur les manifestants), juste de tirer (en l'air) en signe d'avertissement (...) ce qu'elles ont fait", a-t-il ajouté, en accusant "certains" de "détruire des biens publics, d'endommager des stations-service".

Les forces de sécurité ont empêché des manifestants de mettre le feu à des dépôts d'essence, selon Isna.

- "Internet quasi-coupé" -

Dans le sud du pays, des "émeutiers" ont mis le feu vendredi à une banque à Ahvaz, et "des individus armés suspects" ont blessé plusieurs personnes en leur tirant dessus à Khoramshahr, selon le site internet de la télévision d'Etat.


Des manifestants iraniens se réunissent autour de pneus brûlés dans le centre de Téhéran, le 16 novembre 2019 (AFP/-)

La télévision d'Etat a accusé des "médias hostiles" de relayer des "fake news" et des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux dans lesquelles l'ampleur des manifestations est exagérée.

Le procureur général Mohammad Jafar Montazéri a déclaré que la population ne s'associerait pas avec "les quelques éléments perturbateurs" dont les actions montrent qu'ils sont contre le système.

Samedi, l'ONG spécialisée dans la cybersécurité NetBlocks a déclaré sur Twitter que l'Iran faisait désormais face "à une coupure quasi-totale d'internet (...) après 12 heures de déconnexion progressive du réseau".

- "Coopération" -

Le gouvernement iranien a annoncé vendredi une hausse d'au moins 50% du prix de l'essence. Le litre se paiera désormais 15.000 rials (onze centimes d'euros) pour un maximum de 60 litres par mois, chaque litre supplémentaire coûtant 30.000 rials (22 centimes d'euros).

L'Iran est l'un des pays où l'essence est la plus subventionnée. Encouragées par les prix bas, la consommation de carburant est élevée, avec 90 millions de litres consommés par jour pour 80 millions d'habitants, et la contrebande courante.

Les retombées de cette hausse des prix sont estimées à 300.000 milliards de rials (environ 2,3 milliards euros) par an par le responsable de la Planification et du Budget Mohammad Bagher Nobakht. Elles doivent être redistribués aux Iraniens qui sont "sous pression (économique)", soit près de 75% de la population, a assuré le président Hassan Rohani.

Selon M. Nobakht, la réforme a été décidée par le Haut conseil de la coordination économique -composé du président, du président du Parlement et du chef de la Justice- qui a appelé samedi à "la coopération de tous les secteurs" pour qu'elle soit mise en place vite.


Des manifestants iraniens bloquent une route dans la ville de Chiraz (centre), le 16 novembre 2019 (AFP/-)

Les parlementaires, eux, ont vu d'un mauvais oeil le contournement du Parlement, le député de Téhéran Parvaneh Salahshouri affirmant sur Twitter que l'assemblée avait "perdu son autorité".

M. Rohani avait déjà tenté en décembre 2018 d'augmenter les prix de l'essence mais la mesure avait été bloquée au Parlement, alors que le pays était secoué par des manifestations inédites provoquées par la mise en place de mesures d'austérité.

L'Iran fait face à une crise économique aggravée depuis le retrait unilatéral des Etats-Unis en 2018 de l'accord sur le nucléaire iranien de 2015, assorti du retour de lourdes sanctions qui privent le pays de retombées économiques qu'il espérait de ce pacte.

Les manifestations interviennent à un moment délicat pour les autorités, à quelques mois d'élections législatives, prévues en février.

© 2019 AFP

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