Mistral AI triple son chiffre d’affaires en 100 jours et s’attaque au marché pro avec Le Chat Enterprise.
Derrière les chiffres, une ambition claire : s’imposer comme le rival européen de ChatGPT. Mistral AI, la pépite française de l’intelligence artificielle, vient de franchir un cap décisif. Selon son PDG Arthur Mensch, l’entreprise a triplé son chiffre d’affaires en à peine 100 jours, avec une percée marquée en Europe… mais aussi des débuts très prometteurs aux États-Unis.
L’annonce a été faite ce 7 mai à Paris, en pleine conférence de lancement de Le Chat Enterprise, un assistant conversationnel destiné aux entreprises. Un cap stratégique pour la start-up, fondée il y a seulement deux ans, qui cherche à conjuguer croissance économique et souveraineté technologique.
Une envolée du chiffre d’affaires qui interpelle le secteur
Même s’il refuse de dévoiler ses revenus exacts, Arthur Mensch n’a pas caché sa fierté : « Au cours des 100 derniers jours, nous avons triplé notre activité, en particulier en Europe et hors des États-Unis. » Il précise également que la croissance aux États-Unis est « assez rapide », signe que Mistral commence à se faire une place sur le terrain de jeu des géants américains.
En 2024, selon des données rapportées par la presse spécialisée, Mistral AI aurait généré 30 millions de dollars. Si cette estimation se confirme, la société pourrait aujourd’hui dépasser les 90 millions annuels en rythme consolidé, une trajectoire impressionnante pour une entreprise aussi jeune.
À ce jour, la valorisation de Mistral AI est estimée à 6 milliards de dollars, soit autant que certaines entreprises cotées. Cette dynamique fulgurante repose notamment sur un positionnement résolument open source et une capacité à proposer des outils puissants tout en restant indépendants des GAFAM.
Le Chat Enterprise, nouveau fer de lance de Mistral en entreprise
Après avoir lancé en février une version open source de son assistant Le Chat, Mistral dévoile aujourd’hui une déclinaison professionnelle : Le Chat Enterprise. Objectif : séduire les entreprises qui veulent intégrer un agent conversationnel performant dans leurs flux de travail, tout en conservant la maîtrise de leurs données.
L’outil est capable de se connecter à des solutions comme SharePoint (Microsoft) ou Google Drive, permettant une intégration fluide dans les systèmes d’information déjà en place. De quoi répondre à une demande croissante en outils d’IA capables de lire, trier, analyser, synthétiser ou enrichir des documents métiers.
Cette version se distingue par son respect strict de la confidentialité des données, un argument de poids pour les entreprises européennes soucieuses de souveraineté numérique. Le modèle sous-jacent repose sur une version fine-tunée du LLM maison de Mistral, entraînée spécifiquement pour les cas d’usage en environnement professionnel.
Un positionnement européen qui défie les mastodontes américains
À travers ce lancement, Mistral affiche une volonté assumée de concurrencer OpenAI, Anthropic et Google DeepMind. Plutôt que de miser sur la taille brute des modèles, la start-up mise sur l’efficacité, l’interopérabilité et la modularité.
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Arthur Mensch l’assume : « Nous avons triplé notre activité sans avoir à sacrifier notre approche technologique. » L'entreprise parie aussi sur la transparence et l'open source, une stratégie qui lui a permis de se faire adopter rapidement par des chercheurs, développeurs et entreprises européennes.
Ce virage vers l’entreprise constitue une étape logique dans le développement de Mistral. L’équipe parisienne veut convaincre les DSI, les équipes métiers et les décideurs qu’une alternative crédible à ChatGPT peut émerger... depuis Paris.
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