Quels avantages majeurs pour une telle stratégie ?
1) Des gains réguliers. L’intérêt étant perçu au jour le jour, vous
récoltez aussitôt les fruits de votre stratégie.
2) Un rendement potentiellement important. En sélectionnant bien ses
paires de devises et en modulant l’effet de levier, le rendement de la stratégie
peut être très important.
3) Une stratégie sécurisante. Le fait d’être « payé » pour rester en
position est intellectuellement satisfaisant. De même le recours à l’effet de
levier ne sera pas agressif dans une telle stratégie, d’où un risque bien
moindre.
4) Un temps réduit pour le suivi. La vision étant à moyen terme en «
carry trading », vous ne restez pas collé à l’écran toute la journée. On peut
même envisager un suivi hebdomadaire.
5) Des frais de transactions faibles. Les frais de transaction sont
déjà initialement faibles sur le Forex, mais comme en plus nous ne ferons pas
beaucoup de mouvements, ils deviendront insignifiants.
Quels sont les risques ?
Il n'existe aucun véhicule d'investissement qui ne présente pas un risque.
Généralement, le risque est intimement lié au rendement attendu sur un
placement. Plus le risque est faible et plus le rendement sera faible, à
l'inverse un placement qui offre un rendement élevé comportera toujours un
risque important. Ce couple risque/rentabilité est immuable.
1) le premier des risques est une modification de la politique
monétaire pour les devises des pays concernés. Ainsi, pour reprendre notre
exemple précédent, si la Nouvelle-Zélande se met à baisser fortement ses taux et
le Japon à monter les siens, le rendement de la position sera moins
rémunérateur. À l'extrême, il peut même s'inverser et entraîner un rendement
négatif.
Une telle situation a été vécue cette année sur la paire euro/dollar. En début
d'année 2005, la zone euro avait des taux supérieurs à ceux des États-Unis. Les
taux américains étaient au plus bas à 1 % alors que la banque centrale
européenne maintenait les siens à 2 %. Comme on peut le voir sur le graphique de
l’euro/dollar, l'euro était au plus haut et valait à ce moment-là plus de 1,36 $
pour un euro. 
Progressivement, la réserve fédérale américaine a commencé un redressement
massif de ses taux d'intérêt, inversant alors le rendement de la paire
euro/dollar. L'euro n'étant plus rémunérateur, les investisseurs ont commencé à
le vendre, accentuant leurs ventes avec la hausse des taux d'intérêts
américains. Le dollar redevenait de son côté attractif avec des taux d'intérêt
qui progressait régulièrement.
La conséquence de cette évolution est une baisse continue de l'euro face au
billet vert. La devise européenne reculant ainsi de plus de 13 % face au dollar
en l'espace d'un an.
L'exemple que nous venons de prendre est significatif de la vision à moyen terme
qu'il faut avoir lors de la mise en œuvre d'une stratégie de carry trading. En
effet, il faut toujours avoir l'œil sur les décisions des banques centrales et
essayer d'anticiper la politique monétaire qui sera suivie au cours des
prochains mois.
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Le graphique ci-dessus présente l’évolution
des taux d’intérêt au cours des dernières années dans les
principales zones économiques : FED (Etats-Unis), BCE (Europe),
BOJ (Japon) et GBP (Angleterre).
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2) le deuxième risque important est la perte en capital. Si la
règle de base veut qu'une devise à fort taux d'intérêt attire les capitaux et
soit mécaniquement tirée à la hausse, certains événements de marché peuvent
cependant faire reculer fortement une monnaie.
C'est notamment le cas des devises dites exotiques comme par exemple le peso
mexicain ou le Real brésilien. Ces pays offrent des taux d'intérêt
particulièrement élevés (près de 20 % pour le Brésil) mais présentent par contre
de grandes faiblesses dans leurs économies avec des risques importants de
dévaluation des monnaies. Ainsi, il suffit qu'un État laisse glisser sa monnaie
dans une dévaluation compétitive pour que cela remette complètement en question
votre stratégie. Les intérêts qui sont alors perçus quotidiennement ne suffiront
pas à compenser la perte en capital si la monnaie s'affaiblit rapidement.
Il ne faut pas non plus occulter le risque sur les devises majeures, il suffit
pour cela d’étudier certains événements ayant eu des répercussions larges. Dans
l’histoire récente nous pouvons citer les attentats du 11 septembre 2001 aux
Etats-Unis.
Dès qu’une situation de crise apparaît ou que le risque augmente, les
investisseurs ont tendance à se couvrir. Deux actifs bénéficient généralement
d’arbitrages favorables en situation de crise, c’est le cas du franc suisse et
de l’or.
Regardons ci-dessous le graphe du franc suisse face au dollar pour mieux
comprendre :
Alors que le monde découvre l’horreur du 11 septembre sur ses écrans de télé,
les investisseurs vendent massivement leurs dollars pour acheter du franc
suisse, résultat le franc suisse progresse de 13% sur la semaine, une variation
énorme !
La situation est simple, si vous êtes en levier 10 sur l’USD/CHF, votre compte
est liquidé, vous êtes ruiné ! Le dollar se reprendra un peu plus tard, mais
trop tard, le mal est fait.
Le danger réside donc dans des mouvements volatils, très violents et à court
terme. Sur le moyen et le long terme, étant donné que vous encaissez des
intérêts quotidiennement, ces derniers « épongent » la perte ou une parte de
celle là.
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