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Nouvelle salve de plaintes visant Lactalis et la grande distribution


Actualité publiée le 14/02/18 20:28
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Un bâtiment du groupe Lactalis, à Laval en Mayenne, le 12 janvier 2018 (AFP/Archives/DAMIEN MEYER)

Une trentaine de familles d'enfants ayant consommé du lait contaminé aux salmonelles et l'association de consommateurs Foodwatch ont annoncé mercredi de nouvelles plaintes. Objectif: établir les éventuelles "défaillances" de Lactalis, mais aussi des autorités publiques et de la grande distribution.

Foodwatch devait déposer mercredi une plainte à la section santé publique du parquet de Paris pour douze infractions révélant, selon elle, les "dysfonctionnements et défaillances" de Lactalis, de la grande distribution, d'un laboratoire et des autorités publiques.

"On n'a aucune réponse qui tienne la route, c'est l'opacité absolue, donc nous avons porté plainte au pénal pour dénoncer non pas la responsabilité de Lactalis mais de tous les acteurs", a déclaré Karine Jacquemart, directrice de Foodwatch, lors d'une conférence de presse à Paris.

Dans sa plainte dont a eu connaissance l'AFP, Foodwatch estime que les différents acteurs "ont méconnu leurs obligations en matière de prévention des risques sanitaires" mais aussi "dans la gestion particulièrement défaillante" de la crise provoquée par la découverte de salmonelles dans des laits infantiles produits par Lactalis.

A ce jour, selon une source judiciaire, 50 plaintes ont été enregistrées au parquet de Paris dans le cadre de l'enquête ouverte notamment pour "tromperie aggravée".

Foodwatch a ciblé douze infractions qui vont de la mise sur le marché d'un produit préjudiciable à la santé à l'inexécution d'une procédure de retrait ou de rappel d'un produit, en passant par la tromperie aggravée.

"Il faudra tirer les leçons des différents dysfonctionnements afin que des mesures appropriées soient prises pour améliorer la réglementation en terme de gestion de crise et de signalement de produits contaminés", a déclaré à l'AFP Me François Lafforgue, avocat de l'association.

Si Lactalis est jugé "premier responsable", l'association s'interroge aussi sur le laboratoire Eurofins qui a effectué les tests d'autocontrôle pour Lactalis et qui "avait l'obligation de communiquer aux autorités" tout résultat permettant de suspecter un danger.


Lactalis, géant mondial (AFP/Alain BOMMENEL, Laurence SAUBADU)

Sept familles se sont associées à cette plainte contre X, tandis que trente autres porteront plainte à leur tour jeudi à l’encontre de Lactalis et de groupes de distribution qui avaient vendu des produits retirés du marché, a annoncé l'Association des familles de victimes du lait contaminé aux salmonelles (AFVLCS).

Ces plaintes "sont de nature à aggraver encore la responsabilité de la société Lactalis", a estimé Me Jade Dousselin, avocate de l'AFVLCS.

"Dans cette affaire, plus on tire la ficelle plus on découvre des choses incroyables", a affirmé le président de l'association, Quentin Guillemain, lors de la conférence de presse. "On voit bien que les responsabilités sont sur toute la chaîne".

- 'Défaillances' humaines -

Jusqu'ici, 37 bébés ont été atteints de salmonellose en France après avoir consommé un produit d'alimentation infantile Lactalis infecté sorti de l'usine de Craon (Mayenne). Une première épidémie en 2005 liée à cette usine avait déjà touché 146 nourrissons.

Le groupe a été très critiqué pour avoir tardé à réagir après les deux contrôles internes en août et novembre 2017, puis pour sa gestion incomplète du rappel des lots de lait infantile en décembre, élargi le 12 janvier à tous les lots produits à Craon.

Auditionnés mercredi par la commission des affaires sociales et économiques du Sénat, les distributeurs ont, eux, regretté des "défaillances" humaines dans le suivi de la crise, et réclamé le blocage informatique du code-barre et une révision des procédures de retrait/rappel.

Une famille vient également de porter plainte pour "tromperie" mais aussi pour "escroquerie", en visant le fabricant et la Direction générale de l'alimentation, a indiqué l'avocat de cette famille, Me Yassine Yakouti.

Selon lui, "le fait de ne pas avoir transmis des analyses dont on sait sciemment qu'elles auraient eu pour effet de remettre en cause la situation sanitaire de l'usine est constitutif de manoeuvres frauduleuses propres à l'escroquerie".

Mardi, Patrick Dehaumont, le directeur général de l'Alimentation (DGAL), rattaché au ministère de l'Agriculture, avait affirmé que Lactalis n'avait pas transmis les résultats d'autocontrôles positifs à la salmonelle de son usine de Craon, lors des inspections menées ces dernières années par les services sanitaires.

© 2018 AFP

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