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Retraites: bras de fer et derniers arbitrages avant une semaine décisive


Actualité publiée le 08/12/19 04:00

Le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez (D) dans la manifestation contre la réforme des retraites, à Paris, le 5 décembre 2019 (AFP/Archives/Thomas SAMSON)

Les Français s'attendent à une grosse pagaille dans les transports lundi en particulier en région parisienne, paralysés depuis quatre jours par une grève contre une réforme des retraites défendue par le gouvernement et qui menace de s'installer dans la durée.

Nombre d'acteurs économiques en France redoutent une prolongation de cette grève et un manque à gagner pour les commerçants, mais aussi des blocages routiers ou une pénurie de carburants qui affecteraient leur activité plus sévèrement durant la période cruciale des fêtes de fin d'année.

A l'origine de la colère: le "système universel" de retraite censé remplacer à partir de 2025 les 42 régimes de retraites existants (général, des fonctionnaires, privés, spéciaux, autonomes, complémentaires,...). L'exécutif français promet un dispositif "plus juste", quand les opposants redoutent une "précarisation" des retraités.

La retraite est un sujet éminemment sensible en France. Les opposants les plus virulents espèrent faire durer le mouvement et mettre le pays à l'arrêt comme en décembre 1995. La mobilisation d'alors, notamment contre une réforme des retraites, avait paralysé les transports en commun durant trois semaines et forcé le gouvernement de l'époque à reculer.

Pour Emmanuel Macron, qui a fait de la "transformation" de la France la raison d'être de son quinquennat, les jours à venir s'annoncent déterminants.

Pour sauver cette réforme emblématique, promesse de campagne du président Macron avant son élection en 2017, des consultations gouvernementales ont lieu tout le weekend, avant une semaine cruciale et une nouvelle journée de manifestations mardi.

Dimanche soir, Emmanuel Macron et le Premier ministre Edouard Philippe réuniront à l'Elysée les ministres concernés. Lundi, en compagnie de la ministre française des Solidarités Agnès Buzyn, le haut-commissaire aux Retraites Jean-Paul Delevoye présentera aux partenaires sociaux les conclusions de sa longue concertation. Enfin, mercredi, Edouard Philippe détaillera son plan.

- Affluence "dangereuse" -

Le trafic restait très fortement réduit dimanche à la compagnie ferroviaire nationale (SNCF), avec 1 train à grande vitesse sur 6, 15% des Transiliens (trains de banlieue en région parisienne) et 2 trains régionaux sur 10 (grâce à des bus) en circulation. La régie des transports parisiens RATP a annoncé que 14 lignes de métro sur 16 étaient fermées.

Lundi s'annonce catastrophique dans les gares et stations en région parisienne. La SNCF a recommandé aux usagers d'éviter les Transiliens, craignant une affluence dans les gares en région parisienne "très dangereuse". Même ton alarmant à la RATP, qui invite "tous les voyageurs qui en ont la possibilité à différer leurs déplacements", compte tenu du "fort risque de saturation du réseau", avec notamment 10 lignes de métro fermées.

Les trois premiers syndicats de cheminots (CGT, Unsa et SUD) ont en outre appelé à amplifier la grève à partir de lundi.

Dimanche, Edouard Philippe et son principal opposant sur ce dossier, le secrétaire général du syndicat CGT Philippe Martinez - regonflé par la mobilisation massive du 5 décembre qui a fait descendre plus de 800.000 manifestants dans la rue - se sont affrontés dans la presse.

- Le Premier ministre "déterminé" -

"Si on ne fait pas une réforme profonde, sérieuse, progressive aujourd'hui, quelqu'un d'autre en fera une demain brutale, vraiment brutale", prévient dans des propos au Journal du Dimanche (JDD) M. Philippe, "déterminé" à mener "jusqu'à son terme" le projet de système universel de retraite par points.

"Nous tiendrons jusqu'au retrait" de la réforme, dans laquelle "il n'y a rien de bon", réplique dans une interview au JDD Philippe Martinez, alors qu'une deuxième grande journée de grèves et manifestations est prévue mardi à l'appel de l'intersyndicale CGT-FO-Solidaires-FSU et de quatre organisations de jeunesse.

Cette réforme, "nous avons besoin de la réexpliquer" et sa présentation par le Premier ministre mercredi "permettra à chacun de se positionner", a estimé sur le média franceinfo la secrétaire d'Etat à la Transition écologique, Emmanuelle Wargon.

Mais y aura-t-il matière à éteindre l'incendie? Rien n'est moins sûr, vu la réponse apportée par Philippe Martinez à l'hypothèse d'une transition sur dix ou quinze ans entre les régimes actuels et le futur système: "Ce sera non".

De leur côté, les professionnels du commerce et du tourisme s'inquiètent des conséquences d'un mouvement social potentiellement durable.

En fin d'année 2018, ils avaient déjà pâti de la crise inédite des "gilets jaunes", mobilisés depuis plus d'un an contre la politique fiscale et sociale du gouvernement, notamment lors de manifestations tous les samedis qui ont parfois dégénéré, inquiété à l'étranger et entraîné un manque à gagner pour les commerçants et les hôteliers.

Le premier jour de grève jeudi a entraîné 30% de baisse d'activité en moyenne, selon l'Alliance du commerce, qui représente 26.000 magasins et 200.000 salariés dans le secteur de l'équipement de la personne.

bur-er-mra-lp/sg

© 2019 AFP

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