C'est une première en France : les paiements par carte bancaire ont officiellement dépassé les paiements en espèces dans les commerces de proximité en 2024. La Banque de France a annoncé ce bouleversement majeur dans les habitudes de consommation des Français mardi 25 février. 48% des transactions en point de vente ont été effectuées par carte bancaire contre 43% en liquide, marquant un tournant décisif dans l’évolution des modes de paiement.
Un recul continu de l’argent liquide
Depuis plusieurs années, l’usage des espèces est en baisse. En 2016, 68% des transactions étaient encore réalisées en cash, contre 27% pour la carte bancaire. Huit ans plus tard, la tendance s'est inversée sous l'effet de plusieurs facteurs :
- L’essor du sans contact, qui facilite et accélère les paiements.
- La digitalisation des paiements, avec une adoption croissante des terminaux de cartes bancaires, y compris chez les petits commerçants.
- Le contexte post-Covid, qui a encouragé l’usage des paiements électroniques pour limiter les contacts physiques.
Pour autant, les espèces restent un moyen de paiement important pour une majorité de Français. Selon la Banque de France, 60% des consommateurs considèrent qu’il est essentiel de pouvoir payer en liquide.
Où utilise-t-on encore le cash en France ?
Si la carte bancaire domine, l'argent liquide reste privilégié dans certains contextes. En particulier :
- Les petits achats du quotidien : boulangeries, marchés, vendeurs ambulants.
- Les transactions de faible montant, souvent inférieures à 10 euros.
- Les personnes âgées, qui préfèrent encore le cash à la carte.
À l’échelle européenne, la France est en avance sur la dématérialisation des paiements, contrairement à certains pays voisins où l'argent liquide reste plus répandu. En Allemagne, 53% des paiements se font encore en espèces, contre 57% en Espagne et 61% en Italie.
Vers une adoption plus large des paiements numériques ?
Outre la carte bancaire, les paiements mobiles progressent mais restent encore marginaux, représentant 4% des transactions. Les chèques et virements, quant à eux, pèsent 5% du total.
Le recul du cash soulève plusieurs questions, notamment sur l’accessibilité aux paiements pour les personnes non bancarisées ou réticentes au numérique. La Banque de France se veut rassurante : "Les niveaux d'accessibilité et d'acceptation des espèces continuent d'être considérés comme très satisfaisants".
Une chose est sûre : la transition vers une société où les paiements électroniques sont majoritaires est bien en marche. Le cash, lui, n’a pas dit son dernier mot, mais son usage devient de plus en plus limité.
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