En 2025, les salaires progressent en moyenne de 2,5 %, selon Deloitte. Une hausse moindre qu’en 2024 mais toujours au-dessus de l’inflation, avec un resserrement des écarts entre hommes et femmes.
Les salariés français verront leur rémunération augmenter cette année, mais dans des proportions plus modestes. Selon une étude annuelle du cabinet Deloitte, publiée vendredi 29 août, les salaires des ouvriers, employés, techniciens et agents de maîtrise (OETAM) progressent de 2,5 % en 2025, contre 3,5 % en 2024. Les cadres bénéficient eux d’une hausse de 2,3 %, après 3,4 % l’an dernier. Ces données proviennent de l’analyse d’un million de bulletins de paie issus de 300 entreprises de tous secteurs et de toutes tailles.
Pour Sophie Lazaro, associée capital humain chez Deloitte, cette évolution marque un tournant : "Après deux années assez inédites en termes de pourcentages d'augmentations qui étaient liées à une forte inflation, cette année on parle plutôt d'un retour à la normale". Elle ajoute : "C'est-à-dire qu'on arrive à des niveaux d'évolution salariale qui sont plus proches de ce qui était pratiqué avant 2020".
La Banque de France confirme cette tendance. Selon ses données sur les accords salariaux 2025, la hausse moyenne se situe autour de 2 %, pour une inflation estimée à 1,5 %. Deloitte, de son côté, relevait dès janvier que les budgets médians d’augmentation seraient limités à 2,5 % en 2025, tout en soulignant une individualisation croissante des hausses : 65 % des cadres et 68 % des OETAM bénéficieront d’une revalorisation ciblée.
Écarts hommes-femmes, inégalités régionales et perspectives pour 2026
L’étude Deloitte met aussi en lumière un resserrement de l’écart salarial entre hommes et femmes. À niveau de responsabilité et temps de travail équivalents, l’écart moyen est passé de 3,8 % en 2024 à 2,3 % en 2025. Pour les OETAM, il tombe à 1,4 %, contre encore 3 % chez les cadres et 10,2 % chez les cadres supérieurs. Une évolution attribuée "dans un contexte de renforcement des obligations réglementaires européennes liées à l'égalité salariale", notamment avec la directive européenne sur la transparence des rémunérations, qui doit entrer en vigueur en 2026.
Les disparités géographiques se creusent, avec un écart moyen de 5,6 % entre l’Île-de-France et les autres régions, contre 4 % en 2024. Quant aux perspectives pour 2026, elles apparaissent moins favorables : Deloitte prévoit seulement 2 % de hausse en moyenne, contre 3 % anticipés l’an dernier. "L'instabilité et l'incertitude à la fois socio-économique, politique au niveau de la France, mais aussi de politique commerciale au niveau international", explique Sophie Lazaro, compliquent la visibilité des entreprises sur leurs politiques salariales à moyen terme.
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